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 Numéro 83, novembre 2013 
Pédagogie de la collaboration et TIC Version Imprimable  Version imprimable


Yves MUNN, conseiller technopédagogique  (Vitrine technologie-éducation)

 

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© violetkaipa - Fotolia.com

 

À l’hiver 2013, dans le cadre d’un labo VTÉ1, la Vitrine technologie-éducation (VTÉ) et le Centre d’étude et de développement pour l’innovation technopédagogique (CÉDIT) ont animé un espace de travail et de rencontres virtuelles ayant pour objet de creuser un peu plus le thème de la collaboration au moyen des technologies en éducation.


Cette variante du concept de « laboratoire vivant » est une sixième édition pour la VTÉ. Ces rassemblements virtuels ne sont pas des formations, mais des lieux d’expérimentation, d’exploration et de documentation sur l’utilisation des outils des technologies de l’information et des communications (TIC) dans un contexte d’enseignement. Un labo VTÉ se déroule généralement sur une période variant de quatre à cinq rencontres en ligne, qui ont lieu toutes les deux ou trois semaines. Chaque rencontre est d’une durée de 90 minutes, au cours desquelles les participants sont invités à s’interroger sur les stratégies pédagogiques à utiliser avec les outils TIC et, dans ce cas-ci, à effectuer des expérimentations pour favoriser la collaboration en classe ou à distance entre pairs.

Pour assurer la qualité optimale des échanges dans le groupe, nous avions limité l’inscription à 20 personnes. Chacune devait s’engager, dans la mesure du possible, à participer à l’ensemble des étapes du laboratoire. Notre communauté de « laborantins collaborateurs » était formée d’enseignants, de conseillers pédagogiques et de membres d’organismes desservant le secteur collégial et universitaire québécois.

Entre le 12 février et le 26 mars 2013, une vingtaine d’intervenants en éducation supérieure ont ainsi partagé leurs découvertes et leur expertise. Ils ont coconstruit des documents en ligne et expérimenté des outils technologiques en infonuagique, comme Google Drive et Cmap Tools. Il s’agissait d’outils TIC avec lesquels la plupart d’entre eux avaient rarement travaillé. La VTÉ avait aussi hébergé un wiki2 afin de pouvoir répertorier tous les documents de référence, les consignes et rapports d’étapes, les aides à la tâche, etc., et d’encourager l’ajout de contenus par les participants. Le choix du wiki comme outil collaboratif pour ce labo VTÉ nous semblait évident, puisque son utilisation en éducation est généralement connue et bien documentée depuis son implantation3.  


Les rencontres d’étapes s’articulaient autour des quatre thèmes suivants :

  1. Pédagogie de la collaboration
  2. Écriture et partage de documents
  3. Partage de cartes conceptuelles
  4. Pratiques de collaboration à distance 2.0

 

 

1. PÉDAGOGIE DE LA COLLABORATION
Les participants ont été invités à répondre à un sondage éclair sur l’utilisation qu’eux-mêmes faisaient des technologies dans un contexte de collaboration. Près du quart du groupe (23 %) n’utilisait que très peu, voire pas du tout, les technologies pour collaborer. Le reste du groupe le faisait, entre autres, pour collaborer avec des collègues (41 %) ou à des fins pédagogiques (36 %).

 

 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

QU'EST-CE QU'UNE COLLABORATION RÉUSSIE ?
Pour profiter des expériences pédagogiques antérieures des participants, ces derniers ont été invités à partager sur le tableau blanc de la plateforme utilisée quelques éléments caractéristiques d’une collaboration réussie avec ou sans l’utilisation des technologies. La liste des caractéristiques nommées est la suivante : 


  • Une bonne collaboration s’observe par un gain en efficacité de temps et d’efforts.
  • Les interventions entre les participants sont nombreuses et riches en contenus.
  • La collaboration répond à un besoin commun, qui est partagé par les membres de l’équipe.
  • Une forme d’empathie est observée lors des interactions.
  • Les objectifs sont atteints et la tâche est réussie.
  • Les participants ont l’occasion d’apprendre sur eux-mêmes et de réfléchir dans une perspective métacognitive.
  • Le processus et le produit sont en harmonie, il y a partage d’information et de ressources entre les membres. Chacun contribue équitablement, et tous s’enrichissent mutuellement.
  • Le fruit de la collaboration permet un suivi en laissant des traces structurées et accessibles.
  • La gestion de l’équipe est considérée comme une tâche en soi pour que le résultat de la collaboration corresponde à la somme de l’équation 1+1=3.


