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 Numéro 83, novembre 2013 
Un groupe Facebook pour la supervision d'étudiantes en stage Version Imprimable  Version imprimable


Isabelle MAHEUX, enseignante et coordonnatrice des stages en Techniques d'éducation à l'enfance, Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue  (Profweb)

 

Son récit est paru dans Profweb.qc.ca le 9 septembre 2013. Vous pouvez consulter l’article en ligne1.


 

Lors de la session d’hiver 2013, j’ai eu l’idée de créer un groupe Facebook pour mes étudiantes de troisième année en techniques d’éducation à l’enfance, dans le cadre d’un cours lié à leur stage final. J’espérais qu’elles fassent preuve d’autant de motivation à partager leurs réponses à mes questions qu’elles en montrent au quotidien à commenter les statuts de leurs «amis», et je n’ai pas été déçue!

 

 

 

ÉTAPES DE RÉALISATION… C’EST TOUT SIMPLE!

Étant moi-même membre de la communauté Facebook, j’ai eu l’idée d’utiliser cet outil afin d’amener les élèves à partager les expériences vécues dans le cadre de leur stage. Le cours Supervision de groupe, dont j’étais titulaire, consiste en une rencontre hebdomadaire de deux heures. Dans ce cours, un des éléments de compétences est d’évaluer la qualité de sa démarche éducative. En partageant leurs bons coups et leurs défis, les élèves arrivent ensemble à trouver des solutions et à mettre en œuvre une pratique réflexive. À l’hiver 2013, comme je n’avais qu’un groupe de 20 élèves, j’ai saisi l’occasion pour tenter une expérience Facebook.


J’ai tout d’abord créé un groupe fermé sur Facebook: Les coups de cœur des futures éducatrices. Par la suite, j’ai présenté le groupe aux élèves. Toutes les étudiantes ont joint le groupe, ainsi que deux enseignantes du département. Mon but premier était d’amener les élèves à échanger et à partager leurs expériences de stage afin de s’inspirer du vécu des autres, de s’entraider et de développer une démarche réflexive.


Dans mon premier message sur le mur, j’ai demandé aux élèves de partager des photos de leurs réalisations (par exemple, du matériel conçu pour animer des activités). Au delà d’une trentaine de photos et de liens internet vers des sites proposant des activités qui ont été partagés… La technologie devenait un outil pédagogique permettant aux élèves d’échanger entre elles!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un message publié sur la page Facebook par l’une des étudiantes

 

 

 

DES RETOMBÉES TRÈS INTÉRESSANTES

LES ÉTUDIANTES S'INVESTISSENT DANS L'ACTIVITÉ

Graduellement, les élèves ont pris en charge le mur du groupe. Certaines ont lancé des appels à l’aide, car elles étaient en panne d’inspiration pour la planification de leurs activités. Quelques-unes ont mis des paroles d’enfants entendues au cours de leurs journées de stage. D’elles-mêmes, les élèves échangeaient en proposant leurs idées, leurs suggestions, et ce, avec des propos motivants. Le groupe Facebook est devenu un lieu d’entraide et d’échange. En classe, j’ai constaté que les stagiaires se prêtaient du matériel. Par exemple, les boîtes à explorer conçues par l’une des étudiantes pour les poupons ont intéressé les autres stagiaires travaillant auprès des enfants du même groupe d’âge. Un échange dans le monde virtuel venait de mener à un échange dans le monde réel!


SUIVI DE STAGE EN TEMPS RÉEL (OU PRESQUE)

Un autre aspect positif de l’utilisation du groupe fermé sur Facebook est qu’il permettait aux élèves d’émettre des commentaires ou des questionnements à la suite d’une observation effectuée pendant leur stage. C’était frais dans leur mémoire et elles pouvaient le partager rapidement. Auparavant, je demandais aux élèves de noter leurs questionnements pendant leur stage afin de les partager en classe. Même si je leur demandais de se préparer, elles ne l’étaient pas toujours. Maintenant, je peux utiliser le groupe Facebook, qui leur permet de laisser des traces.


Comme enseignante, mes tâches reliées à l’utilisation de Facebook consistaient principalement à lire les actualités sur la page environ deux fois par semaine. Je m’assurais que les partages étaient faits de façon professionnelle, que les commentaires émis étaient respectueux et utiles pour les autres. À certaines occasions, je posais des questions pour donner suite à un commentaire afin d’amener les élèves à réfléchir. Parfois, j’aimais le statut d’une élève ou encore je commentais sa proposition d’activités, sa réalisation ou son commentaire. Une fois, j’ai émis un commentaire afin d’amener une élève à se questionner à propos de la sécurité de son activité. À une autre occasion, j’ai dirigé les élèves vers un site proposant des idées d’activités. Ces discussions étaient personnalisées en fonction des besoins des élèves et aussi, de leurs questionnements. La technologie Facebook donnait lieu à des échanges interactifs.


À chacune de mes visites sur le mur du groupe, je m’assurais de lire tous les commentaires publiés. Cela n’exigeait pas beaucoup de temps et ce temps investi en valait la peine, car, souvent, ces commentaires m’inspiraient des activités d’apprentissage pour le cours suivant. Un outil technologique interactif, stimulant et inspirant pour ma préparation de cours.



UNE EXPÉRIENCE À RÉPÉTER

Cette expérience fut concluante. J’ai été témoin d’échanges intéressants et variés entre les élèves. J’ai constaté qu’elles faisaient preuve d’entraide. J’ai lu des commentaires d’étudiantes motivées, partageant des moments qui les avaient émerveillées comme futures éducatrices. Facebook est devenu un moteur de stimulation.


En préparant ce récit, je suis retournée sur la page du groupe. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que certaines élèves, maintenant des éducatrices formées, avaient continué d’écrire sur le mur ! Comme enseignante, je suis heureuse de constater qu’elles poursuivent leur partage. Je réfléchis maintenant aux nouvelles façons d’intégrer Facebook dans le cadre de mes autres cours.

 

 

 


1 http://www.profweb.qc.ca/fr/publications/recits/un-groupe-facebook-pour-la-supervision-detudiants-en-stage/index.html

 

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015