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 Numéro 17, Mai 1997 
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Sylvie MALAISON
Martine CHOMIENNE  (Centre collégial de formation à distance)

 

Le partenariat, on en parle beaucoup mais on hésite souvent à le pratiquer. Dans un passé récent, le Service de la recherche et du développement du Centre collégial de formation à distance a déployé, dans le champ des NTIC, plusieurs projets de production qui s'appuient sur des alliances. Ils mettent en interaction des partenaires provenant d'horizons très diversifiés. À l'intérieur de la distinction entreprises-établissements d'enseignement, le partenariat met en contact des responsables de formation, mais aussi des spécialistes de questions techniques tels que des programmeurs, des analystes informaticiens ou des spécialistes des télécommunications. Tous ces acteurs doivent communiquer entre eux et avec un spécialiste de contenu. De plus, tel un orchestre, un gestionnaire de projets chez chaque partenaire est chargé de coordonner le travail de chacun. C'est lui qui introduit chacun au moment voulu, c'est lui aussi qui gère les budgets et voit à ce que l'échéancier soit respecté ou réajusté selon les événements.

Souvent on nous demande si ça se passe bien, si on rencontre des difficultés, si c'est facile. En fait, quels sont les avantages et les inconvénients du partenariat ? Vues par notre lorgnette et sans prétendre parler pour nos vis-à-vis, nous vous livrons quelques brèves indications sur les hauts et les bas de la collaboration. Ces constats vous permettront peut-être de prendre des décisions éclairées au moment de vous engager sur cette voie.

Du côté jardin, les bénéfices sont assez évidents. Sur le plan économique, il est clair que la collaboration permet de répartir les coûts : en matière de produits à haute teneur technologique, on rend possible ce que, seul, on n'aurait pas pu réaliser. Ce qui n'est pas négligeable. Au registre de l'apprentissage, on gagne au contact de l'expertise de l'autre. Sur le plan humain, on développe des habiletés d'écoute, de dialogue, de négociation, de patience, de souplesse et de tolérance. Au contact du travail collaboratif, la collectivité s'enrichit du même coup de produits innovateurs et plus riches.

Du côté cour, les écueils sont nombreux. Quand on entre en collaboration, il faut d'abord apprendre à laisser son ego au vestiaire ! En effet, il faut être prêt à se plier de bonne grâce à la critique constructive dans le respect mutuel, ce qui n'est pas toujours évident ! Quand on fait partie d'une équipe-terrain, on doit aussi composer avec les stratégies et les intérêts parfois divergents de nos patrons et de nos établissements. On doit trouver des formules de travail complémentaires et non systématiquement symétriques. Quelquefois, on se bute aussi à l'affrontement d'écoles de pensée différentes au moment de la définition des orientations du projet. En outre, les gestionnaires de projets doivent surveiller de près l'inflation galopante des coûts qu'engendre parfois l'enthousiasme complice des troupes.

Two is company, three is a crowd, veut le dicton. Quelle est la meilleure façon de gérer le trafic ? Il n'y a pas de recette miracle. Le succès repose en grande partie, selon nous, sur la capacité des partenaires à entretenir une relation égalitaire où l'une ou l'autre des parties ne cherche pas à se placer en situation de " pouvoir ". Les chefs de projets doivent se donner des objectifs univoques, établir un partage clair des tâches, des échéanciers réalistes et des méthodes de travail transparentes. Ils doivent identifier les zones communes d'approbation des phases du projet, faire confiance aux membres de l'équipe, les soutenir et les motiver. Ils doivent surtout entretenir des canaux de communication efficaces en aval et en amont du projet et assainir au plus tôt toute situation conflictuelle qui risquerait de dégénérer.

Au demeurant, cette liste peut paraître banale, voire triviale, et relever de la plate évidence. Dans la réalité, nous avons maintes fois constaté qu'il n'en est rien. Le partenariat se heurte trop souvent à des petits détails insignifiants qui mettent en péril les meilleures intentions. Mieux vaut prévenir que guérir !

En guise de conclusion, nous vous indiquons les principaux chantiers TIC que mène actuellement le CCFD en collaboration avec divers établissements. C'est à travers eux, avec toutes les personnes qui y sont impliquées, que nous essayons de mettre en pratique ce petit vade mecum de la coopération. Nous vous invitons à nous rejoindre si vous avez le goût de l'aventure des NTIC !

