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 Numéro 39, Avril 2001 
La vraie réforme passe par nous et vient de nous! Version Imprimable  Version imprimable
C'est celle de nos petits pas quotidiens avec NetQuiz 2.0

Marcel Fortin

Nos lecteurs seront-ils surpris par ce titre ambigu? Je l’espère fortement car je suis infiniment las de toutes ces réformes qu’on nous a proposées, expliquées, mises dans la gorge de force… jusqu’à ces contrats de performance suspendus. Je pense évidemment aussi à toutes ces initiatives pour nous culpabiliser davantage à cause des échecs de nos étudiants… qui ont tous les droits, même celui de travailler 36 heures par semaine tout en prétendant faire de vraies études, et aussi de s’absenter fréquemment, de contester les travaux imposés… Je pense à ces récentes demandes de baisser la qualité des cours de français et de philosophie pour que tous les étudiants réussissent (réussissent quoi? je me le demande); je pense à cette tâche devenue si écrasante que beaucoup d’enseignants y laissent leur santé. Je pense à toutes ces réformes souhaitées mais avortées car on a oublié de fournir une évaluation de tâche (autre que globale), on a ignoré les contextes concrets d’apprentissage selon les difficultés des matières (on le fait bien en musique, en soins infirmiers, en arts, non?).

Vous devinez bien que je ne trouve pas drôles toutes ces prises de position pour réclamer l’enseignement de l’anglais dès la 3e année du primaire malgré les mises en garde de grands spécialistes comme Claude Hagège.

Et c’est dans une telle tourmente que les professeurs de français travaillent, s’arrachent le cœur pour empêcher le bateau de couler. Sans leur dévouement indéfectible à répéter, à corriger, à encourager, nos étudiants oublieraient encore plus leur langue maternelle et se contenteraient d’une langue pauvre, imprécise, à la mixité douteuse, impropre à penser, à analyser… Je répète, je sais, ce que d’autres ont dit avant moi, mais nous ne devons, nous professeurs de français, ni écouter les grands ténors alarmistes de l’éducation ni céder aux tentations de baisser les bras devant les obstacles et défis qu’on multiplie devant nous. Ne pas se laisser décourager, reconnaître que la littérature ne peut pas à elle seule garantir l’acquisition d’une maîtrise suffisante de sa langue écrite et parlée, ne pas rêver à des moyens magiques, mais, bien humblement, relever les manches et trouver des moyens simples, dont l’efficacité a été vérifiée, d’enseigner à lire et écrire par l’acquisition d’une meilleure connaissance de nos outils linguistiques, des ressources stylistiques, lexicales, syntaxiques de la langue de chez nous. Mieux connaître les fonctions de la communication, les registres de langue, les caractéristiques lexicales à notre disposition, c’est devenir un utilisateur plus averti de sa langue et un meilleur communicateur. Cela commence enfin à être possible sans que la tâche d’enseignement soit alourdie encore plus. Oui, on peut travailler à faire pratiquer la lecture et l’écriture davantage sans se surcharger de corrections étouffantes… grâce aux moyens informatiques fournis par le CCDMD. Selon moi, le nouveau générateur d’exercices NetQuiz v. 2.0 apportera une véritable bouffée d’oxygène à tous ceux et celles qui pratiquent la vaillance quotidienne des petits pas…

Présentation et essai personnel de NetQuizDécomposons d’abord le nom. Net comme dans réseau Internet et Quiz comme dans jeu-questionnaire, test. Netquiz, un néologisme que tout le monde comprend (l’anglais nous rejoint partout, modernisme oblige?), qui décrit la fonction essentielle du logiciel. Celui-ci permet de fabriquer des questionnaires de types variés et de les diffuser dans le réseau Internet avec rapidité et simplicité. Croyez-moi, je viens de le faire et je ne suis absolument pas un ferré en informatique! Le logiciel lui-même m’a guidé étape par étape d’une manière claire et précise. J’ai d’abord appris à naviguer dans les questions, à décider du type et du format de mes questions. Je n’ai eu ensuite qu’à remplir les champs réservés au libellé de chacune des questions, à indiquer la bonne réponse puis à insérer un petit message de rétroaction sur la mauvaise réponse… Évidemment, pour mes premiers pas, j’ai fabriqué un petit questionnaire vrai/faux. Vous pouvez le consulter, si la curiosité vous titille un peu, sur le site du CCDMD. Vous excuserez mes gaucheries, j’en suis sûr, et vous vous direz que vous pouvez sûrement faire mieux que moi! J’ai osé aussi bâtir un questionnaire à choix multiple sur les fonctions de la communication Là encore, l’éditeur du logiciel NetQuiz m’a indiqué la route clairement. La facilité de mes débuts me fait rêver d’expérimenter toutes les possibilités : questions avec associations, lacune, mise en ordre ou closure. Je me suis amusé avec le questionnaire Cinéquiz offert comme démo sur le site du CCDMD
Là, j’ai rêvé d’utiliser des sons et des images dans mes questionnaires futurs…

Et la correction? Une SOIE! Que vous utilisiez un questionnaire de type formatif ou sommatif… la correction est automatique, automatique, automatique… vraiment (avec possibilité de transmission des résultats par courriel!) On peut donc multiplier à volonté les questionnaires sans risquer de s’enfoncer dans des corrections interminables… C’est là la bouffée d’OXYGÈNE.


Suggestions pour NetQuiz 3.0

Mon expérience de NetQuiz est toute neuve. J’ai regretté, cependant, l’absence d’une page résumant la matière du test. Un simple bouton au bas de chaque question pourrait permettre d’aller consulter cette page aide-mémoire (au moins pour le sens des mots-clés). De plus, j’aurais aimé disposer d’une sorte de compilateur statistique de réussites ou d’échecs pour chacune des réponses… Comme dans certains des éditeurs-questionnaires américains, tel Blackboard.com. Je souhaite qu’il y ait suffisamment d’utilisateurs de NetQuiz pour qu’une version améliorée soit produite bientôt.

Si je peux faire mieux et plus dans mon enseignement grâce aux nouvelles technologies de l’information, alors je mène pas à pas une vraie réforme de mon enseignement et ce, sans faire de grands discours alarmistes, paralysants, insultants pour les enseignants. Qu’en pensez-vous?.


NDLR
Vous pourrez voir au cégep de Chicoutimi l'examen final du cours de prévention et éducation en santé dentaire conçu par Monique Tremblay. L'auteure fait un usage éclairé d'illustration de ses questions : association avec image, question 22; mise en ordre avec image,question 29; vrai/faux avec images, question 20; choix multiple avec image, question 30; choix multiple à plusieurs réponses, avec image,question 31 et encore bien d'autres parmi les 46 questions du test. Elle utilise même une question de closure avec option, question 3. Cet excellent exemple de Netquiz en format sommatif avec envoi à l'enseignant par courriel peut être consulté à l'adresse suivante :http://www.cegep-chicoutimi.qc.ca/depthyg/mtremblay/quiz4/abc.htm

À Vanier College, Marcel Pérez a adapté un cahier d'exercices traditionnel et a utilisé des travaux d'élèves qu'il a transformés en quiz sur Internet. L'aspect le plus important est sans doute la rétroaction qui guide l'élève vers la bonne réponse.Les quatorze exercices, sauf le 2.2 qui ont été faits avec Netquiz 2.0 se trouvent à l'adresse suivante :http://fran-lang.vaniercollege.qc.ca/docpedago/default.htm

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