Selon Daniel LaBillois, enseignant et chercheur au Cégep de la Gaspésie et des Îles et membre du CÉDIT, les caractéristiques rapportées par les participants sont très précises et riches. Pour définir une collaboration réussie, il suggère de se tourner vers un cadre de référence à jour et bien fait, rédigé par le Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) de l’Université Laval: Les pratiques collaboratives en milieu scolaire: cadre de référence pour soutenir la formation4


«Pour qu’il y ait une réelle collaboration, certains auteurs réfèrent à la nécessité d’un niveau d’interdépendance professionnelle, impliquant que les membres de l’équipe travaillent ensemble, partagent leurs connaissances, leur expertise, leurs expériences, leurs habiletés et leurs compétences individuelles dans le but de résoudre des problèmes communs5.»


L’accent doit être mis dès le départ sur l’identification d’un but commun pour réussir une collaboration, souligne Daniel LaBillois. 


CONDITIONS OU PRINCIPES D'UNE COLLABORATION RÉUSSIE

Les participants ont ensuite tenté de déterminer les conditions optimales ou les principes d’une collaboration réussie. L’une des principales conditions retenues est la suivante


  • Une volonté claire de tous les membres du groupe de collaborer et de partager les ressources vers l’atteinte d’objectifs communs qu’ils ont eux-mêmes clairement définis. 


Daniel LaBillois ajoute que la collaboration doit être volontaire. Si on l’impose, cela nuit au succès et aux autres conditions qui suivent. Il prend pour référence Interactions: Collaboration skills for school professionnals, de Friend & Cook (2010)6:


«Interpersonal collaboration is a style for direct interaction between at least two co-equal parties voluntarily engaged in shared making as they work toward a common goal7.»

«La collaboration nécessite la parité entre les participants. … Elle est basée sur la poursuite de buts communs8.» 


LaBillois souligne l’importance de la contribution de tous les membres d’une équipe par le partage de ressources, de tâches et de responsabilités, ce qui permet de mettre en place une appartenance et une zone de confiance mutuellement partagées. Pour référence, il cite Friend & Cook (2010)9


«La collaboration requiert le partage des responsabilités. … Les individus qui collaborent partagent leurs ressources. … Les individus qui collaborent estiment et valorisent ce mode d’interaction interpersonnelle. … La confiance mutuelle est présente au sein d’une équipe collaborative. … Un sentiment d’appartenance accompagne les individus qui travaillent en collaboration10.»


Les participants observent que d’autres conditions ne sont pas à négliger, surtout lorsque l’outil de collaboration est technologique:


  • Une planification et une organisation du travail à effectuer sont deux conditions essentielles au bon déroulement d’un travail collaboratif. 
  • Au moment de l’utilisation de la technologie, la bonne maîtrise de l’outil vient favoriser cette collaboration entre les membres. 
  • Les outils doivent être bien choisis, adéquats pour l’atteinte des objectifs, conviviaux et simples d’utilisation. 
  • La reconnaissance des forces et la complémentarité des expertises dans un groupe de travail doivent être mises au service de la réalisation de tâches significatives.
  • Sur le plan des habiletés personnelles de chacun des participants, l’ouverture d’esprit, la qualité de l’écoute à l’oral et à l’écrit ainsi qu’une bonne volonté et une implication de tous sont nécessaires.


COLLABORATION… OU COOPÉRATION?

Collaborer à l’aide des technologies représente tout un défi autant pour les enseignants que pour les étudiants. La culture de collaboration et de partage dans laquelle nous avons évolué jusqu’à tout récemment se pratiquait essentiellement, dans certains cas, au cours de rencontres de travail en temps réel et en présence physique des collaborateurs. Dans d’autres cas, les travaux d’équipe pouvaient aussi résulter d’une mise en commun de travaux accomplis individuellement. 


Selon LaBillois, en plus de la bonne volonté, il faut développer une habitude de collaboration. Il cite notamment un article de Christine Vaufrey, publié sur Thot Cursus: Éviter la frustration dans les groupes de travail en FOAD11,12:


«Cette culture du partage du work in progress n’est absolument pas naturelle, surtout chez des apprenants qui ont été élevés dans la culture du “chacun pour soi” que l’on rencontre encore si fréquemment à l’école. Ce n’est pas la bonne volonté qui leur fait défaut, c’est l’habitude13.»


