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 Numéro 38, Février 2001 
Implanter un laboratoire de langues en intégrant les TIC Version Imprimable  Version imprimable


Louis Poirier, ingénieur et agronome, conseiller pédagogique, cégep de Matane
Louise Dubuc, enseignante d'anglais langue seconde, cégep de Matane

Au cégep de Matane, on a toujours utilisé un laboratoire pour l’enseignement et l’apprentissage des langues. Cela permet, entre autres, de compenser en partie l’absence de contacts quotidiens avec les sons de la langue de Shakespeare.

Or, nous avons constaté, un jour, que l’équipement en place avait largement dépassé sa durée de vie. Les magnétophones et la console étaient de moins en moins fiables et les pièces de rechange n’étaient plus disponibles. N’eût été de la débrouillardise de notre équipe technique, l’utilisation de notre laboratoire aurait été compromise à plusieurs reprises. Il fallait donc remplacer les équipements, et peut-être en profiter pour revoir nos méthodes d’enseignement et d’organisation des activités d’apprentissage…

Nous sommes rapidement tombés d’accord : il fallait rechercher une solution qui permettrait d’intégrer les TIC dans l’enseignement des langues. Le Département d’anglais langue seconde avait commencé des expérimentations en ce sens. Mais quels logiciels pouvaient répondre à nos besoins?

Nous avons retenu cinq questions pour le choix de logiciels :

  1. Le logiciel couvre-t-il les quatre volets des compétences de langue seconde : compréhension orale, compréhension écrite, production orale et production écrite?
  2. Est-il facile à utiliser?
  3. Est-il centré sur l'apprentissage?
  4. Pouvons-nous utiliser notre matériel pédagogique actuel avec ce logiciel?
  5. Le logiciel suscite-t-il un engouement chez les enseignants?


Plusieurs logiciels nous plaisaient. Nous les avons classés en deux catégories : les commerciaux, qui sont offerts au grand public dans les magasins d’informatique, et ceux destinés au milieu scolaire (pour des laboratoires de langues ou non). Nous avons aussi repéré un assez grand nombre de sites «English Second Language» (ESL) très pertinents.

Nos résultats? Les logiciels commerciaux d'auto-formation (Discovery, Tell me More, etc.) en anglais langue seconde sont, pour la plupart, intéressants. Néanmoins, ils accordent peu de liberté d'action au professeur. Ils peuvent servir de références supplémentaires. Les étudiants peuvent les utiliser pour parfaire leur formation à leur propre rythme.

Notre choix s’est arrêté sur un logiciel québécois, S.A.I.L., mis au point au collège Mérici de Québec. Il offre un environnement propice à la pratique de l'anglais ou d’une autre langue, et les enseignants peuvent facilement créer leurs propres leçons. Il permet d’inclure du son, de la vidéo, des images fixes, des textes, et ce, dans des exercices répertoriés par cours. Après avoir numérisé le matériel sonore que nous avions déjà, nous avons pu récupérer les activités utilisées dans l’ancien laboratoire de langue. S.A.I.L. offre aussi aux enseignants des fonctions de surveillance des étudiants de même que la possibilité de gérer des devoirs et des examens sonores. Il est développé dans un collège et continuellement expérimenté en situation réelle d’enseignement.

Grâce à un laboratoire informatique branché sur Internet, nous disposons de sites ESL qui offrent de belles possibilités d’exploitation pédagogique : exercices, références, tests diagnostiques, activités de conversation, sujets d’actualité, etc.

Il suffit de bâtir des scénarios pour intégrer ces outils à l’enseignement. Ce laboratoire nous permet aussi de travailler avec AGORA, Netquiz, Di@logos, Mots entrecroisés ou d’autres logiciels.

Nous avons cherché à organiser un laboratoire doté du maximum de flexibilité en termes d'espace et de mobilité. Et nous avons réussi le tour de force d'installer 30 postes d'ordinateur autour d'un local de classe de 30 tables et chaises! Les activités peuvent se dérouler simultanément avec les ordinateurs et sur les tables, lesquelles peuvent être déplacées pour permettre le travail en équipe, la conversation en groupe, etc.

Il est encore trop tôt pour mesurer les résultats de cette innovation. Les enseignants sont encore en train d’apprivoiser les équipements. Chose certaine, l’implantation de la technologie a été bien acceptée par les utilisateurs, en partie parce que l’ancien laboratoire était devenu une source de stress. Déjà, pour la session d’hiver, de nouveaux projets s’annoncent. Nous récoltons les fruits de l’intégration des TIC à notre enseignement.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015