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 Numéro 12, Novembre 1996 
Des nouvelles du CCFD Version Imprimable  Version imprimable
Le plan triennal d'implantation des NTIC

Martine CHOMIENNE
Sylvie MALAISON  (CCFD)

 

Notre arrivée à Clic a suscité quelques questions chez les lecteurs et lectrices. En effet, certains d'entre eux et elles souhaitaient obtenir des informations plus précises sur le Centre collégial de formation à distance. Donc, avant de plonger au coeur de notre propos sur les technologies, nous allons tracer un court portrait du CCFD.

 

Des origines à nos jours

Le CCFD a vu le jour le 1er avril 1991. Détenant son mandat du ministère de l'Éducation du Québec et géré par le Collège de Rosemont, le CCFD permet aux Québécoises et Québécois d'obtenir une formation collégiale créditée ou non créditée, et ce, à longueur d'année : pas de barrières géographiques, pas de barrière de temps! Avec la Société de formation à distance des commissions scolaires (SOFAD) et la Télé-université, il se range parmi les trois intervenants majeurs en formation à distance dans le système scolaire québécois.

 

Un mandat, cinq défis

Le CCFD a comme mandat de relever cinq défis : contribuer à hausser le niveau de scolarité des Québécoises et Québécois, offrir des services de formation et d'évaluation de la formation de qualité, développer le partenariat, développer le potentiel des technologies de l'information et des télécommunications en formation à distance, assurer le rayonnement du CCFD et de la formation à distance sur la scène nationale et internationale, particulièrement dans la francophonie.

 

Le CCFD en chiffres et en lettres

Le CCFD offre près de 150 cours tant en formation professionnelle qu'en formation générale. La plupart de ces cours donnent droit à des unités dans la mesure où les personnes inscrites réussissent leur cours et un examen final passé sous surveillance. Toutes les personnes inscrites sont accompagnées dans leur cheminement par une tutrice ou un tuteur. D'autres cours se logent à l'enseigne de cours non crédités et sont assortis d'une reconnaissance sous la forme d'unités d'éducation continue.

En 1995-1996, le CCFD a enregistré près de 19 000 inscriptions/cours et il en comptera près de 20 000 en 1996-1997.

Le CCFD se préoccupe de plusieurs dossiers importants : la réussite scolaire, la formation sur mesure en entreprise, la reconnaissance des acquis, l'évaluation des apprentissages, la correction informatisée, l'introduction des NTIC.

Le CCFD est membre, entre autres, du consortium STÉFI(UBI-Éducation), du REFAD, du CIFFAD, de l'ACED et intervient en coopération internationale.

Les productions du CCFD lui ont valu de nombreux prix d'excellence au Québec et au Canada.

Jeune et performant, le CCFD n'en demeure pas moins confronté aux grands enjeux sociétaux de notre temps. Il a fait du partenariat avec les collèges et les autres intervenants qui gravitent en périphérie de l'éducation la clé de son développement.

 

L'avenir et les NTIC

Plusieurs établissements au collégial se sont déjà dotés d'un plan d'implantation des technologies. Lors du colloque tenu en avril sous l'égide de la Fédération des cégeps, on a mis en lumière que cette phase est essentielle pour la mise en oeuvre d'actions structurantes en matière de technologie.

Dans cette perspective, le CCFD a développé un plan triennal qui porte sur le développement des nouvelles technologies de l'information et des communications en formation à distance.

En parler aujourd'hui dans les pages de Clic nous permet d'échanger avec vous sur les perspectives qu'ouvrent les NTIC dans le vaste champ de l'éducation et dans le pré plus délimité de la formation à distance.

Pour nous qui sommes en formation depuis des décennies, le champ des possibles en technologie éducative était déjà ouvert. Nous travaillons et réfléchissons là-dessus quotidiennement et les implications ne nous effraient pas. Notre principale préoccupation reste cependant centrée sur l'accessibilité aux services et surtout sur la qualité des produits pédagogiques qui en découlent. En clair, on ne fait "dans la technologie" pour se faire plaisir. On la pratique pour permettre à plus de personnes d'apprendre et si possible d'apprendre mieux.

 

Qu'est-ce qui nous amène à un plan?

Avant de se projeter le futur, il importe, dans un plan de développement, de faire le point sur la mission de l'établissement, l'environnement interne et externe qui teinte et oriente son développement. Il est surtout impérieux de cerner et de clarifier les objectifs auxquels on veut répondre avec l'introduction des technologies.