Dans une perspective centrée sur les apprentissages en équipe, il est important de distinguer collaboration et coopération. 


  • La collaboration implique de travailler ensemble tandis que la coopération implique de s’entraider. La collaboration va plus loin que la coopération, le niveau d’engagement n’est pas le même. 
  • Dans un contexte de coopération, chacun des membres d’une équipe fait une partie de la tâche alors que dans un contexte de collaboration, tous contribuent et travaillent à la même tâche. Les cibles, les visées ne sont pas les mêmes. La collaboration peut nécessiter une implication sur une plus longue durée.


Dans un contexte de travail à distance, la collaboration peut être perçue comme asymétrique, ce qui n’est pas souhaitable. À ce sujet, Vaufrey (2012) affirme:


« … de récentes expériences nous montrent que le choix des outils de travail s’avère crucial pour minorer le sentiment de frustration qui peut empoisonner un travail de groupe à distance. …  

«Il est donc tout à fait intéressant d’utiliser des outils de production en ligne: outils de traitement de texte, de réalisation de cartes mentales et autres schémas, etc. Et surtout, de partager les travaux en cours, dès le début14.»


STRATÉGIES PÉDAGOGIQUES QUI FAVORISENT LA COLLABORATION

Daniel LaBillois, qui est coauteur du rapport de recherche et du Guide d’implantation. Pédagogies actives15 au Cégep de la Gaspésie et des Îles, privilégie, pour favoriser la collaboration, quelques stratégies pédagogies dites «actives». Le guide, téléchargeable en format PDF16, présente les fiches descriptives et les démarches de stratégies suivantes:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les participants ont également partagé d’autres méthodes et moyens qu’ils ont déjà utilisés et qui suscitent une bonne collaboration de la part des étudiants:

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES PRATIQUES COLLABORATIVES EN MILIEU SCOLAIRE 

Certaines différences de comportement ont été observées par les participants sur le plan des habitudes de collaboration d’un programme collégial à un autre. Par exemple, la situation en Sciences de la nature a été jugée un peu plus difficile et plus compétitive, notamment en lien avec les exigences de la cote R: la collaboration entre étudiants se croyant en concurrence est plus ardue à instaurer. 


L’enjeu des contributions asymétriques est un élément qui revient constamment dans un contexte de pratiques collaboratives. Il faut que les membres d’une équipe de travail réalisent individuellement et rapidement que chaque contribution est une «plus-value» pour l’ensemble du groupe. Par exemple, un participant a relaté que lors d’un projet en écologie dans son collège, des données statistiques étaient rassemblées par tous les étudiants de la classe. Cette expérience ne prenait un sens que si l’on mettait en commun l’ensemble des données de toute la classe. Dans ce cas, l’utilisation de Google Apps17 pour collaborer à plusieurs sur un même chiffrier était devenu un facteur intrinsèque pour l’atteinte des objectifs. La collaboration a ensuite été évaluée par l’enseignant et par les pairs. Parfois, l’utilisation d’un forum de discussion en ligne destiné aux étudiants permet aussi de cerner des problèmes de contributions asymétriques et de trouver des solutions assez tôt dans le processus de travail.


Certains étudiants arrivent au collégial avec de bonnes habitudes de collaboration développées au secondaire. On constate qu’ils continuent à les développer lorsqu’ils se retrouvent en classes d’apprentissage actif pour des cours en physique et en mathématiques. Ce type de pédagogie active contribue à favoriser la collaboration entre étudiants.


CE QUE CERTAINS PARTICIPANTS RETIENNENT DE LA PÉDAGOGIE DE LA COLLABORATION

Voici quelques extraits du wiki décrivant ce que retiennent certains participants de cette première étape du laboratoire sur la collaboration:


  • «Il faut bien motiver les participants pour les amener à collaborer.» G. Halladjian
  • «Un contexte de compétition (avec la cote R, par exemple) peut limiter la collaboration. L’évaluation peut la favoriser.» C. Reverd
  • «Il faut insister sur la valeur ajoutée de la collaboration et les avantages pédagogiques du travail d’équipe. Il faut développer progressivement cette habitude et aider les participants (étudiants) à «apprivoiser» cette démarche.» B. Gagnon
  • «La collaboration ou la coopération me semblent être des synonymes au sens de leur utilisation pédagogique. Il est difficile de qualifier ce que les étudiants font actuellement dans les travaux d’équipe, tant au collégial qu’à l’université. Je ne crois pas que la contribution parcellaire (intro, chap.1... conclusion et mise en forme) soit ce que l’on attend comme compétence à développer. C’est pourquoi la planification des activités doit prévoir un temps pour l’apprentissage de cette compétence à collaborer. Plusieurs  arguments de disponibilité (temps et locaux) ne tiennent plus grâce aux technologies. De plus, le monitoring est plus facile de la part de l’enseignant pour corriger des comportements et favoriser  une réelle collaboration. La première source d’apprentissage étant l’imitation, peut-être faudrait-il que les enseignants développent les contenus et les activités en collaboration en utilisant les outils technologiques de partage d’information et en démontrant une réelle approche programme où il est possible de suivre les traces du développement des compétences tout au long de la formation.» C. Martel
  • «Le travail en équipe, ça s’apprend, même dans des contextes hautement compétitifs. Aussi: l’un des premiers critères de réussite du travail collaboratif, celui d’une participation volontaire, n’est pas nécessairement donné d’avance dans les cadres formels d’apprentissage (ex.: travaux qui sont l’objet d’une évaluation certificative). Les travaux d’équipe sont souvent imposés. Ils peuvent être bien accueillis comme l’inverse. Un travail sur les perceptions, d’entrée de jeu, me semble alors souhaitable.» A. Beaudin-Lecours



2. ÉCRITURE ET PARTAGE DE DOCUMENTS 

La deuxième étape du laboratoire a permis de vivre concrètement une expérience d’écriture en mode collaboratif et synchrone dans l’outil infonuagique Google Drive18. Les objectifs étaient de produire un document en moins de 35 minutes, en petites équipes de travail, et de le partager. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Sergey Nivens - Fotolia.com

 

 

Les participants ont été répartis en équipes de huit ou neuf personnes parmi trois sous-ateliers de la plateforme en ligne utilisée pour la rencontre. Leur mission: remplir une grille d’analyse d’outils d’écriture qui comportait certains critères permettant de juger des fonctionnalités disponibles. Parmi ces critères, on comptait, par exemple, la présence ou l’absence d’une section clavardage ou d’une section commentaires, la possibilité de visualiser l’historique des modifications, la possibilité de faire du partage d’écran, la facilité d’utilisation et l’ergonomie, le partage de documents, les avantages et les inconvénients. Au besoin, les grilles pouvaient être modifiées ou bonifiées par les participants. Une synthèse de l’ensemble des travaux des trois équipes est présentée dans un document accessible en ligne: Synthèse de l’activité d’écriture en mode collaboratif 19.


Les participants ont ensuite formulé leurs commentaires sur l’expérience de collaboration vécue en mode d’écriture. Les observations ont servi de pistes de réflexion sur la préparation et la planification future d’activités pédagogiques. Un avantage est indéniablement la mise en commun des informations sur un seul et même document. Comme l’utilisation de l’écriture collaborative en mode synchrone ou asynchrone comporte un haut potentiel pédagogique pour la «classe active» et la «classe inversée», l’expérimentation a permis aux participants de se faire une meilleure opinion de l’efficacité des outils technologiques de collaboration. 


La planification est un autre aspect que l’on doit prendre en compte pour assurer la réussite d’une activité d’écriture en mode collaboratif. Les enseignants doivent prévoir le temps nécessaire pour préparer techniquement la création des comptes d’utilisation et des documents modèles à créer et à partager. 


La taille des équipes de travail a également été mentionnée comme un élément important à considérer pour ce type d’activité. Un participant a envisagé, par exemple, de former des équipes de cinq personnes ou moins en plus d’alterner entre les modes synchrone et asynchrone.


Enfin, ces outils technologiques ont également un potentiel d’utilisation fort intéressant pour le travail à distance. Des participants ont affirmé distinguer plus facilement des services tels que Google Drive pour la collaboration avec un certain espace de stockage, des services infonuagiques comme Dropbox20, qui sont plutôt pensés pour le stockage, le partage de fichiers volumineux et la conservation des données. La collaboration avec ce service se réalise donc moins directement.


