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 Numéro 77, octobre 2011 
Intérêt et indicateurs de réussite Version Imprimable  Version imprimable
dans les cours technologiques du Cégep@distance

Dominic Leblanc, conseiller pédagogique du Cégep@distance  (Cégep@distance)

En 2011, la formation à distance offerte par les établissements d’enseignement, collégiaux ou autres, ne se résume pas à l’envoi d’un cartable contenant le matériel du cours (recueil de texte, guide pédagogique, cahier d’exercices, etc.), comme c’était le cas autrefois. De même, l’étudiant inscrit à des cours de formation à distance n’envoie plus nécessairement son devoir papier par la poste dans une grande enveloppe. Les technologies de l’information et des communications ayant révolutionné la formation à distance, le Cégep@distance a dû modifier le format de ses cours en conséquence. Et il semble que ce changement plaise aux étudiants.


COURS « TRADITIONNELS » ET COURS « TECHNOLOGIQUES »

Les cours offerts au Cégep@distance peuvent être regroupés en deux grandes familles : les cours « traditionnels » papier (option 10) et ceux plus « technologiques », dans lesquels une partie plus ou moins importante du cours exige l’utilisation d’Internet, ne serait ce que pour transmettre les devoirs (options 50, 60, 70 et 80). Alors que les cours traditionnels papier généraient 90,3 % des inscriptions-cours1 au Cégep@distance en 2003-2004, ils n’en généraient plus que 69,8 % en 2008-2009. À l’inverse, les inscriptions-cours dans les cours technologiques passaient de 9,7 % des inscriptions-cours en 2003-2004 à 30,2 % en 2008-20092.

 

Tableau 1
Figure 1 : Évolution des inscriptions selon le format de cours


Ce changement s’explique en partie par le fait que depuis quelques années, tous les nouveaux cours qui sont développés au Cégep@distance le sont en format technologique, délaissant graduellement le format traditionnel. Toutes proportions gardées, il y a donc une offre plus grande de cours technologiques.

Il reste tout de même qu’en 2008-2009, plus du tiers des inscriptions-cours générées l’étaient dans les cours traditionnels papier. Comment expliquer cette proportion considérablement élevée? Y a-t-il une demande persistante pour ce genre d’option? Les étudiants continuent-ils de préférer les cours traditionnels papier aux cours technologiques? Le questionnement est légitime et méritait qu’on s’y attarde.

Au Cégep@distance, entre 2004-2005 et 2008-2009, environ 9 cours crédités sur 10 n’étaient offerts qu’en option traditionnelle papier. Il était donc normal que les étudiants s’inscrivent davantage dans les cours traditionnels, n’ayant pas le choix 9 fois sur 10. On comprendra que cet état de fait ne constitue pas nécessairement le signe d’une demande persistante pour ce genre d’option, mais plutôt le constat que, la majorité du temps, les étudiants étaient obligés de s’y inscrire. Dans cet esprit, il nous apparaissait plus important de savoir si la demande pour des cours technologiques était en hausse plutôt que de savoir que si la demande pour les cours traditionnels persistait.


ÉVOLUTION DE LA DEMANDE POUR LES COURS TECHNOLOGIQUES DE 2004-2005 À 2008-2009
Entre 2004-2005 et 2008-2009, 29 cours3 du Cégep@distance étaient offerts simultanément en différentes options (une traditionnelle papier et une autre technologique).

On remarque que dans 27 de ces cours, pendant cette période, la proportion d’inscriptions dans l’option traditionnelle papier a diminué au profit de l’option technologique. Certaines variations sont modestes, mais la plupart sont assez significatives (voir le tableau 2).

Par exemple, dans le cours 340-FPJ-03 (Éthique et société), 32,2 % des inscriptions en 2004-2005 étaient  concentrées dans l’option technologique. Cinq années plus tard, en 2008-2009, cette proportion s’élevait à 57,4 %. Pendant cette même période, le pourcentage d’inscriptions dans l’option technologique du cours 387-203-FD (Les médias au cœur de la culture) est passé de 41,5 % à 69,8 %.


De 2004-2005 à 2008-2009, cette hausse de la proportion d’inscriptions dans l’option technologique est enregistrée dans plusieurs cours, notamment dans le 504-FPG-03 (Apprécier l’œuvre d’art, +30,0 %), 601-FPF-04 (Principes et procédés de la communication, +24,7 %), 601-103-04 (Littérature québécoise, +23,5 %) et 601-101-04 (Écriture et littérature, +18,7 %).

Le cours 410-123-FD (Vision globale de l’entreprise) est celui qui a enregistré la hausse la plus marquée. En 2007-2008, seulement 20,0 % des inscriptions étaient concentrées dans l’option technologique. Cette proportion a grimpé à 69,6 % l’année suivante.

En ce qui a trait aux deux cours qui n’ont pas connu de diminution de la proportion d’inscriptions dans l’option traditionnelle, le 201-NYB-05 (Calcul intégral) et le 340-102-03 (Philosophie et rationalité), des explications fort simples s’imposent.

L’option technologique du cours 201-NYB-05 (Calcul intégral) posait problème, puisque les calculs et formules mathématiques ne pouvaient être retranscrits sur Internet, alors que les devoirs ne pouvaient non plus être envoyés par Internet. Les étudiants étaient donc invités à s’inscrire à l’option traditionnelle. L’option technologique qui posait problème a été désactivée en juillet 2007 et, depuis août 2009, une nouvelle version technologique la remplace.

