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 Numéro 79, Avril 2012 
Une intégration pédagogique d'Antidote : pourquoi les étudiants en auraient-ils besoin ? Version Imprimable  Version imprimable


Émilie Lavery, animatrice de Profweb et enseignante de littérature et de français du Collège Édouard-Montpetit

 

 

Les facteurs se conjuguent pour proposer une intégration pédagogique réussie du logiciel Antidote dans les programmes d’études au collégial. Des modèles d’intégration ont été expérimentés. Les activités d’appropriation se multiplient. La capacité à réviser et à retravailler les textes est dorénavant un élément de compétence du programme de français de la formation générale. Et plus personne ne se demande si les étudiants en ont besoin. Alors, comment s’y prendre pour les aider ?

 

 

EN PROFITER DÈS LA PREMIÈRE SESSION!
Les projets Antidote sont généralement amorcés en début de parcours. Bien sûr! Les premières intégrations ont été faites, tout naturellement, dans les cours de renforcement en français langue maternelle (mise à niveau et centres d’aide en français ont été mis à contribution). Nous observons aussi plusieurs interventions en littérature.

 


L’établissement de priorités de correction, par degré de gravité de l’erreur, fréquence statistique ou analyses contextuelles (analyses partielles, analyses de phrase, alertes, ambigüités), renforce l’étudiant dans son rôle de réviseur en lui donnant plus de moyens pour l’exercer. Mieux! L’étudiant diversifie ses techniques. Il aborde le vocabulaire, dispose enfin de moyens pour l’étude de la syntaxe. Avec l’entrainement, il hausse ses propres degrés d’exigences. Plus intéressant : il observe combien ses difficultés d’énonciation interfèrent dans ses activités de révision.

Certains étudiants, en effet, ne parviennent à améliorer leur ratio qu’en travaillant en amont, aux étapes liminaires de la rédaction. L’énonciation, avec l’aide de dictionnaires aussi polyvalents que ceux d’Antidote, se traduit par de meilleurs textes.


TIRER SATISFACTION DE CE QUE L'ON CONNAIT

Entendons-nous : « L’achat de licences du logiciel Antidote pour tous les postes informatiques du Collège n’est pas une démarche qui garantit en soi l’amélioration de la qualité de la langue de la population étudiante1 », avertit un groupe de chercheurs2 du Collège Jean-de-Brébeuf dans son étude Outils virtuels et qualité de la langue3 (2011).


La promotion de l’outil ne suffit pas. Il faut assurer une formation adéquate des étudiants et libérer du temps en classe pour son utilisation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Katerine Deslauriers et Michel Pronovost présentent les conclusions de leur rapport PAREA lors d’un atelier pédagogique tenu dans le cadre du colloque4 de l’Association des collèges privés du Québec (ACPQ) en mai 2011

 

Le groupe de recherche insiste sur l’importance de :

a)  former les étudiants

Les étudiants connaissent peu les fonctionnalités avancées d’Antidote, même s’ils se servent parfois de l’outil depuis le primaire. Ils doivent également reconnaitre la nécessité d’une bonne connaissance de la grammaire pour faire les bons choix parmi les corrections proposées.

b)  former les enseignants et les inciter à mettre en application, en classe, les apprentissages effectués sur ces logiciels

En élaborant des scénarios pédagogiques adaptés à leur matière de cours, les enseignants joueront un rôle de promotion de la qualité de la langue, et ce, en fonction de leur discipline d’enseignement.

c)  former les membres désignés du personnel des centres d’aide offrant l’accompagnement technique et pédagogique pour l’utilisation de logiciels de correction

d)  soutenir la promotion des outils de correction à l’aide d’une campagne de valorisation de la langue française à l’échelle de l’établissement d’enseignement 


Au Collège Jean-de-Brébeuf5 et au Cégep de Victoriaville, l’intégration d’Antidote bénéficie d’un tel appui institutionnel.


EN VOIR LES EFFETS DANS SON PROGRAMME D'ÉTUDES

Au Cégep de Victoriaville, les recommandations du rapport PAREA (Outils virtuels et qualité de la langue), on les endosse! La conseillère pédagogique Nathalie Marier, responsable du dossier de la langue française au Cégep, forme les enseignants et les assiste. Le tutoriel ci-contre montre une des formes que revêt ce soutien :

 

 

 

 

 

 

Preuve6 d’utilisation du logiciel Antidote dans le cadre de cours de la formation spécifique7

 

Les exemples8 d’intégration sont nombreux au Collège :

 

  • En art et lettres, on exploite l’aide sémantique de la suite logicielle lors des activités de création du cours Initiation à la production littéraire.
  • Les enseignants du cours Espace québécois et méthodologie, en sciences humaines, intègrent deux activités d’apprentissage : l’une dédiée au correcteur et l’autre au prisme de révision (verbes absents, verbes ternes, phrases longues, charnières et répétitions). Pendant toute la première session du Passage au collégial (PAC), l’initiative est soutenue par les enseignants de la première année du programme, qui exigent une preuve des améliorations obtenues par la réécriture.
  • Au Service de la formation continue, dans le programme d’attestation en éducation spécialisée, trois des quinze heures d’enseignement de la formation grammaticale d’appoint offerte ont été réservées à Antidote.
  • L’intégration dans les programmes de sciences de la nature et dans la session d’accueil et d’intégration (SAI) http://www.cgpvicto.qc.ca/formation-collegiale/programmes-detudes/session-daccueil-et-dintegration.aspx passe par le PAC. Elle se manifeste concrètement par une petite introduction au logiciel lors d’une séance de cours et par des encouragements répétés à l’utiliser pour les rédactions.
  • Les enseignants du DEC en éducation spécialisée intègreront Antidote mobile aux outils communs de leur tablette électronique obligatoire. Ils développent actuellement quelques scénarios d’intégration.


Un vent tout aussi vif souffle sur le Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue. La conseillère pédagogique TIC Marie-Josée Tondreau supervise le processus d’intégration dans le programme de techniques policières. Elle assiste également des enseignants et des étudiants de la formation générale en français, d’art et lettres profil cinéma, de techniques d’éducation spécialisée, notamment. Ses guides (débutant ou intermédiaire) et son tutoriel circulent.

Une réflexion sur le sujet ne devrait-elle pas être entreprise dans nos collèges ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

1 Monique CARON-BOUCHARD, et autres, Outils virtuels et qualité de la langue, PAREA, Collège Jean-de-Brébeuf, 2011, p. 188.

2 Monique CARON-BOUCHARD (professeure de sociologie), Katerine Deslauriers (professeure de philosophie), Carl Perrault (professeur de littérature et de français), Michel Pronovost (professeur de biologie) et Caroline Quesnel (professeure de littérature), Collège Jean-de-Brébeuf.

3 Observons que cette recherche, subventionnée par le Programme d’aide à la recherche sur l’enseignement et l’apprentissage (PAREA), a tenté de déterminer l’influence de l’utilisation de correcticiels et de guides de référence virtuels sur la qualité de la langue auprès d’étudiants du collégial tant en formation spécifique que générale.

4 La communication figure dans la chronique de Profweb et dans le répertoire Le monde en images (CCDMD)

5 Par le projet Magellan.

6 Le document a été déposé dans le répertoire Le monde en images (CCDMD).

7 Les enseignants font généralement imprimer le texte dans son état initial, puis dans son état final. Toutefois, dans certaines situations pédagogiques, La preuve est préférée.

8 Lire à ce propos dans Correspondance : L’intégration du logiciel Antidote dans un programme préuniversitaire, volume 15, numéro 3, mars 2010.

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