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 Numéro 14, Février 1997 
Les réalisations du CCFD avec les nouvelles technologies Version Imprimable  Version imprimable


Martine CHOMIENNE
Sylvie MALAISON  (CCFD)



L'article sur le CCFD du Clic de novembre 1996 situait le Centre collégial de formation à distance dans le paysage de la formation au collégial ; il expliquait le mandat confié au CCFD et enchaînait sur le défi de développer le potentiel des TIC en formation à distance. L'article expliquait comment, pour relever ce défi, le CCFD se dotait en 1995 d'un plan triennal de développement. Le présent article décrit les réalisations du plan de développement.

 

Dans un domaine où l'incertitude est de taille, où les technologies avancent plus vite que l'adaptabilité au changement et les possibilités financières des établissements, le CCFD a abordé plusieurs des technologies dans des scénarios de recherche-développement. En testant le potentiel pédagogique des technologies, le CCFD s'efforce de se concentrer sur les modèles pédagogiques les plus appropriés aux besoins de la clientèle qu'il dessert. Certains scénarios ont pu ainsi être établis et commencent à être intégrés dans les processus de production des cours du CCFD.

 

D'où sommes-nous partis?

Dès sa création, le CCFD a entrepris une informatisation administrative de ses services à la clientèle en développant avec la société GRICS le système SIFOD. SIFOD, pour système informatisé en formation à distance, est une banque de données qui gère toutes les inscriptions des élèves, l'expédition de lettres pour faire le suivi du cheminement des élèves et la transmission de leurs résultats au ministère. SIFOD présente ainsi quelques fonctionnalités de gestion pédagogique en adressant de façon automatisée et à des intervalles préétablis des lettres assurant un certain encadrement à l'étudiant quant à son cheminement dans un cours.

Une autre opération simultanément entreprise avec le développement de SIFOD a été de mettre sur pied un système de correction automatisée des devoirs. CILOP permet au professeur de bâtir ses devoirs de façon à ce que la correction soit automatisée, lue par lecteur optique ; de plus, CIFOD envoie à l'élève une rétroaction adaptée aux réponses qu'il donne.

Ces deux premières opérations investissaient le champ de l'informatique alors que d'autres poursuivaient les utilisations de technologies plus traditionnelles. C'est ainsi que des interventions télévisuelles ont lieu dans plusieurs des cours qu'offre le CCFD. Pousse-Pousse, Marketing et PME, In Italiano et Destinos en sont des exemples.

Le CCFD a également développé en partenariat avec Vidéotron et sa division Vidéoway des modules interactifs diffusés à la clientèle qui est abonnée au service Vidéoway dans les cours de mathématiques, de français et de psychologie.

 

Un plan triennal de développement

Si les paragraphes précédents font état de l'historique des technologies au CCFD, les suivants traiteront des actions entreprises depuis1995 alors que le CCFD se dotait d'un plan triennal de développement des technologies.

Six objectifs orientent ce plan ; rappelons-les ici :

  • augmenter la réussite scolaire;
  • augmenter la qualité des cours;
  • améliorer l'encadrement des élèves;
  • augmenter l'offre de cours;
  • augmenter l'accessibilité à la formation à distance;
  • améliorer la productivité et les processus de travail de l'ensemble des entités du CCFD.

À ces six objectifs correspondent six champs d'intervention :

  • intégration des technologies dans la production des cours
  • travail et apprentissage collaboratifs aidés des technologies
  • mise en place d'un centre de ressources multimédias
  • mise en place d'un système de communications internes
  • gestion scolaire du CCFD
  • mise en place de sites d'accès technologiques multimédias régionaux.

À chacun de ces champs est associé un volet implantation qui comprend implicitement une formation des usagers.

 

Les réalisations

Production de cédéroms

Le CCFD s'est lancé dans le développement et la production de plusieurs cédéroms. Quatre verront le jour prochainement et sont à des stades de développement plus ou moins avancés.

Il s'agit d'Entretien des arbres et arbustes dans lequel le modèle pédagogique de l'utilisation du multimédia pour la formation à distance a été le plus poussé. En effet, à partir d'un cours déjà existant dans la banque de cours du CCFD sous un format traditionnel, l'équipe de développement du cédérom a opéré une véritable réingénierie du cours pour en faire un produit autoportant de formation à distance, avec lequel l'élève réalise des apprentissages selon des modèles variés qui n'étaient pas exploitables avec l'imprimé seul. Pour exemple, citons que tout au long du cédérom l'apprenant a accès à des modules-cas qui sont des mises en situation de résolution de problèmes réels. Comme un consultant dans le domaine, l'élève doit résoudre les problèmes que lui posent des clients fictifs. Pour cela, il dispose d'une partie contenu abondamment illustrée, qui l'oriente vers ce qu'il faut savoir et comprendre pour apporter une solutin au cas à l'étude. Il peut prendre des notes dans un carnet de notes personnel, rédiger sa propre recommandation avant d'aller la comparer à l'avis de l'expert. Dans le développement du cédérom, le CCFD s'est allié à la firme Micro-Intel qui est responsable de la partie production surtout, alors que le CCFD apporte toute son expertise pédagogique. Signalons cependant que Micro-Intel dispose également de ressources pédagogiques qui ajoutent considérablement au produit.