Dans l'établissement de la problématique, il faut procéder à l'état des lieux quant aux infrastructures et aux équipements qu'on possède déjà de même qu'à l'analyse des qualifications actuelles du personnel de l'établissement au regard des technologies et quant au budget dont on dispose pour réaliser le plan.

Ce constat fait, il devient plus facile de nommer les actions qui doivent être entreprises en les replaçant dans une approche systémique et englobante. Ces actions sont ensuite réparties sur divers chantiers. Chaque chantier doit alors reposer sur un échéancier, un budget et un centre de responsabilité. Pour assurer la cohérence, une instance doit être mise en place pour assurer la coordination et le suivi de toutes ces interventions en s'accordant des moments d'évaluation et de réajustement.

Par ailleurs, à travers toute cette "quincaillerie", il est souvent une dimension qu'on oublie. C'est celle du stress qu'occasionnent tous ces bouleversements auprès du personnel amené à opérer et à vivre ces changements importants : peur de l'inconnu, remise en question des méthodes de travail, nouvelles formations à acquérir, etc. C'est un aspect qu'il ne faut pas sous-estimer et auquel on dit apporter des réponses sécurisantes.

 

Les objectifs du plan triennal du CCFD

Le Centre collégial de formation à distance a pour but principal de chercher à offrir une meilleure formation à sa clientèle.

Il concrétise cette orientation en travaillant en étroite collaboration avec les établissements du réseau collégial.

Il compte remplir sa mission en privilégiant des technologies qui permettent de réaliser les six objectifs suivants : augmenter son offre de cours, augmenter la qualité des cours offerts, augmenter la réussite scolaire en développant de nouvelles modalités d'apprentissage, augmenter l'accessibilité à la formation à distance, améliorer l'encadrement des élèves par la bonification des relations tuteurs-élèves, améliorer la productivité et les processus de travail de l'ensemble des entités du CCFD.

 

Les champs d'intervention reliés aux objectifs

On a retenu six champs d'intervention : la mise en place d'un centre de ressources multimédias, la mise en place d'un système de communications internes, l'intégration des technologies dans la production des cours, le travail et l'apprentissage collaboratif aidés des technologies, la gestion scolaire, l'implantation de sites technologiques multimédias en régions.

Pour chacun des champs, on identifie les solutions technologiques et on prévoit un budget pour une période de trois ans.

 

Les technologies, un enjeu stratégique

Historiquement, la formation à distance s'est appuyée sur les technologies pour croître. Les institutions entièrement vouées à la formation à distance ont toujours capitalisé sur le développement des techniques de l'imprimé, de la poste, de la télévision, du téléphone, de l'audiovisuel et de l'informatique. Elles ont intégré, les uns après les autres, les éléments pertinents de ces technologies dans leurs pratiques pédagogiques ou managériales.

Aujourd'hui, nous vivons à l'heure de l'intégration des médias et de la mondialisation des chemins du savoir.

Pour continuer d'évoluer, pour amplifier son impact, pour servir au mieux les fins du système éducatif dans lequel elle est incluse, la formation à distance n'a d'autre choix que d'emprunter des avenues technologiques.

Depuis quelques années, à raison d'études spécifiques, de réflexions partagées avec ses partenaires et de projets expérimentaux, le CCFD a développé une bonne maîtrise de la problématique du développement technologique en formation à distance.

Après mûre réflexion, le CCFD entend centrer son développement sur la mise en oeuvre et l'exploitation de dispositifs technologiques orientés principalement vers des pratiques individualisées de formation à distance en temps différé (asynchrone). Il ouvre cependant la porte à des formules de regroupement régional susceptibles de faciliter l'accès à ces technologies.

 

Pour l'essor de la formation à distance

L'une des principales conséquences de cette convergence technologique dans le domaine de l'enseignement est l'essor important que connaît la formation à distance partout dans le monde depuis quelques années.

Certains parlent d'une croissance annuelle de 25 %. D'autres soulignent la pénétration grandissante des technologies dans ce segment spécifique du marché de l'éducation. Chose certaine, l'exploitation de solutions vidéo et multimédias par des réseaux de transmission de plus en plus puissants et la nécessité d'accorder de la flexibilité aux approches pédagogiques, aux horaires et à l'accessibilité transformeront la formation à distance au point où elle deviendra une solution de remplacement importante.

