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 Numéro 7, Mars 1996 
Les internautes Version Imprimable  Version imprimable
Le ruban bleu

Pierre Séguin  (APOP)

liste L-APOP

Pour vous rappeler l'existence de la liste L-APOP, nous publions à nouveau l'encart qui décrit le mode d'inscription à la liste. Il y a déjà une cinquantaine de correspondants, et les échanges commencent à se faire plus fréquents et plus riches. En consultant la liste des membres, on découvre que l'on nous "écoute" de partout. Il y a bien sûr des profs et des animateurs APO, mais aussi -- et ils sont les bienvenus -- des représentants de divers ministères et institutions québécoises.

 

Pour consulter la liste des membres de la liste L-APOP, vous n'avez qu'à envoyer le message suivant :

À: maiser@sp.rp.collegebdeb.qc.ca
Sujet : (optionnel)
Corps : enumerate l-apop (retour)

Signe de jeunesse, le logiciel de distribution de courrier s'est enrhumé au cours de la session d'automne et certains correspondants se sont plaints de ne plus recevoir de messages. C'est pourquoi je propose à tous ceux qui n'auraient pas reçu de messages de la liste L-APOP au cours des derniers jours de se réinscrire. Si vous êtes encore inscrits, vous recevrez tout simplement un message d'erreur vous indiquant que vous faites déjà partie de la liste.

 

Nous travaillons présentement à faciliter le fonctionnement de la liste et les membres inscrits recevront des messages pour les informer des modifications intervenues.

 

La censure des bits

La campagne du Ruban bleu et des Pages noires démontre l'importance du débat sur la censure de l'Internet. Pour bien s'informer, il faut aller aux sources. Vous trouverez sur le site de l'EFF (Electronic Frontier Foundation : http://www.eff.org/) tous les textes nécessaires pour vous faire une opinion sur la question.

 

On peut y lire le texte intégral de la loi proposée par Clinton, un projet de loi majeur qui, au-delà de la question de la censure, vise à intégrer toutes les industries de la télécommunication. Le chapitre sur la censure semble motivé par des intentions généreuses, mais la définition de l'indécence est tellement vaste qu'elle pourra servir une censure extrêmement tatillonne. Et cela, non seulement aux États-Unis, mais partout sur la planète. Il semble que, à la veille des élections présidentielles, Clinton veut gagner les votes de la droite conservatrice.

 

La campage du Ruban bleu vise à rappeler au Président américain que la communauté américaine de l'Internet peut représenter un important pourcentage de l'électorat. Déjà l'EFF, en collaboration avec plusieurs associations, a logé une plainte officielle pour faire déclarer anticonstitutionnelle cette loi qui nie la liberté d'expression. D'autre part, il semble y avoir des précédents légaux qui remontent à l'époque où l'Internet ne servait qu'à transmettre les résultats des recherches militaires entre quelques universités américaines. Les administrateurs d'un poste de radio avaient été reconnus coupables d'avoir diffusé une émission indécente, au début des années 70. Ce précédent nourrit un joyeux débat entre les avocats de l'aile conservatrice et ceux qui défendent la liberté d'expression.

 

Il faut reconnaître que la censure, une certaine censure, est au coeur des applications pédagogiques de l'Internet. Le projet Éduroute de la GRICS, cette société qui se voit chargée, en collaboration avec Bell, de relier les écoles primaires et secondaires du Québec à l'Internet, comporte la mise en place d'un filtrage de l'information qui n'offrira aux établissements d'enseignement que des contenus "pédagogiques". Dans tous les collèges, on s'interroge sur les ressources à rendre disponibles aux étudiants. On voudrait éviter certaines conférences (News), sélectionner les sites Web utiles et utilisables, contrôler les canaux de conversation (IRC), etc. Doit-on apprendre à nos étudiants à naviguer dans un certain Internet ou dans le véritable Internet ?

 

Plusieurs pédagogues américains qui utilisent les applications de l'Internet considèrent qu'un des avantages majeurs de ce réseau des réseaux est de placer les étudiants dans des situations réelles et concrètes. Ils ont accès à l'information brute, dans tous les secteurs. Cette information brute n'a pas subi le traitement professionnel -- et souvent éditorial -- des spécialistes des médias 1 ou celui trop facilitant des professeurs 2 . Face à la matière brute, et s'il est suffisamment formé à une lecture critique, l'étudiant peut, plus librement, emprunter et explorer les sentiers de la connaissance et de la découverte. Comment peut-on sélectionner les ressources des étudiants et maintenir le contact à la réalité quotidienne ?

 


Notes
  1. Voir l'article de Al Rogers, "Global Literacy in a Gutenberg Culture". http://www.ed.uiuc.edu/Guidelines/Global-Literacy-Rogers.html.
  2. "The history of science is full of dead ends and blind alleys, alternative theories, failed experiments and abandoned disciplines. One good insight may have been preceded by ten wrongheaded ones. But textbook narratives smooth out the fits and starts whereby the facts emerge, blurring scientific sources and exaggerating the clarity of their evidence." Roger B. Blumberg, concepteur du site MendelWeb, Ex libris , http://www.netspace.org:80/MendelWeb/MWsciences.final.html.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015