     

  • Coproduction, expérimentation et diffusion du cours Philo 103 avec le collège de Bois-de-Boulogne. Originellement, le cours sur Internet a été produit par le collège de Bois-de-Boulogne. À la suite d'une première expérimentation auprès de la clientèle du collège, il a été révisé par le collège et le CCFD et est maintenant offert à une clientèle plus large.
  • Coproduction du cours Démarche scientifique avec le LICEF de la Télé-université, le laboratoire LIDE de l'Université de Montréal et le réseau pancanadien TeleLearning. Ce cours, qui fait partie de l'ensemble 2 du domaine de la culture scientifique et technologique, permet aux trois partenaires d'explorer, entre autres, le concept de laboratoire de science collaboratif et distribué sur Internet.
  • Coproduction du cours mathématiques 103 avec le LICEF de la Télé-université et le Centre Université-Économie d'Éducation Permanente de Lille en France. Ce projet, qui comme le précédent est un projet du Fonds de l'autoroute de l'information, a permis de tester le potentiel pédagogique d'Internet, notamment en ce qui a trait à l'encadrement synchrone et asynchrone par les tuteurs et à l'apprentissage collaboratif en direct ou en différé entre les élèves.
  • Coproduction et traduction du cours Entretien des arbres et arbustes avec la compagnie de production de produits multimédias Micro-Intel. Dans ce projet, les deux partenaires étudient particulièrement les possibilités de formation à distance qu'offre le cédérom.
  • Coproduction et diffusion du cours d'anthropologie Peuples du monde, sur cédérom, avec le collège des Grands Lacs et la Société éducative de l'Île-du-Prince-Édouard. L'expérience de développement en partenariat entre trois institutions de formation à distance est particulièrement intéressante dans ce projet. On y utilise intensivement les technologies comme outils de travail et de développement de cours à distance.
  • Coproduction et diffusion du cours IPMSH sur cédérom avec le CCDMD. Dans ce cas, il s'agit de développer un cédérom qui sera utilisé autant en classe par le professeur et les élèves en présentiel qu'en formation à distance où l'élève n'est pas directement en contact avec un enseignant.
  • Coproduction de services de formation à distance avec le consortium STÉFi et les cégeps de Jonquière et de Chicoutimi. Trois établissements collégiaux vont offrir des services de formation sur l'autoroute UBI de Vidéotron dans la région de Chicoutimi qui utilise particulièrement le téléviseur. Dans ce projet, il y a également une collaboration entre des établissements de tous les ordres d'enseignement pour offrir une uniformité dans le modèle de formation retenu.
  • Coproduction sur un projet visant la formation des enseignants des collèges sur les nouvelles technologies de l'information et des communications avec la Vitrine APO du collège de Bois-de-Boulogne, l'Institut maritime de Rimouski, Québec Téléphone et la compagnie Novasys. Ce projet subventionné par le Fonds de l'autoroute de l'information a pour but de développer un cours sur Internet visant à aider les enseignants des collèges à transférer leur expertise d'enseignant en présentiel, en enseignant à distance à l'aide des NTIC. Un cours de l'Institut maritime de Rimouski sert de cas pour l'étude du transfert en utilisant un système de visioconférence sur poste de travail avec partage d'applications logicielles.
  • Participation au projet NTIC Forêt avec le cégep de Rimouski, le Centre d'entrepreneuriat du Bas-Saint-Laurent et la commission scolaire de la Neigette. Dans ce projet, le CCFD apporte son expertise essentiellement sur l'inscription d'élèves en formation à distance.
  • Participation au groupe Technomédia avec le cégep Montmorency et la CECM. C'est autour d'un cours en administration que les trois partenaires partagent leurs connaissances et leurs compétences.
  • Participation au groupe Modulearn avec l'ACCC et plusieurs cégeps du Québec. Ce groupe réunit plusieurs collèges à travers le Canada pour développer et offrir en commun des services de formation.
  • Exploration pour la mise en place de centres d'accès aux technologies avec le cégep de Jonquière, le collège de Rosemont et Alex Informatique. Les partenaires étudient les besoins et doivent produire un devis technique d'implantation de laboratoires multimédias performants pour partager leurs ressources en NTIC et en donner l'accès à leurs clientèles respectives.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015