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 Numéro 72, Janvier 2010 
Possibilités interlinguistiques, interprovinciales, voire internationales Version Imprimable  Version imprimable


Caroline Chwojka, enseignante de sciences humaines  (Cégep Vanier)

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Ce récit a d'abord été publié le 31 août 2009. Il fait référence à un projet qui a aussi fait l'objet d'un récit publié le 10 septembre 2007 en français et en anglais. La discipline Humanities, présente dans tous les programmes offerts au secteur anglophone, est l'équivalent en termes de pondération de la discipline Philosophie dans le secteur francophone. Cependant, le contenu des cours associés aux Humanities est davantage apparenté à celui des cours de sciences humaines.


Depuis 2005, un projet de téléenseignement se poursuit entre le cégep de Sept-Îles et le cégep Vanier. Sharon Coyle et Sophie Jacmin, toutes deux enseignantes en sciences humaines, en sont les coordonnatrices et responsables. Le projet permet à leurs étudiants de se rencontrer au moyen de webcaméras et de projecteurs sans quitter leur collège respectif. En juin 2007, au colloque de l’AQPC, j'ai rencontré Sophie et Sharon, qui faisaient une présentation sur le téléenseignement suivie d’une table ronde.

La possibilité pour les étudiants de différentes régions du Québec d’interagir sur le plan interlinguistique (entre cégeps anglophones et francophones), tant au niveau interprovincial qu’international, a immédiatement piqué ma curiosité! J’ai tout de suite voulu participer un jour à ce projet. En janvier 2009, j’ai effectué ma première expérience de téléenseignement avec Sharon Coyle, et durant le semestre en cours, j’ai la chance d’être coordonnatrice du projet.

Pendant l’hiver 2009, Sharon et moi avons joint nos forces dans le cadre d’un cours de sciences humaines intitulé Gender and Worldviews. Son groupe de 15 étudiants et mon groupe de 32 se sont rencontrés à sept reprises environ. Voici mon point de vue sur les différents outils technologiques que nous avons utilisés.

  • Mac iChat : Ce logiciel permet aux personnes ou aux groupes d’interagir en passant par un écran géant. Au départ, les étudiants hésitaient à se présenter et avaient tendance à se cacher derrière leurs ordinateurs, mais ils se sont vite ajustés.

  • Plateforme de visioconférence VIA : Dans ce cas, les rencontres entre étudiants ont eu lieu au sein d’un petit groupe intercollégial au moyen de webcaméras et de casques d'écoute. Nous leur avons assigné un travail en ligne. Une présentation PowerPoint contenait une série de questions et d’activités dont l’objectif était de discuter des différences et des similarités dans la construction sociale des sexes en milieux urbains et régionaux. La plateforme Via n’oblige pas les étudiants à communiquer oralement, car elle offre une option de clavardage. Lorsque certains aspects de la vie personnelle étaient abordés, certains étudiants préféraient le clavardage plutôt que de poser leurs questions de vive voix, et ce, même s’ils pouvaient se voir les uns les autres.

  • Auberge de jeunesse de Tadoussac : Notre dernière rencontre, regroupant 3 des étudiants de Sharon et 17 des miens, a eu lieu live en avril 2009 à Tadoussac. Cette «réunion à mi-chemin» sur ce site célèbre pour ses baleines fut très excitante. Nous avons chanté dans l’autobus, fait différents jeux, discuté des stéréotypes sexuels en milieux urbains et régionaux, passé quelques tests psychanalytiques… et avons même regardé un match des Canadiens! C’était la première fois que des étudiants participant à ce projet se rencontraient en chair et en os! Ensuite, nous avons créé une page Facebook intitulée «Vanier Meets Seven Isles in Tadoussac». Plusieurs étudiants y ont publié des photos et des commentaires.


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Le groupe d'étudiants à Tadoussac.

Bien que nos discussions sur les technologies de l’information aient été fort intéressantes, il a été parfois difficile de mettre une activité en pratique. Voici quelques obstacles qui, parfois, gênaient le déroulement de nos discussions en ligne :

  • La morphologie des lieux et le positionnement des bureaux ne se prêtaient pas bien au travail en groupe : les étudiants étaient assis en rangées, derrière leurs bureaux, comme dans une classe ordinaire. Si les ordinateurs étaient installés dos à dos, ils pourraient au moins échanger en face à face.

  • Alors que le soutien technique s’est révélé très utile lors de l’installation de la caméra et de l’ordinateur avant la réunion virtuelle, il n’y avait personne pour en assurer la qualité au cours de la session en ligne comme telle. J’ai dû moi-même régler les petits problèmes de 32 étudiants, passant de l’un à l’autre, m’assurant que les connexions étaient adéquates, vérifiant leurs casques et leurs mots de passe. Pour remédier à la situation, pendant le semestre en cours, quelques anciens élèves joueront le rôle d’étudiants-tuteurs auprès de leurs pairs et leur prêteront assistance dans le domaine des technologies de l’information. Un tel projet nécessite un engagement entre les différents départements et établissements. À long terme, les fonds alloués par le gouvernement pour de tels projets devront prendre en compte la formation du personnel dans le domaine des TIC.


Cette activité est encore à l’état de projet pilote, et même si Sophie et Sharon ont été pour moi des mentors de premier plan, il me reste beaucoup à apprendre avant de maîtriser cette technologie et cette nouvelle technique d’enseignement. Nous en sommes toujours à développer un modus operandi et nous avons besoin de la participation de plus de gens. Ayant constaté la valeur de ce style d’enseignement dans un environnement anglophone/anglophone, j’entrevois tout son potentiel pour d’autres projets de rencontres virtuelles entre des groupes anglophones et francophones. 

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015