CE QUE CERTAINS PARTICIPANTS RETIENNENT DE L'EXPÉRIENCE D'ÉCRITURE COLLABORATIVE

Voici quelques extraits tirés du wiki du laboratoire:


  • «Des possibilités incroyables me sont offertes par ces outils. J’y vois un grand intérêt pédagogique. Je pense aussi à une autre utilisation lors de mes déplacements au Québec et à l’extérieur du pays autant dans ma vie professionnelle que personnelle.» M. Gendron
  • «La flexibilité des outils collaboratifs donne beaucoup de liberté à l’enseignant voulant les intégrer à ses cours. Par contre, il doit redoubler de prudence dans la planification de l’activité et la préparation des apprenants, ainsi que vérifier dans son contexte de pratique (notamment en milieu institutionnel) les politiques en vigueur en lien avec le stockage et l’accès à distance des contenus.» M. Couture
  • «Que de potentiel d’apprentissage une fois que l’étudiant maîtrise ces outils! Il est important de procéder graduellement, de bien planifier l’activité, d’avoir des attentes en lien avec les compétences à développer. Ce sont des outils qui se prêtent bien à l’évaluation formative.» C. Martel



3. PARTAGE DE CARTES CONCEPTUELLES 

En troisième étape du laboratoire, les participants devaient utiliser le logiciel gratuit CMap Tools21 en mode d’écriture collaborative pour aller au-delà d’une utilisation en solo de la conception d’une carte conceptuelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La majorité des participants avaient déjà eu recours aux cartes conceptuelles dans leur pratique, mais seulement le quart l’avaient déjà fait en mode collaboration. Les principaux outils utilisés antérieurement par les participants étaient les suivants: Freemind, Lucidchart, Power Point, Word, Inspiration, Cmap Tools, Omnigraff. 


CARTE HEURISTIQUE OU CARTE CONCEPTUELLE

Avant de commencer les travaux d’équipe, Nathalie Lefebvre, du CÉDIT, nous a fourni quelques explications afin de mieux distinguer une carte heuristique d’une carte conceptuelle. 


  • Dans une carte conceptuelle, les liens entre les concepts sont toujours présents, et la structure et l’organisation sont plus formelles. 
  • Dans une carte heuristique, les liens entre les concepts ne sont pas présents, et la structure et l’organisation sont plus spontanées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Photo_Ma - Fotolia.com

 

 

Chaque participant devait ensuite accéder au serveur du Centre collégial de développement de matériel didactique (CCDMD), puis se connecter au document de l’un des trois groupes pour pouvoir travailler de façon synchrone. L’interface de la plateforme du laboratoire a permis de préserver un lien de communication audio pour pouvoir plus facilement coconstruire en ligne et pallier les difficultés plus techniques.


Cette fois-ci, la mission de chacun des groupes de travail était d’élaborer, en 40 minutes, un schéma de concepts autour de la question de départ suivante: Comment envisagez-vous la collaboration à l’aide des schémas avec vos étudiants ou vos collègues?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Carte conceptuelle

 

 

La carte conceptuelle représentée à la page suivante recoupe toutes les informations des trois cartes réalisées au cours de cette étape de laboratoire: Synthèse des applications pédagogiques22.


Lors du retour sur l’expérience tous ensemble, les participants ont affirmé que les liens sémantiques de la carte constituaient une réelle valeur ajoutée sur le plan pédagogique. Cmap Tools est cependant un outil technologique plus complexe à manipuler, surtout en mode de collaboration synchrone. Il faut initier graduellement les participants à son utilisation. Certains, dans le cadre de ce laboratoire, n’ont pas réussi à se connecter à leur groupe de travail. On recommande de démarrer l’utilisation de cet outil de façon individuelle pour bien comprendre son fonctionnement. C’est un exercice vraiment complexe lorsqu’il est réalisé en équipes, lesquelles devraient comprendre entre trois et cinq personnes au maximum. Cela nécessite de mettre en place des règles et des rôles à établir entre les membres de chaque équipe.


«La valeur pédagogique de cet outil semble résider plus dans le processus de réalisation de la carte que dans la carte elle-même, qui a surtout une valeur pour ses créateurs. L’enseignant doit faire réaliser des cartes par ses étudiants. “Imaginez une familiarisation avec l’outil dès la première session”, a affirmé l’un des participants. Imaginez la valeur ajoutée en deuxième et troisième année, alors que les étudiants deviennent experts avec cet outil.» 



