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 Numéro 33, Décembre-Janvier 2000 
Est-ce le temps de Linux? Version Imprimable  Version imprimable


Pierre-Julien Guay  (Vitrine APO)

Le paysage des technologies de l'information dans les cégeps s'est considérablement modifié, en bonne partie avec l'arrivée d'Internet. Les laboratoires, souvent achetés à l'aide des budgets d'implantation de programmes révisés, furent d'abord dédiés aux disciplines où l'informatique était un sujet d'étude telles que l'administration — un collège de Montréal avait doté son laboratoire de techniques administratives de claviers en anglais (administrer = affaire de chiffres seulement) pour économiser quelques dollars — ou la bureautique. Encore aujourd'hui, plus de 40

p.100 des laboratoires d'informatique dans les cégeps sont réservés en totalité ou en priorité à une discipline.

La mise en réseau planétaire que permet Internet a eu pour conséquence de généraliser le besoin d'accès aux technologies de l'information. D’ailleurs, la part du budget des établissements consacré à cette fin a augmenté de façon considérable et ne semble pas près de cesser de croître.

Le parc informatique doit en principe être renouvelé tous les trois ou quatre ans. Le RISQ souhaite mettre à la disposition des collèges et universités Internet 2, qui permettra l'utilisation de la vidéo en ligne. Mais nos réseaux locaux seront vite engorgés par ces nouvelles applications et il faudra aussi investir pour mettre à jour les infrastructures.

L'industrie du logiciel adopte de plus en plus la formule des licences de sites qui nous obligent à couvrir tous les ordinateurs et non plus seulement quelques postes. Par exemple, le programme Campus de Microsoft, offert par la Vitrine APO, donne accès à l'ensemble des applications et des licences de réseau clients pour 81$ par poste. Le hic, c'est qu'il faut renouveler la licence chaque année. Et si on ne le fait pas, il faut retirer toutes les applications et débourser encore pour acheter de nouvelles licences.

Les programmes d'achat regroupés de la Vitrine APO permettent aux établissements de se procurer à bon compte — souvent à cinq ou six fois moins cher — les applications logicielles. Mais les entreprises doivent consacrer 50 p. cent de leur budget d'exploitation aux technologies de l'information. Or, aucun cégep ne peut investir autant à ce chapitre.


Une solution venue du froid
Nous avons déjà abordé, dans un autre article, l'épineuse question de la rationalisation et de la normalisation afin de réduire les coûts d'exploitation des réseaux informatiques pédagogiques. Cette fois-ci, nous considérerons quelques solutions de rechange.

Depuis quelque temps, on parle beaucoup de Linux, un ensemble d'applications développées et distribuées gratuitement. Linux est l'équivalent du système d'exploitation UNIX, qui fonctionne sur de nombreuses plates-formes telles Pentium, Sparcs, Alpha et PowerPC. UNIX est lui-même un système d'exploitation sûr et solide.

Un poste utilisé en Linux pourra offrir une suite bureautique en français comme StarOffice (compatible avec les produits Microsoft, distribuée gratuitement par Sun Microsystem). Le programme d'achats regoupés Corel, de la Vitrine APO, permet de se procurer WordPerfect accompagné du système d'exploitation Linux pour seulement 28$ par poste.

Gimp, un programme gratuit, aussi puissant que Photoshop, permet la retouche des images. Et Netscape offre une version de son navigateur. Mais pour des applications conçues pour Windows, on doit utiliser l'émulateur Wine. Cette application est toutefois encore en développement et n'offre pas une compatibilité parfaite. On consultera avec profit les ressources suivantes :

Linux-Québec qui offre un guide rédigé à l'intention des établissements d’enseignement désirant installer un réseau Linux. Un groupe de discussion sur l'utilisation de Linux dans les écoles est aussi disponible.

Comment informatiser intelligemment les écoles paru dans Québec Science

Linux in Education, le projet SEUL (Simple End User Linux)

Liste de logiciels pouvant être utilisés à des fins éducatives

Conseils sur l'installation, trucs, références

• Compte rendu du projet MINAL

Objectif Linux

Linux peut être utilisé comme système d'exploitation avec ses propres applications ou comme serveur pour d'autres systèmes. Il y aurait aujourd'hui environ 20 millions d'ordinateurs utilisant Linux dont 15 p.100 dans des entreprises à travers le monde, selon une enquête de l'institut International Data Corporation.

Linux, comme serveur, offre des atouts indéniables de fiabilité. On rapporte que 30 p.100 des noms de domaines sur le Web sont hébergés par un serveur Linux contre 23 p.100 par des produits Microsoft. Au Québec, une douzaine de cégeps utilisent Linux comme serveur Web, serveur de courrier ou pare-feu. On considérera surtout l'utilisation comme serveur Web, de courrier et de service DHCP (Domain Host Control Protocol) plutôt que comme serveur de fichiers ou d'imprimantes.

Enfin, on l'utilise souvent pour recycler et utiliser du vieux matériel tels des 386 ou 486 en vue de donner accès à Internet, par exemple.


Sueurs chaudes ou froides
Pour installer Linux, on doit posséder une culture informatique suffisante concernant l'architecture matérielle et logicielle d'un ordinateur sous peine d'aller à la catastrophe ! De plus en plus d'ordinateurs de marque sont certifiés sous Linux et livrent les pilotes. Mais il arrive encore qu'un clone avec des périphériques non compatibles (carte vidéo, modem, lecteur parallèle, imprimante, carte réseau) n'ait pas les pilotes nécessaires pour fonctionner avec Linux. L'utilisation de Linux nécessite donc un investissement de temps important (apprentissage du système, connaissance du matériel). Certains périphériques ne sont encore compatibles qu'avec Windows, autre belle illustration du monopole exercé par Microsoft.

Il est intéressant de constater qu'à l'exception des serveurs Internet, la grande majorité des projets Linux sont réalisés par des enseignants dans des réseaux autonomes et isolés et non par le personnel des services informatiques. Parallèlement, près d'une vingtaine de cégeps offrent à leurs élèves des cours sur Linux. L'expertise locale est donc présente et bien développée. On pourrait se demander si Linux remet en question le pouvoir exercé par certains administrateurs de réseau.

Si l’on n’ose pas s'aventurer tout de suite, on peut cependant retenir et tester des solutions de rechange, gratuites ou peu coûteuses, sous l'environnement Windows :

• La suite Star Office, compatible avec les produits Microsoft, est offerte gratuitement en français et anglais. Les enseignants persistent à enseigner des applications et non des principes et refuseront probablement ce type de substitution. Mais pourquoi ne pas utiliser Star Office pour le travail administratif?

• Dans les cégeps, les départements de techniques de bureautique ont retenu Adobe Photoshop et Illustrator comme outils de traitement d'images. Ces deux produits peuvent être remplacés par Corel (96 $ avec le programme d'achat de la Vitrine APO). Et Gimp, sous Linux, est gratuit!

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015