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 Numéro 14, Février 1997 
SECRA II nous Version Imprimable  Version imprimable


Jean-Pierre SCHETAGNE, Département de psychologie  (Collège de Maisonneuve)

J'ai eu le privilège d'être le premier utilisateur de SECRA II. J'ai expérimenté ce progiciel dans le cadre d'un cours intitulé "Communication et interrelations" (PSY 350-905) s'adressant, comme par hasard, à deux groupes d'étudiants d'informatique qui en ont été plus qu'impressionnés. Pour ma part, je ne doutais pas de la qualité de la nouvelle version préparée par Lucie Trépanier. Mais j'avoue que j'ai quand même eu tout un choc en le faisant tester par mes étudiants.

Comment dire? L'auteur a su donner à SECRA II ce je ne sais quoi -- une forme d'équilibre d'ensemble -- qui... "donne le goût" à l'utilisateur, lui fait éprouver un réel plaisir à être "en rapport" avec le programme. Je crois sincèrement qu'il s'agit là de sa vertu principale. On se prend tout de suite au jeu en dialoguant avec les personnages. On veut aider chacun. On veut connaître son problème. On est réellement frustré lorsqu'on s'entend dire : "Décidément, je trouve qu'on tourne en rond, qu'on ne se comprend pas...". On aimerait tant savoir alors ce qu'il lui prend, ce qui n'a pas marché dans notre attitude à son égard. On veut continuer, se rendre au bout de la démarche d'aide. Mes étudiants et moi-même pouvons en témoigner. SECRA II impressionne par son réalisme sur ce plan. Les problèmes choisis, les réparties des personnages de même que les réponses proposées à l'utilisateur sont parfaitement convaincants.

Pour celles et ceux qui ont déjà utilisé la version précédente, SECRA II constitue un progrès majeur. D'abord on retrouve l'adolescent familier de SECRA I. Mais à présent on le voit. Surprise, c'est une fille! Elle est à l'écran, devant soi, dans un décor familier, changeant régulièrement de mimique au fil de ses répliques. Car elle parle aussi! On entend sa voix, ses intonations. Ainsi ses répliques nous "impressionnent" davantage et le rapport avec elle a gagné en aisance.

Autre changement d'envergure : on retrouve maintenant quatre personnages. En plus de l'adolescente dont on vient de parler, il y a un enfant qui ne veut pas aller se coucher, un policier qui se plaint de l'inhumanité de son métier et une malade qui en a contre le milieu médical. L'utilisateur a non seulement le loisir de s'intéresser à des problèmes différents mais il a surtout l'occasion de s'exercer à l'écoute aidante et de développer cette approche. La "logique" des choix de réponse proposés à l'utilisateur est toujours la même dans chacun des cas. À chaque fois en effet on propose à l'utilisateur de fournir une "réaction spontanée" sous la forme soit d'une évaluation ou d'un jugement, d'une interprétation, d'une investigation, d'une solution immédiate, d'une réponse de soutien ou encore de la réponse compréhensive, celle qui permet d'aider le personnage. Qu'on songe qu'il a fallu à l'auteure, pour chacun des personnages, construire un réseau de 374 répliques afin de couvrir toutes les possibilités d'un dialogue. Enfin lorsque l'utilisateur joue bien son rôle d'aidant, il permet au personnage de cheminer à travers sept niveaux successifs de prise de conscience ou d'approfondissement de son problème. Car il faut le rappeler, SECRA II est fondé sur des bases solides en psychologie des relations humaines.

En terminant, j'aimerais souhaiter à SECRA II tout le succès qu'il mérite tout en nourrissant le secret espoir que l'auteure ait la possibilité d'augmenter la banque de personnages et de types de problème. Ce ne sont sûrement pas les idées qui manquent. Parce que SECRA II, je le répète, nous "donne le goût...". On en veut encore!

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