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 Numéro 10, Septembre 1996 
Petit manuel des APO Version Imprimable  Version imprimable


Pierre-Julien GUAY  (Vitrine APO)

Depuis le temps qu'on parle des APO (applications pédagogiques de l'ordinateur) avec un enthousiasme débridé -- mais peu contagieux -- ou encore avec des souvenirs d'horreur, il est temps de faire le point sur les conditions d'utilisation des APO en situation d'enseignement. Après avoir dressé la liste des promesses des APO, nous tenterons de définir les conditions propices à leur utilisation.

 

Tutoriels et exerciseurs

Les tutoriels et les exerciseurs ont été parmi les premières applications pédagogiques de l'ordinateur. Ils sont particulièrement bien adaptés aux situations de mémorisation pure et simple avec un cheminement linéaire et un rythme parfois monotone. Par exemple, pour apprendre des règles de grammaire ou le vocabulaire d'une langue étrangère, le logiciel fournit une série d'exercices accompagnés de commentaires plus ou moins élaborés.

Les meilleurs produits permettent de choisir la catégorie d'exercices, offrent une possibilité de réviser les notions de base (règles grammaticales, règles de prononciation) et fournissent une rétroaction qui dépasse le simple "Essaie encore!" ou "C'est bon!".

 

Les simulateurs

Dans cette catégorie, on retrouve des systèmes qui reproduisent un environnement où l'étudiant est invité à explorer et à utiliser. Les simulateurs offrent l'avantage de la sécurité (pour le cobaye, dans le cas de traitements par ultrasons ou d'injections sous-cutanées), de l'économie (pour éviter la destruction des appareils à la suite de mauvaises manipulations) et peuvent reproduire virtuellement des environnements difficilement accessibles (le site de Pointe-à-Callières à Montréal au XVIIe siècle, le cycle des quatre saisons pour accompagner une tribu de chasseurs-cueilleurs, etc.).

Ces environnements constituent souvent des micro-mondes. Dans "Mystère en archéologie", non seulement peut-on voir les chantiers de fouilles mais on dispose aussi d'un lexique, de l'avis d'experts, d'instruments et d'un carnet de notes pour résoudre le mystère du squelette dans les latrines.

La présentation de problèmes à résoudre permet d'animer les groupes d'étudiants en créant une collaboration entre individus, dyades ou équipes. Chacun peut préparer ses hypothèses de solution, les partager lors d'une période de mise en commun pour ensuite les vérifier à l'aide du simulateur.

 

La recherche documentaire

Même si on le considère comme une technologie transitoire, le disque optique compact DOC offre aujourd'hui une grande variété de sources de documentation. Répertoires, dictionnaires, encyclopédies et statistiques peuvent être diffusés sur un réseau informatique. De nombreux thèmes sont traités telles l'histoire du Canada avec "Fenêtres sur l'histoire" qui rassemble une collection impressionnante de textes, documents iconographiques et saynètes sur un DOC. Des fonctions de recherche sophistiquées permettent d'exploiter ces mines d'information.

Mais la source documentation par excellence est l'Internet. En reliant entre eux les ordinateurs de la planète, le réseau Internet permet le partage de l'information. Cet ensemble d'informations forme une véritable encyclopédie multilingue globale qui peut être mise gratuitement à la disposition des enseignants et des étudiants.

Dans un contexte de rationalisation des ressources, l'Internet permet d'élargir l'éventail des services disponibles dans votre établissement et ce à partir de n'importe quel ordinateur relié à l'Internet. Ces ressources sont également accessibles à toute heure à partir du domicile.

Mais cette encyclopédie planétaire est constamment mise à jour et il n'existe pas de table des matières. Pour cette raison, une bonne formation à l'utilisation des moteurs de recherche et la création de documents d'appoint structurés sont essentiels.

 

Les logiciels outils

En plus des outils de bureautique, un certain nombre de logiciels s'adressent à l'enseignant pour l'aider dans ses tâches de présentation et d'évaluation. Le plus connu dans ce domaine est l'éditeur d'examen LXR-Test qui permet de constituer une banque de données de questions et de faire la mise en page de tests d'évaluation.

 

Une intégration réussie

L'utilisation d'un logiciel dans des activités pédagogiques ne s'improvise pas. Après avoir déterminé à quel moment et pendant combien de temps le logiciel sera utilisé, l'enseignant doit s'assurer que les étudiants maîtrisent les méthodes et le vocabulaire employés dans le logiciel. Il pourra suggérer des lectures préalables ou faire une démonstration du logiciel en classe à l'aide d'un projecteur. Les étudiants doivent connaître et comprendre les objectifs de l'activité.

Les applications logicielles nécessitent un environnement structuré lors de leur utilisation. Dans certains cas, cette structure fait partie intégrante du logiciel, mais dans le cas de recherche documentaire, par exemple, il peut être utile de distribuer des grilles ou tableaux à compléter, de signaler des critères de sélection ou de favoriser les interactions entre les étudiants au moment où le logiciel est utilisé.

Une activité courante après l'utilisation d'un logiciel est la rédaction d'un rapport faisant état des difficultés rencontrées, des notions apprises et des interrogations. Ce rapport peut être l'objet de discussion ou d'évaluation.

 

Quelques critères de sélection

Si on opte pour le multimédia, il faut s'assurer que les appareils sont suffisamment puissants et équipés (processeur, carte sonore, résolution d'écran, lecteur de DOC à quadruple vitesse) pour que l'expérience soit agréable.

On aura tout intérêt à évaluer soigneusement la qualité de l'interface permettant de naviguer dans l'application. Une interface mal conçue ou malcomprise peut monopoliser une période de cours en entier parce que personne ne comprend comment utiliser et choisir les modules.

La qualité des rétroactions doit aussi être évaluée. Nous avons vu trop de logiciels où le message "Essayez encore" apparaît à l'infini tant que la bonne réponse (celle qui est programmée) n'est pas choisie.

Il est préférable d'utiliser des applications de type "ouvert". Au minimum, l'utilisateur devrait avoir le choix des types d'exercices ou modules d'information. Il devrait aussi en tout temps quitter l'application en ayant le choix d'enregistrer le travail accompli. Certains logiciels vont jusqu'à proposer à l'enseignant de composer ses propres exercices au prix, il est vrai, d'un apprentissage parfois un peu lourd d'une série de manoeuvres.

 

Laboratoire ou projecteur?

Combien de professeurs ont vécu un cauchemar total en convoquant les étudiants dans un laboratoire d'informatique pour découvrir que le logiciel choisi ne fonctionnait pas en réseau, que certains étudiants n'avaient encore jamais touché un clavier ou manipulé une souris, que d'autres avaient oublié leur mot de passe et que tous s'égaraient facilement dans les quatre coins du logiciel?

Pourtant, il existe maintenant des acétates électroniques couleurs et des projecteurs multimédias qui permettent d'exploiter l'interaction coutumière de la salle de classe en utilisant sur place le logiciel. C'est aussi une solution économique quand le nombre de laboratoires informatiques est insuffisant.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015