CE QUE CERTAINS PARTICIPANTS RETIENNENT DE L'UTILISATION DE CMAP TOOLS

Voici quelques extraits tirés du wiki du laboratoire:


  • «Ceci demande un plan de travail. Est-ce que tout le monde doit pouvoir travailler en même temps dans la même carte? La technique doit suivre... Il faut, bien entendu, un plan B.» M. Gendron
  • «Les outils de collaboration sont performants. J’ignorais qu’on pouvait travailler en collaboration (en mode synchrone) avec Cmap. Le travail en groupe avec ces outils demande une gestion d’équipe. Des outils comme le clavardage ou la visioconférence (Hangout23 ou Skype24) m’apparaissent fort intéressants pour favoriser la communication directe entre les membres d’une équipe lors de la rédaction (création) collective d’un document, d’une carte conceptuelle ou d’une carte heuristique. Les étudiants ont tendance à faire leurs travaux en équipe selon le principe “chacun fait sa partie”, habitude qu’il faut modifier par l’interactivité commune, d’où l’importance de leur montrer comment faire pour gérer un travail d’équipe véritablement collaboratif où “tout le monde fait tout ensemble”.» B. Gagnon
  • «Les étudiants développent les habitudes de travail qui sont payantes pour les notes. Il faut changer cette attitude tôt dans le programme de formation. C’est une démarche concertée (collaborative) préalable des enseignants d’un département ou d’un programme qui peut venir à bout de ce changement de comportement. Seules les technologies nous permettent de monitorer les progrès de cet apprentissage à la collaboration que nous voulons développer chez les étudiants. Nos scénarios pédagogiques  doivent être planifiés plus finement et améliorés en fonction d’une rétroaction rigoureuse. Ça semble une perte de temps sur le précieux contenu, mais il est rentable de le faire pour outiller les étudiants et les mettre en action sur leur apprentissage.» C. Martel


4. PRATIQUES DE COLLABORATION À DISTANCE 2.0

Lors de la quatrième et dernière étape du laboratoire, nous avons tenté de cibler quelques bonnes pratiques professionnelles qui favoriseraient la collaboration à l’aide des outils technologiques. Pour coconstruire un document de référence, deux équipes de travail ont été formées. La répartition des participants dans ces équipes s’est faite selon leur choix personnel d’approfondir l’expérimentation de Google Drive ou celle de Cmap Tools.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Robert Kneschke - Fotolia.com

 

 

Chaque équipe devait répondre aux trois questions suivantes


  1. Décrivez votre meilleur coup et son contexte de collaboration (avec ou sans technologie).
  2. Nommez les conditions de réussite et les écueils que vous avez rencontrés.
  3. En tenant compte de ce que vous avez vu dans les différents labos, nous voudrions savoir quelle expérimentation vous seriez tentés de mettre en place dans les trois prochains mois.


S’en est suivie une compilation des éléments mentionnés, qui ont permis de repérer  quelques bonnes pratiques significatives à vérifier lorsqu’il est question de la collaboration à l’aide des technologies.


DE BONNES PRATIQUES À PRÉVOIR DU CÔTÉ TECHNOLOGIE...

Le choix d’un outil technologique pour favoriser la collaboration peut dépendre de plusieurs variables techniques que l’on doit prévoir:


  • Est-ce le bon outil pour les besoins présents, pour le contexte de collaboration, pour les acteurs concernés et compte tenu des infrastructures techniques?
  • La facilité d’utilisation est-elle acceptable pour le type de collaboration visé?
  • Est-ce qu’un accès Internet est prévu, et la disponibilité de la bande passante est-elle suffisante pour l’implication demandée de la part des utilisateurs?
  • L’autorisation et l’accès au document en mode collaboratif sont-ils trop complexes à réaliser?
  • La sauvegarde des documents est-elle sécurisée? Est-il possible de revenir à des versions antérieures d’un document?
  • De l’aide de dépannage technique est-elle disponible au moment de la collaboration?
  • Si le plan A ne fonctionne pas tel qu’il était prévu, quelles sont les stratégies technologiques de rechange pour les plans B, C, D…?


DE BONNES PRATIQUES À PRÉVOIR DU CÔTÉ DE L'ACCOMPAGNEMENT PÉDAGOGIQUE...

Les bonnes pratiques d’accompagnement pédagogique nécessitent de se questionner sur les éléments suivants