 

La formation à distance -- le CCFD -- le réseau

La question trotte dans plusieurs têtes. On la pose ici et là dans des cercles restreints. On commence à la verbaliser pudiquement dans des forums publics. On annonce même parfois des débats chauds et houleux. Finalement la question est sur toutes les lèvres : Est-ce que tout le monde va faire ou doit faire de la formation à distance maintenant?

Il y a quelques années, la situation se présentait de façon fort simple et dichotomique. À tous les ordres d'enseignement, il y avait les établissements "présentiels" d'une part et les trois grandes institutions unimodales de formation à distance d'autre part. "À chacun son métier et les vaches seront bien gardées", aurait dit monsieur Séguin...Et on apprit, tant bien que mal, à coexister.

Puis vint l'ère du bimodal où certains établissements, notamment des universités, découvrirent les vertus de la formation à distance. De la coexistence on passait à la cohabitation. L'interconnexion s'installait.

La poussée fulgurante du développement des technologies au cours des dernières années ne fait qu'accélérer cette tendance. La cohabitation aboutit à l'union!

Les institutions de formation à distance ont été très vite conscientes que les frontières entre leur champ d'intervention et celui des établissements scolaires classiques se rapprochaient et qu'elles devaient, en conséquence, s'interroger sur leur positionnement et les mécanismes de collaboration avec les autres composantes des réseaux.

Dans un premier temps, les établissements présentiels ont ressenti un peu comme un choc cette nouvelle réalité. En effet, cette interpénétration des modes de formation ne se fait plus seulement à l'échelle du territoire québécois mais aussi à l'échelle planétaire. Un élève peut non seulement aller chercher un diplôme à la Télé-université mais il peut aussi en décrocher un à l'université du Wisconsin!

 

Ce qu'il nous faut faire maintenant

Quel drôle de retour des choses! Remise dans le circuit et à la mode par le discours et la pratique technologique, la formation à distance fait maintenant des adeptes. On s'y intéresse, on la cite en exemple, on en devient des experts instantanés, on la sert à toutes les sauces.

L'actuel débat autour de l'autoroute de l'information nous a fait sortir de l'ombre. On fait miroiter, entre autres, les économies d'échelle générées en formation à distance. Mais c'est sans penser que ces économies d'échelle, en formation à distance, se font au prix de règles spécifiques qui maintiennent un équilibre très strict entre différents paramètres. Si on rompt le moindrement cet équilibre, l'édifice s'effondre. Ça, les nouveaux gourous n'en savent rien ou omettent de le dire. Ceux qui s'aventurent sur ce terrain dans un enthousiasme aveugle risquent fort de déchanter. Et ceci n'est qu'un exemple parmi beaucoup d'autres.

Le premier danger qui guette tout le monde ou le premier défi -- c'est selon -- sera de ne pas mélanger les genres, de ne pas simplifier à l'extrême, c'est-à-dire prendre et considérer la formation à distance pour ce qu'elle est, pour ce qu'elle peut apporter. Ne pas passer nécessairement du "rien à distance au tout à distance".

Une fois la première onde de choc passée, il faut se pencher sur des solutions pratiques et inédites pour permettre aux deux types d'institutions de trouver rapidement les termes qui feront en sorte que ce "mariage" fonctionne et réussisse.

La formation à distance au Québec, au Canada et dans le monde a une longue tradition pédagogique et technologique. Elle a ses théoriciens et théoriciennes, ses chercheurs et chercheures, ses praticiens et praticiennes, ses réseaux de communication et d'entraide. Elle a développé des approches pédagogiques et administratives qui lui sont propres, elle a intégré les technologies à ses modes de fonctionnement, elle possède des acquis et des atouts précis et précieux.

Les établissements de type unimodal au Québec sont prêts à s'allier avec tous les partenaires du réseau qui le souhaitent pour partager expertise, ressources humaines et financières.

Chez nous, nous n'entretenons ni paranoïa, ni peur, ni crainte, ni désir d'impérialisme. Nous croyons seulement qu'en ces temps durs qui riment avec coupures, qu'au moment où la société québécoise doit rivaliser d'imagination pour tirer son épingle du jeu, il importe de se serrer les coudes et de s'attaquer ensemble à la grande corvée.

Cet objectif devrait selon nous transcender toutes les stériles querelles de clocher qui nous laissent vides d'énergie et d'espoir. Utopie? À vous et à nous de faire mentir les sceptiques et les cyniques.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015