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 Numéro 81, Janvier 2013 
La prise de notes : un savoir-faire à reconnaître dans le secteur technique Version Imprimable  Version imprimable


Isabelle Delisle, conseillère pédagogique TIC du Cégep de Lévis-Lauzon et Mario Tardif, enseignant et coordonnateur du Cégep de Lévis-Lauzon  (Profweb)

 

 

La prise de notes est un acte qu’il faut valoriser auprès des étudiants. C’est un geste qu’on associe généralement aux études, mais dont l’importance est cruciale en tant qu’acte professionnel dans le secteur technique. Mario Tardif en fait la démonstration à la ferme-école du Cégep de Lévis-Lauzon. L’influence d’une pratique modernisée de la prise de notes sur les pratiques de gestion se fait sentir jusque dans les milieux professionnels !

 

 

CONTEXTE PROFESSIONNEL

Le type d’informations que les agriculteurs doivent consigner va des dates de renouvellement des fournitures courantes à l’archivage d’événements survenus dans l’année. Malgré les technologies de pointe dotant les entreprises de données électroniques détaillées et l’organisation des secteurs de production au moyen de registres, le mode de consignation reste encore artisanal sur la ferme. Peu de choses semblent avoir changé depuis 1841, date de parution du Traité élémentaire de l’art du cultivateur, où l’on introduisait le carnet de notes !

S’il existe ici et là des registres « maison » et certaines habitudes de consignation, la prise de notes reste, de façon générale, inadéquate. Pourtant, la bonne marche des opérations d’entretien et de réparation même mineures dépend souvent de la précision des informations relevées !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La communication présentée au 32e Colloque de l’AQPC (juin 2012) décrit en détail l’expérience1

 

 

CONTEXTE PÉDAGOGIQUE

La prise de notes constitue une part importante du travail d’un gestionnaire d’entreprise agricole. Celui-ci doit effectuer le suivi des activités en consultant les registres, en y consignant des données, en guidant ses propres employés dans l’exercice et en organisant un système de notation adapté aux besoins. Ces savoir-faire sont intégrés à plusieurs compétences dans les devis ministériels du programme. Or, la bonne tenue des registres reste encore déficiente tant dans son expression scolaire, la prise de notes, que dans les pratiques professionnelles des gestionnaires agricoles.

Nous nous sommes donc interrogés sur les améliorations à apporter.

 
STRATÉGIE

En nous appuyant sur le principe que la prise de notes s’apprend et s’enseigne, nous avons choisi de créer un contexte authentique incitatif. Nous avons simulé un moment de la vie d’une entreprise où la bonne tenue des registres compte! Notre hypothèse : la reconnaissance de l’importance de l’acte se ferait tout naturellement en plaçant l’activité dans un contexte professionnel.


Le projet d’entreprise-école permettait également de se mesurer à la grande variété des modes de fonctionnement des entreprises agricoles sur le plan de la collecte et de la mise en commun des données. Il fallait tenir compte de l’absence d’expérience de gestion des étudiants et du peu d’enthousiasme légendaire des agriculteurs envers tout ce qui est écriture ou registre !

 
CADRE FAVORABLE

L’objectif de planifier et d’effectuer l’entretien des bâtiments, tiré du cours Entretien des bâtiments, nous donnait l’occasion rêvée.


Nous avions le site, un laboratoire, et le contexte, la prise en charge d’un projet de construction. Il nous restait à nous pencher sur les habiletés et attitudes à l’égard de la prise de notes. Nous en avons fait une responsabilité2 collective.

 
OUTILS CHOISIS

1. La tablette DigiMemo
Cette tablette graphique nous a permis d’actualiser les pratiques. Les informations notées à la main sur la tablette étaient transmises aux coéquipiers dans un fichier PDF3. Les notes inscrites devaient présenter certaines qualités rédactionnelles (précision et exactitude du vocabulaire disciplinaire) et répondre aux critères de pertinence quant aux réparations à faire, au choix de matériau, à la quantité requise pour les achats, etc.

2. La plateforme Google Documents

Cette plateforme, accessible à tous en ligne, s’est imposée, puisqu’elle permet d’assurer le suivi collectif. Le gérant ou la gérante de la semaine (ou responsable d’équipe) devait transcrire dans le registre commun de Google Docs les informations inscrites sur la tablette en triant les besoins recensés et en indiquant une action à faire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exemple de notes au registre commun réalisées avec Google Documents

 

BILAN
Afin d’évaluer l’intérêt de ces initiatives, nous avons distribué un questionnaire aux étudiants de première et de deuxième année. Nous voulions repérer les connaissances acquises, leur connaissance des situations, les outils et les différentes approches de suivi, et enfin, les gains observés (efficacité, précision, réflexes de prise de notes en laboratoire et en milieu agricole).

 

 

 

Notre pari de la situation authentique a fonctionné! Les étudiants ont développé une attitude professionnelle à l’égard de la prise de notes, et cela a eu des répercussions jusque dans le travail synthèse du cours.

Sont en effet apparues une préoccupation hebdomadaire à l’égard de la prise de notes (des moments sont attribués pour les prendre) et une aptitude à la planification. Des outils de notation ont été introduits à la ferme, et les notes des groupes initiaux laissées pour l’an prochain. Un modèle de registre à introduire dans les milieux de travail a aussi été proposé aux étudiants.

 

 


 

1 La vidéo paraît dans l’album Profweb du Monde en images : http://monde.ccdmd.qc.ca/
  ressource/?id=82525

2 Aucune pondération n’a toutefois été accordée à l’activité de prise de notes en cette première année d’expérimentation.

3 Un logiciel de reconnaissance optique de caractères pourrait les éditer en un document Word.

 

 

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 02/12/2014