  • Les consignes fournies sont-elles précises et claires? Il faut différencier les consignes techniques des consignes pédagogiques, dans un document en ligne.
  • Une attribution des rôles des membres d’une équipe pour la tâche à accomplir et lors du déroulement d’une rencontre synchrone a-t-elle été prévue?
  • Quels sont les interventions nécessaires et le protocole prévu en cas d’interactions inégales ou inadéquates entre les membres des équipes?
  • La gestion de l’organisation, du temps et des séquences des apprentissages synchrones et asynchrones est-elle adéquate?
  • La structuration du travail à accomplir en mode synchrone (plan, scénario, travaux, présentation...) est-elle réalisable?
  • L’objectif commun pour réaliser la tâche en mode collaboration est-il clair?
  • Quelles sont les disponibilités de l’enseignant pour assurer un suivi serré des travaux et de leur déroulement?
  • Certains membres des équipes de travail ont-ils besoin de plus de soutien?
  • Est-il nécessaire de construire des gabarits de travail? Sont-ils clairs et bien structurés?
  • Y a-t-il des équipes de travail à réduire pour ne pas excéder cinq ou six personnes au maximum?
  • Est-ce que sont prévus des outils de support pédagogique accessibles tels que aide-mémoire, aide à la tâche, outils en ligne?
  • Un code de conduite éthique est-il prévu? (nétiquette, respect des droits d’auteurs, façon de citer...)?
  • Quel est le moyen retenu pour conserver une trace des échanges?
  • L’estimation du temps investi dans le projet – temps de correction, temps pour déterminer des moments de collaboration,  etc. – est-elle adéquate
  • Les grilles ou les fiches d’évaluation (objectifs, niveaux d’atteinte des compétences...) sont-elles assez précises et bien comprises par l’étudiant?


DES BONNES PRATIQUES À PRÉVOIR DU CÔTÉ DES UTILISATEURS ET ACTEURS DE LA COLLABORATION...

Voici une liste des conditions qui favorisent la collaboration dans un contexte d’utilisation d’outils technologiques:


  • Possibilité de se prononcer de façon anonyme lorsqu’il est question de donner une opinion, et ce, afin de favoriser la libre expression et la participation.
  • Rappel du rôle de certains participants en lien avec leur statut professionnel.
  • Écoute et participation active des partenaires, des collègues, des étudiants, etc.
  • Intérêt pour l’utilisation de la technologie, pour le travail en équipe et pour la collaboration.
  • Exécution du travail requis entre les rencontres par respect pour les autres collaborateurs.
  • Mise de côté de son ego.
  • Rapport de confiance entre les membres de l’équipe.
  • Partage de son expertise.
  • Adhésion à un but commun – objectif ou cible de travail.
  • Évaluation des compétences numériques des utilisateurs.
  • Formation préalable à l’utilisation de l’outil pour les collaborateurs qui en ont besoin.
  • Prise en compte des craintes de certains participants concernant l’utilisation des technologies.


RETOUR SUR L'EXPÉRIENCE DU LABO VTÉ-CÉDIT

Tous les participants prévoient qu’à la suite des expérimentations de ce laboratoire25, ils devraient bénéficier des retombées collaboratives des TIC dans leur pratique respective. Plusieurs se sentent mieux outillés et prêts à parler de leur expérience à leurs collègues et même à utiliser les outils expérimentés dans leur cours avec leurs étudiants. Voici quelques remarques tirées du formulaire d’évaluation de ce laboratoire:

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 


 

  • «J’utilisais déjà ces outils, mais ces ateliers m’ont donné le goût de les intégrer davantage dans mes comités et groupes de travail.»
  • «Je vais expérimenter Google Documents et la création de cartes conceptuelles avec mes étudiants dans un cours en formation à distance et dans un autre cours en présentiel. Je pourrai aussi montrer ces outils aux enseignants et chargés de cours.»
  • «Je connais bien les outils collaboratifs (leurs fonctions), mais ce sont les différents contextes d’utilisation qui me donnent des idées nouvelles! J’ai glané quelques expériences inspirantes... (ex.: utilisation d’un forum anonyme pour les sujets sensibles).»
  • «Comment utiliser les outils collaboratifs ou en favoriser l’utilisation avec des personnes qui n’en font pas usage habituellement? Le labo m’a offert quelques pistes de réponse. Encore une fois, j’imagine plusieurs usages, mais je dois peaufiner les stratégies.»


Qu’en est-il vraiment de l’intégration des outils de collaboration dans la pratique? Un deuxième sondage26 effectué quatre mois plus tard indique que, pour la plupart des répondants, c’est l’utilisation de Google Drive qui semble le plus facile à intégrer pour le partage de documents et la collaboration en tant que telle. Le manque de temps et le sentiment d’aisance avec un outil sont deux facteurs invoqués comme obstacle à l’intégration dans les pratiques.