Un autre cédérom est en développement dans un cours de français, langue seconde, en partenariat avec l'université du Nouveau Brunswick ; un autre est en cours avec le CCDMD sur le cours Initiation pratique à la méthodologie des sciences humaines ; ce dernier a fait l'objet d'un article dans le numéro de décembre-janvier de Clic. Enfin un quatrième projet de développement d'un cédérom débute dans un scénario de partenariat avec deux autres établissements de formation à distance, le Collège des Grands-Lacs en Ontario et la Société éducative de l'Île-du-Prince-Édouard, pour un cours du programme d'anthropologie: Peuples du monde : cultures et développement.

Projets et réalisations sur Internet et l'autoroute de l'information

Depuis l'automne 1995, le CCFD s'est doté d'un site Internet qu'il va modifier en profondeur d'ici peu.

Le courrier électronique est accessible depuis décembre 1995 à tous les membres du service de production et de recherche et développement du CCFD, et depuis juillet 1996 au personnel du service à la clientèle. Les responsables de projets de développement des cours au CCFD reçoivent maintenant beaucoup de matériel de la part de leurs auteurs via Internet ; les communications par courrier électronique sont à ce jour bien implantées entre les différentes personnes du Centre autant à l'interne qu'à l'externe avec les interlocuteurs branchés à Internet. Nous avons choisi d'utiliser à l'interne le courrier électronique d'Internet puisque le CCFD se dotait d'un accès au W et d'un serveur de courrier.

Au centre de ressources multimédia nous disposons d'équipements performants qui permettent aux professionnels qui commencent à en découvrir les avantages, de rechercher de l'information sur le Web.

Les autres volets du plan triennal ont été explorés dans le cadre de réingénierie ou d'ingénierie de cours pour leur diffusion via l'autoroute de l'information.

C'est ainsi qu'en février nous nous préparons à expérimenter deux modules du cours de maths 201-103-77 avec de vrais étudiants qui seront rejoints à domicile. C'est ainsi aussi que depuis septembre nous avons entrepris le développement d'un cours du Renouveau pédagogique des collèges dans le domaine de la culture scientifique et technologique. Ce cours a pour objectif de permettre à l'étudiant de résoudre des problèmes simples à l'aide de la démarche scientifique

Dans le cours de maths 103, Calcul intégral et différentiel (qui fait partie d'un projet appuyé par le Fonds de l'autoroute de l'information), nous exploitons le potentiel d'encadrement télématique interactif synchrone et asynchrone, d'apprentissage collaboratif entre étudiants, de partage d'applications, de présentations interactives de contenu (animations JAVA des notions de limite et continuité). Par exemple, dans le premier module du cours qui en est un de révision des préalables de 4e et 5e secondaire, l'élève doit travailler avec un coéquipier à distance sur une même feuille de travail préparée par le professeur et qu'il partage avec son coéquipier grâce à l'utilisation d'un logiciel approprié. Le branchement des deux élèves ensemble se fait par Internet et l'écriture dans les feuilles de travail se fait à l'aide d'une tablette graphique qui permet de ne pas s'embarrasser des difficultés reliées à la notation mathématique. L'élève écrit sur sa tablette graphique et les résultats de ses actions sont visibles sur la feuille commune ; sa démarche de résolution d'équation peut être ainsi suivie en direct par son coéquipier qui peut intervenir en prenant le contrôle de l'écriture de son côté ou oralement puisque le son est également transmis par Internet. Dans le cours, ce scénario est envisagé pour du travail collaboratif entre étudiants mais aussi pour de l'encadrement par le tuteur qui peut revoir en synchrone le travail qu'un étudiant lui a fait parvenir auparavant.

