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 Numéro 72, Janvier 2010 
Utiliser les TIC en évaluation de programme : les hauts et les bas d'une première expérience Version Imprimable  Version imprimable


Robert Payeur, conseiller pédagogique  (Cégep de Saint-Laurent)

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Quand je suis arrivé au Collège en août 2007 à titre de conseiller pédagogique, j’ai reçu le mandat de procéder à l’évaluation des programmes d’études. Sachant déjà que l’utilisation des TIC pouvait être utile pour effectuer une compilation rapide des données, j’ai demandé l’aide de mon collègue Michel Vincent, conseiller TIC, pour informatiser davantage les différentes étapes de l’évaluation, dont notamment la consultation des étudiants, professeurs et diplômés à l'aide de questionnaires.




La force de la collaboration

Nous avons décidé de d’abord mettre en ligne les questionnaires, une étape assez facile étant donné que nos élèves utilisaient déjà le système Omnivox. Ce système nous permet de générer des formulaires comprenant des questions avec des échelles de Likert, de compiler des données et même de calculer des moyennes (degré de satisfaction, par exemple). Cependant, il fallait tenir compte de la différence entre répondre à un questionnaire en ligne et sur papier. Nous avons été rapidement rassurés, car les étudiants étaient généralement ravis d’y répondre en ligne.

netsondage 

La consultation des diplômés a constitué un deuxième défi. Il leur était maintenant impossible de recourir au système Omnivox, puisqu’ils étaient hors des murs de notre établissement. Michel Vincent m’a alors suggéré d’utiliser le logiciel en ligne NetSondage du CCDMD pour fabriquer le questionnaire, et l’Espace personnel de Profweb comme site hébergeur. L’aide du professionnel TIC était indispensable pour le néophyte que je suis dans le domaine.

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Michel Vincent


Une fois le questionnaire élaboré, nous devions informer nos diplômés qu’il était disponible en ligne. Nous leur avons envoyé une lettre à cet effet en leur demandant d’ouvrir leur ordinateur afin de répondre au questionnaire numérique. Nous avons alors été fort déçus du taux de réponse. Par exemple, en Art dramatique, sur 240 adresses postales, seulement 24 diplômés avaient répondu au questionnaire. Un résultat bien pire que celui des enquêtes traditionnelles par la poste, qui recueillent normalement un taux de réponse entre 20% et 30%. Nous nous sommes bien sûr questionnés sur les raisons de ce problème de non-réponse, les changements d’adresse étant très fréquents.

Nous avons aussi revu la pertinence d’utiliser à la fois le courrier postal traditionnel et Internet, deux médias dont le croisement pouvait se révéler inefficace ou incompatible. En effet, pourquoi envoyer une lettre par la poste alors qu’existent déjà les adresses courriels et les réseaux d’échange? Parce que, entre autres, les départements ne sont pas nécessairement en mesure de nous les fournir des adresses de courriel personnelles.

facebook 

C’est alors que l’idée d’utiliser Facebook nous est venue. En Art dramatique, il existait déjà des groupes d’anciens diplômés de ce programme inscrits à Facebook, comme on en trouve dans la plupart des programmes d’études. De tels groupes se forment souvent spontanément. Au moyen des listes d’étudiants, nous avons essayé de les joindre un par un. Malheureusement, le réseau d’échange nous désignait comme polluriel après cinq envois seulement et bloquait temporairement notre accès aux autres diplômés du groupe. Il aura donc fallu beaucoup de patience pour contacter une centaine d’anciens du programme. L’intervention de la responsable de programme, Michèle Barrette, également professeure en art dramatique, fut nécessaire. Elle connaissait très bien la majorité des diplômés… mais pas Facebook! Je lui ai montré à faire un profil afin qu’elle m’aide à joindre les anciens individuellement. Expérience positive : notre taux de réponse a grimpé à 50% et plusieurs élèves ont salué l’initiative au passage.


Les prochaines évaluations

Nous devrons tout de même revoir notre stratégie. Au lieu de contacter un par un les diplômés d’un programme, nous pourrions utiliser, par exemple, certaines fonctionnalités de Facebook nous permettant de créer un événement. De cette manière, seul l’administrateur du profil de groupe pourrait être joint sans que cela contrevienne aux règlements du site.

Par ailleurs, sur le plan méthodologique, cette approche pourrait être remise en question. En utilisant Facebook, par exemple, ne fait-on pas surtout appel aux anciens qui n’ont que de bons souvenirs de leur passage au collégial? Que fait-on de ceux qui n’ont pas de profil Facebook? En revanche, il sera plutôt difficile dans les années à venir d’ignorer ces nouveaux moyens de communication entre les jeunes. Nous pourrions creuser davantage la question de l’utilisation de ces outils dans la pratique enseignante.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015