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 Numéro 13, Janvier 1997 
Utilisation du logiciel Copilote pour le soutien à l'apprentissage des étudiants Version Imprimable  Version imprimable


Jean-Pierre REGNAULT, Coauteur du logiciel Copilote  (Collège Montmorency)

Cet automne, j'utilise le logiciel d'autoévaluation formative Copilote dans le cadre de l'heure supplémentaire d'encadrement. Grâce à ce logiciel, qui fait appel à des principes de mise en relation des connaissances et de représentation graphique de ces mises en relation, les élèves peuvent vérifier leur degré de compréhension globale de la matière, de maîtrise des connaissances, ainsi que leur capacité à établir des liens avec d'autres champs disciplinaires. Le logiciel sert principalement à s'autoévaluer avant de passer un examen, mais on utilise aussi les principes de fonctionnement du logiciel en classe, dans le cadre de l'approche par problèmes que je commence à implanter dans un cours de microbiologie alimentaire.

Ces séances d'autoévaluation se déroulent donc dans le cadre d'un cours de microbiologie alimentaire destiné aux étudiantes et aux étudiants du programme de Techniques de diététique. Pour commencer, j'ai procédé à l'analyse des objectifs d'apprentissage du cours et j'ai déterminé le niveau auquel je voulais que les élèves traitent ces connaissances. Ensuite, j'ai réparti la matière du cours en grands thèmes, ou domaines. Chaque domaine contient des questions objectives auxquelles les étudiants devront répondre, ainsi que des arbres de mise en ordre, des schèmes d'explication et des cartes de compréhension que les étudiants devront reconstituer ultérieurement (voir figure 1).

 

Figure 1
Représentations graphiques des niveaux de la compréhension, de la description, de la mise en ordre et de l'explication

a) Représentation du niveau "Compréhension" : la carte

b) Représentation du niveau "Description" : la question objective

c) Représentation du niveau "Mise en ordre" : l'arbre

d) Représentation du niveau "Explication" : le schème

 

L'ensemble du contenu du cours est donc réparti en huit domaines et comprend huit cartes de compréhension, environ 200 questions objectives, une trentaine d'arbres de mise en ordre et autant de schèmes d'explication. J'évalue à environ une cinquantaine d'heures le temps qu'il m'a fallu pour faire ce travail d'analyse et de planification. Certes, l'investissement en temps n'est pas négligeable, mais voilà du matériel que je pourrais réutiliser facilement plus tard, modifier progressivement, seul ou avec d'autres collègues.

Au début de la session, j'ai remis à chaque étudiant et étudiante une disquette contenant le logiciel et les huit domaines du cours de microbiologie et je les ai invités à venir s'autoévaluer avant chaque examen. J'ai opté pour la formule "disquette" en raison de sa souplesse. Comme il est possible de charger le logiciel et les huit domaines sur une disquette de 1,4 Mo, les étudiants ne sont pas contraints de travailler uniquement au collège. Ils peuvent aussi travailler chez eux, s'ils disposent d'un Macintosh. Ce sera encore plus important quand nous disposerons de la version Windows de Copilote, attendue impatiemment par plusieurs 1 .

En fait, dans la session, chaque étudiante et étudiant dispose d'un minimum de 10 périodes d'autoévaluation (par bloc de deux), mais ils peuvent poursuivre leur travail à d'autres moments de la semaine, selon la disponibilité du laboratoire d'informatique, ou chez eux.

Ces séances d'autoévaluation sont facultatives, mais un bloc de deux heures supplémentaires identifié au cours apparaît dans l'horaire des étudiants. Les étudiants savent qu'à ces périodes je suis disponible dans le laboratoire d'informatique. J'interviens alors de multiples façons : au début de la session, pour expliquer l'environnement de travail 2 , le fonctionnement du logiciel; ensuite, pour les aider en répondant à leurs questions pendant qu'ils effectuent leur travail d'autoévaluation, pour discuter avec eux du bilan de leur autoévalaution, pour leur proposer une remédiation, s'il y a lieu de la matière ou des techniques pour ceux et celles qui paraissent en difficulté.

Quoique facultatives, ces séances d'autoévaluation sont suivies avec une certaine assiduité par près des trois quarts des étudiants. Mais l'examen systématique des bilans et des résultats du premier examen démontre -- une fois de plus -- que ce sont les étudiants les plus performants et les plus motivés qui font preuve de la plus grande constance dans leur travail d'autoévaluation. En moyenne, les étudiants affirment avoir passé au moins entre deux et trois heures devant l'ordinateur, mais certains y ont passé jusqu'à six ou sept heures...

J'ai eu aussi l'occasion d'observer que les étudiants avaient rapidement changé la vocation du logiciel : ils ne l'utilisent pas vraiment comme un instrument d'autoévaluation, mais comme un support à l'étude. Ils cherchent, dans leur manuel ou dans leurs notes de cours, les réponses aux questions et les informations pertinentes à la réalisation des autres tâches de l'autoévaluation. Mais enfin, si Copilote les aide à prendre conscience que les réponses ne viennent pas toutes seules, qu'il faut étudier, et qu'apprendre ne se fait pas à coup de pensée magique, alors ce logiciel sert à quelque chose et l'heure supplémentaire d'encadrement n'est sûrement pas inutile.

Par ailleurs, j'ai constaté que les étudiantes et les étudiants négligeaient souvent les messages de rétroaction destinés à les informer de la nature des erreurs commises lors de la mise en relation des concepts. C'est pourquoi certains d'entre eux commettent toujours les mêmes erreurs. Ne tenant pas compte de ces fautes, et de la nature de ces fautes, ces étudiants ne progressent pas ou décrochent... Aussi, maintenant que la session est bien avancée, une bonne part de mes interventions consiste-t-elle à m'assurer que les étudiants ont bien pris connaissance des messages de rétroaction, à les analyser avec eux et à vérifier qu'ils en tiendront compte dans la poursuite de leur travail.

Enfin, à mesure que la session avance, bon nombre d'étudiants maîtrisent suffisamment les principes de fonctionnement du logiciel pour que l'on puisse l'utiliser à d'autres fins, en mode papier/crayon -- du moins pour cet automne --, pour aider les étudiantes et étudiants à résoudre des situations problèmes que je leur ai proposées par le biais de mises en situation. Après avoir pris connaissance de l'énoncé, ils doivent identifier le problème, envisager la ou les solutions possibles, s'il y a lieu en établissant des liens avec des connaissances acquises dans d'autres cours (en technologie alimentaire, par exemple) et justifier la solution qu'ils ont décidé de retenir.

Ensuite, ils doivent , selon les principes de schématisation et de mise en relation des concepts du logiciel, produire une carte de compréhension -- en d'autres termes un réseau de concepts -- qui permet de mettre en relief les différents éléments du problème, d'établir les relations entre ces éléments et la solution proposée. C'est un travail exigeant pour tout le monde, qui demandera probablement une certaine réorganisation des activités d'apprentissage et des stratégies d'enseignement. Quoique encourageante, l'utilisation du logiciel dans cette optique est encore trop récente et trop partielle pour en livrer les premiers résultats dès maintenant.

 


Notes
  1. Cette version devrait être mise en circulation d'ici la fin de la session automne 1996 . Elle sera accompagnée d'un petit utilitaire permettant de convertir les fichiers Macintosh en Windows (et vice versa). Retour au texte
  2. Cela va de plus en plus vite. Contrairement aux années précédentes, tous les élèves savaient se débrouiller (minimalement) avec un ordinateur. Retour au texte

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