Nous demandons aux étudiants un matériel de base performant et nous leur rajoutons les logiciels et l'équipement qui sera spécifique au cours, telle la tablette graphique. C'est bien sûr à partir du serveur du CCFD que vont être gérés les accès au cours, les communications entre élèves et la disponibilité des divers documents qui constituent le matériel du cours. Par exemple, un guide d'étude et d'apprentissage en format HTML indique à l'étudiant les diverses activités qu'il doit accomplir dans le cours ; certains exercices (notamment ceux d'autoévaluation) sont interactifs sur le Web et sont complétés par l'élève au fur et à mesure de son apprentissage.

Le déroulement du projet a demandé un travail d'équipe dans lequel spécialistes de contenu et informaticiens ont interagi étroitement pour, les uns, faire valoir leurs demandes pédagogiques, les autres, adapter les possibilités informatiques aux demandes pédagogiques. Outre les produits qui sont sortis de ce projet, la démarche de travail est riche d'enseignements.

Dans le cours de l'ensemble 2 du domaine de la culture scientifique et technologique 1 , nous explorons spécifiquement le concept de laboratoire de science distribué. Comment faire travailler à distance des élèves en groupe de deux ou de trois sur la réalisation d'un laboratoire commun en appliquant la démarche scientifique ? La collaboration va-t-elle se faire dans les phases de manipulation et de prise de mesure, d'analyse des résultats de l'expérience, ou bien au moment de tirer les conclusions? Le projet n'est pas encore suffisamment avancé pour que nous puissions répondre à cette question. Il est sûr que nous essayons de pousser les possibilités des technologies à leur maximum. Dans ce cours, il y aura de plus utilisation du réseau Internet pour que les étudiants accèdent à des experts en ligne. De plus, la partie historique portant sur l'évolution de la notion de démarche scientifique est déjà produite en fichier HTML et réfère à des sites pertinents. Par exemple, sur un clic de souris, l'élève est branché à un site expliquant la vie de Galilée et le contexte social et économique dans lequel il vivait.

Et la vidéoconférence ?

Plusieurs identifient la formation à distance utilisant les nouvelles technologies à l'utilisation de systèmes de vidéoconférence. Ceux-ci permettent à un professeur situé à un endroit A de dispenser son enseignement qui sera reçu en un point B et même parfois en multipoints. Les apprenants seront regroupés en B, C, etc., devant un grand écran pour écouter le cours magistral du professeur à distance. Les apprenants peuvent poser des questions, bien que l'interactivité de ces systèmes soit encore limitée. C'est là, bien sûr, une forme d'enseignement à distance qu'il ne faut pas négliger car elle permet à des gens en régions éloignées d'avoir accès à une expertise sans déplacements excessifs. Il s'agit là cependant d'une forme d'enseignement qui exige des dispositifs coûteux, puisque jusqu'à récemment la vidéoconférence n'était possible que dans des salles spécialement aménagées. Depuis peu, des systèmes de vidéo ou plus justement de visioconférence 2 sont disponibles sur des postes de travail informatique individuels à des coûts de plus en plus raisonnables. Certains même empruntent le réseau Internet tel que le système CUSEEME développé à l'Université Cornell aux États-Unis.

Le CCFD a choisi d'explorer les possibilités de ces technologies dans un projet du FAI conjoint avec la Vitrine APO du cégep de Bois-de-Boulogne et d'autres partenaires. En plus d'utiliser la visioconférence, le projet veut tester le potentiel pédagogique de systèmes de partage d'applications logicielles (disponibles avec certains systèmes sur postes de travail informatique individuels). Le partage d'applications logicielles permet à des personnes de travailler à distance sur un document commun en prenant alternativement le contrôle de la souris et des actions à effectuer avec le logiciel partagé. Le projet en est à ses débuts ; il sera expérimenté sous la forme d'un atelier de formation à la logique du transport avec l'Institut maritime du Québec de Rimouski.

 

Quelles conclusions tirer?

Jusqu'à présent, avec prudence, nous avons testé, exploré, développé ; cent fois sur le métier nous avons remis notre ouvrage, et le travail n'est pas terminé. Nous sommes maintenant à l'étape cruciale où nous commençons à récolter les fruits de nos efforts. Nous avons résolument pris le chemin des technologies et de l'autoroute de l'information, même si cette dernière n'est pas encore aussi large que souhaité.

 


Notes

  1. Nous avons déjà parlé de ce projet qui s'insère dans le réseau de téléapprentissage TELELEARNING dans le numéro de novembre 1996 de Clic. Retour au texte

  2. La terminologie relative à ces systèmes n'est pas encore arrêtée ; pour certains, il semble que l'on parle de vidéoconférence lorsque l'image est transportée par les ondes hertziennes, alors qu'il s'agit de visioconférence lorsque l'image circule sur des réseaux numériques (RNIS) ou analogiques (via les lignes téléphoniques ordinaires). Retour au texte

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