L’option technologique du cours 340-102-03 (Philosophie et rationalité) s’inscrivait dans le cadre du DEC Virtuel et différait de l’option traditionnelle. Dans les faits, il s’agit de deux cours différents et non d’un même cours offert en deux options.

La demande pour les cours technologiques est donc clairement en hausse au Cégep@distance. Lorsqu’ils ont le choix, les étudiants préfèrent généralement de plus en plus cette option plutôt que l’option traditionnelle. Mais performent-ils de manière comparable dans les options technologiques? Les indicateurs de réussite permettent de le vérifier.

 

Tableau 2

 

INDICATEURS DE RÉUSSITE
En 2008-2009, 29 cours étaient offerts à la fois en option traditionnelle et en option technologique. Pour comparer la performance des étudiants dans les deux options d’un même cours, nous avons utilisé le taux d’échec et le taux de réussite5. Ensuite, nous avons créé trois catégories.

La première catégorie regroupe les cours dans lesquels l’écart entre ces indicateurs était inférieur à 5 %. Un écart de 5 %, quoique subjectif, a tout de même été considéré comme une variation normale et probable. Ce sont donc des cours dans lesquels il est possible de prétendre que les étudiants performent de manière comparable dans l’option traditionnelle et dans l’option technologique.

Sur les 29 cours, 18 (62,1 %) entrent dans cette catégorie.

 

Tableau 3 

 

La deuxième catégorie regroupe les cours dans lesquels le taux de réussite est supérieur d’au moins 5 % dans l’option technologique du cours. Parmi les 11 cours restants, il y en a 7 qui font partie de cette catégorie.

 

Tableau 4 

 

Finalement, la troisième catégorie comprend les quatre cours restants, dans lesquels le taux de réussite est supérieur d’au moins 5 % dans l’option traditionnelle.

 

Tableau 5

POPULARITÉ ET SIMILITUDE
On remarque que le nombre de cours qui ont été offerts simultanément en option traditionnelle et technologique entre 2004-2005 et 2008-2009 est peu élevé. Cela limite les observations et comparaisons possibles. Toutefois, l’observation de la répartition des inscriptions selon l’option du cours parmi les 29 cours offerts sous ces deux formats simultanément pendant cette période, nous permet de constater qu’il y a véritablement une hausse de la demande pour les cours technologiques au Cégep@distance, et peut-être plus largement, en formation à distance.Il faut également être conscient qu’il y a parfois peu d’inscriptions dans certains cours ou formats de cours qui ont été présentés dans ce document. Les taux de réussite, exprimés en pourcentage, sont en ce sens parfois peu significatifs. Il n’en demeure pas moins que la performance des étudiants (considérée sous l’angle du taux de réussite ou d’échec) peut être considérée comme comparable dans les cours technologiques et traditionnels.

Au Cégep@distance, la hausse de la demande pour les cours technologiques et les indicateurs de réussite dans ces cours témoignent que la formation à distance a su trouver, et trouvera encore, sa place avec les nouvelles technologies de l’information et des communications.

 

 


1 Toutes les données de cet article ne traitent que des inscriptions-cours confirmées (excluant les désinscriptions) à des cours réguliers crédités (excluant les inscriptions à des cours non crédités, les inscriptions en reconnaissance des acquis et les inscriptions à titre d’auditeurs). De toute manière, la formation créditée représente à elle seule environ 95 % des inscriptions-cours au Cégep@distance. Les années font référence aux années scolaires. Par exemple, l’année scolaire 2008-2009 comprend la session d’automne 2008, d’hiver 2009 et d’été 2009.

2 En 2009-2010, la proportion d’inscriptions dans les cours traditionnels papier est passée à 62,8 %, celle des cours technologiques à 37,2 %. Dans le présent article, un bilan publié à l’interne en 2010 est repris, alors que les données pour 2009-2010 n’étaient pas disponibles. C’est pourquoi les dernières données traitées s’arrêtent à l’année scolaire 2008-2009.

3 Dans le cas où un ancien cours est fusionné avec un nouveau, les données ne traitent que du nouveau cours.

4 Il est à noter que, le cas échéant, les baisses d’inscriptions importantes entre 2004-2005 et 2008-2009 pour un même cours ne signifient pas que le cours est moins fréquenté. En raison de la création de nouveaux programmes, certains cours ont été progressivement remplacés par d’autres cours et les étudiants inscrits dans les nouveaux programmes ont été dirigés vers ces nouveaux cours (notamment dans les cours débutant par 410 de la famille des Techniques administratives). Le titre du troisième cours de philosophie (Éthique et société) et celui du quatrième cours de littérature (Principes et procédés de la communication) sont les mêmes dans tous les programmes. Le cours porte toutefois plusieurs sigles,  puisqu’il est propre au programme de l’étudiant.

5 Il est à noter que nous n’avons conservé que les étudiants persévérants, c’est-à-dire que nous avons exclu ceux qui avaient échoué par abandon (n’ayant pas complété l’ensemble des évaluations du cours). C’est pourquoi les totaux diffèrent de ceux présentés au tableau 2, lesquels comprennent les abandons. En formation à distance, cette distinction est capitale, puisque l’abandon, plutôt que l’échec réel, est la véritable pierre d’achoppement. Nous aurions pu utiliser d’autres indicateurs, par exemple la distribution des notes.

6 Le titre du troisième cours de philosophie (Éthique et société) et celui du quatrième cours de littérature (Principes et procédés de la communication) sont les mêmes pour tous les pro-grammes. Le cours possède toutefois plusieurs sigles, puisqu’il est propre au programme
de l’étudiant.

 

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