«En fait, je ne suis pas encore suffisamment confiante avec ces technologies (Google+, Dropbox, CMap Tools, etc.) pour les enseigner à mes étudiantes. J’ai intégré à mon cours d’été des forums sur Moodle ainsi que le présentateur Prezi pour la rentrée, mais ça se limite à ça.»

«J’ai eu peu de temps à investir dans la maîtrise de ces outils.»

«Tout a bien fonctionné. Même pour des étudiants à distance, je n’ai pas eu de remarques négatives ou de problèmes signalés. J’irai plus loin au trimestre d’automne avec un autre groupe.»


ACTIVITÉ D'INTELLIGENCE COLLECTIVE ET DE COLLABORATION

La Vitrine technologie-éducation vous propose maintenant de poursuivre le travail réalisé lors de ce labo VTÉ-CÉDIT. Le document en ligne Vade-mecum 2.0 des bonnes pratiques de collaboration avec les technologies27 est ouvert à tous ceux et celles qui aimeraient y ajouter de bonnes pratiques. Puisqu’il demeure à la portée de tous en plus ou moins un «clic», nous l’avons intitulé vade-mecum, une expression en latin qui se traduit par «viens avec moi». Pour y collaborer ou pour simplement le consulter, il vous suffit d’accéder au document hébergé en infonuagique et d’y ajouter vos suggestions de pratiques. 

 

 


1 http://www.vteducation.org/fr/laboratoires/collaborer-avec-les-technologies   

Consulté le 3 septembre 2013

2 http://cedit.labovte.ep.profweb.qc.ca/index.php/Accueil 

Consulté le 3 septembre 2013

3 Le premier wiki a été implanté par l’informaticien Ward Cunningham au milieu des années 90: WikiWikiWeb http://c2.com/cgi/wiki?WikiWikiWeb 

Consulté le 3 septembre 2013

4 C. BEAUMONT, J. LAVOIE et C. COUTURE (2010), Les pratiques collaboratives en milieu scolaire: cadre de référence pour soutenir la formation, Québec, Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRIRES), Université Laval. http://crires.ulaval.ca/sites/crires/files/roles/membre-crires/guide_sec_nouvelle_version.pdf 

Consulté le 3 septembre 2013

5 Ibid., p.5

6 M. FRIEND et L. COOK (2010), Interactions: Collaboration skills for school professionnals (6e  éd.), New Jersey, Pearson Education

7 Id., cités dans BEAUMONT, LAVOIE et COUTURE (2010), p.6.

8 Ibid., p.7-9.

9 Id., op. cit.

10 Id., cités dans BEAUMONT, LAVOIE et COUTURE (2010), p.7-9.

11 NDLR-FOAD: Formation ouverte et à distance

12 C. VAUFREY (2012), Éviter la frustration dans les groupes de travail en FOAD. Document téléaccessible : http://cursus.edu/dossiers-articles/articles/18493/eviter-frustration-dans-les-groupes-travail/. Mis à jour le 26 septembre 2012 et consulté le 3 septembre 2013.

13 Ibid., p.4.

14 Ibid., p.4.

15 L. ARSENAULT, D. BÉDARD et D. LaBILLOIS (2011), Guide d’implantation. Pédagogies actives, Rapport de recherche et guide d’implantation, Carleton-sur-Mer, Québec.

16 Document téléchargeable sous format PDF à cette adresse: http://www.unevoc.unesco.org/fileadmin/user_upload/docs/Guide_dimplantation_Pedagogies_actives_Decembre_2011.pdf

17 Google Apps for Education : http://www.google.com/enterprise/apps/education/products.html

18 http://www.google.com/intl/fr/drive/about.html

19 Document produit en mars 2013 et disponible en mode consultation sur Google Drive: https://docs.google.com/document/d/1iLo7kcYEkF1QttODjqv5Bs856sCOeAyEDUs1hiEwsaQ/edit?pli=1

20 https://www.dropbox.com/

21 http://cmap.ihmc.us/download/

22 Pour accéder à cette carte, utilisez le lien suivant: http://cmap.ccdmd.qc.ca/rid=1LKRJPR7D-W64Y1Q-DQ/Carte%20synth%25C3%25A8se.cmap

23 http://www.google.com/+/learnmore/hangouts/?hl=fr

24 http://www.skype.com/

25 Mai 2013

26 Septembre 2013

27 Pour accéder au document, utilisez cette adresse ou communiquez avec nous: https://docs.google.com/document/d/1MWHbmh80Il1e7qb0_ZSLMGYZQWLuTkajFbwLHP0wB9E/edit?usp=sharing

 

 

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