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 Numéro 84, Janvier 2014 
Exploiter des données ouvertes pour une activité synthèse de programme signifiante Version Imprimable  Version imprimable


Imed JARRAS, enseignant d'informatique, Cégep Limoilou  (Ce texte est paru initialement le lundi 4 novembre 2013 dans Profweb.)

 

 

Imed Jarras a suscité l’enthousiasme de ses étudiants en leur demandant de concevoir une application ayant une réelle utilité et en leur laissant la latitude de faire des choix. Il nous raconte son histoire.

Je suis titulaire du cours porteur de l’épreuve synthèse de programme en informatique de gestion depuis trois ans.

 

Au début, je définissais moi-même un projet que les étudiants devaient réaliser dans le cadre du cours. Ils faisaient du bon travail, mais, une fois le projet terminé, le fruit de leurs efforts se dirigeait… vers la corbeille. Même si les projets étaient instructifs et formateurs, les logiciels et applications qu’ils concevaient n’avaient pas d’utilité réelle. Les projets étaient basés sur des données fictives, et le travail visait à trouver une solution à un problème fictif.

J’ai voulu donner aux étudiants la possibilité de réaliser un projet qui serait plus signifiant pour eux et qui aurait une valeur plus durable. Par ailleurs, je suis fort intéressé par le Web, et je voulais l’intégrer davantage dans mon enseignement. C’est ainsi qu’un matin de 2012, après avoir reçu un courriel de la Ville de Québec, j’ai songé à utiliser les données ouvertes de cette ville pour mon cours.


MON PROJET D'UTILISATION DE DONNÉES OUVERTES
Les données ouvertes sont des informations que des organismes mettent gratuitement à la disposition du public, en bloc. Par exemple, la page de données ouvertes de la Ville de Québec fournit la liste des emplacements des toilettes publiques sur son territoire et celle des chantiers routiers (mise à jour quotidiennement). De telles données sont publiées par un nombre grandissant de villes, dont la Ville de Montréal. Les gouvernements du Québec et du Canada en publient aussi.

Depuis la session d’hiver 2012, je demande à mes étudiants de concevoir une application exploitant certaines données ouvertes de façon utile. Ils doivent faire preuve de créativité et trouver eux-mêmes, en équipe, une idée d’application.

Au moment de réaliser l’épreuve synthèse de programme, les étudiants ont déjà tous fait deux ou trois stages : ils ont de l’expérience, ont chacun développé une petite expertise dans certains domaines, et ils s’en servent pour choisir leur application.

Pour ma part, je valide leurs propositions de projets et leur fais des suggestions, je leur demande d’enrichir certains aspects si nécessaire. Dans ce cours, mon but est de les accompagner et de leur donner le moins d’aide possible pour qu’ils développent leur autonomie tout en collaborant avec des coéquipiers.


LE POINT DE VUE DES ÉTUDIANTS
Les étudiants aiment beaucoup le nouveau visage du cours. Ils trouvent les projets plus motivants, plus « le fun ». Ils travaillent plus fort que jamais et restent au cégep tard le soir. Ils aiment ce qu’ils font et se dépassent. Le fait que le projet soit basé sur des données réelles leur plait et les stimule.

En début de session, ils sont un peu nerveux à l’idée de devoir, au terme du projet, démontrer leur application lors de l’Expo TI – Villes du Québec en juin. Il s’agit d’un rassemblement de professionnels des technologies de l’information qui travaillent dans les municipalités du Québec. Ces personnes, ainsi que des étudiants, des chercheurs universitaires et des partenaires, présentent des réalisations d’intérêt en lien avec les technologies de l’information et l’informatique, l’information nuagique ou les médias sociaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la fin du cours, les étudiants doivent tenir un kiosque à cet évènement et présenter leurs projets respectifs aux visiteurs. En plus de valoriser leur travail, cela leur permet de discuter avec d’autres professionnels de l’informatique et de développer leur réseau de contacts, eux qui sont alors finissants et en recherche d’emploi. Bien qu’intimidés par l’idée au départ, ils trouvent finalement cette expérience très enrichissante.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au terme de la session (qui ne dure que 11 ou 12 semaines, l’horaire étant comprimé à cause de l’alternance travail-études), je ne m’attends pas à ce que les étudiants produisent une application « finie » et léchée.



Le travail de conception demande du temps. Cependant, dans le temps qui leur est imparti, ils doivent établir la base et cibler des pistes de développement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À la fin du cours, plusieurs étudiants expriment la volonté de poursuivre leur recherche sur leur application. Cependant, étant donné qu’ils font alors leur entrée sur le marché du travail, la plupart n’y arrivent pas. À ce jour, une seule équipe l’a fait, c’est déjà une réussite ! Il s’agit de l’équipe qui, en 2012, a développé l’application Parkmoi (disponible à parkmoi.com), qui indique les espaces de stationnement à proximité d’un lieu ciblé par l’utilisateur. Allez l’essayer !


UNE RÉUSSITE !
Je suis très satisfait du virage que j’ai fait prendre à mon cours. En laissant plus de liberté aux étudiants dans le choix de leur projet et en leur confiant un problème réel à résoudre, j’ai obtenu d’eux qu’ils s’investissent plus que jamais dans leurs apprentissages.

Quoi demander de mieux ?



 

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015