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 Numéro 71, Octobre 2009 
Évolution technologique et apprentissage contextuel Version Imprimable  Version imprimable


Martin Mainguy, enseignant de design de présentation  (Cégep de Sainte-Foy)

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«Former un individu, c’est le rendre capable de s’adapter en permanence à un environnement essentiellement changeant.»
Alain Rieunier1



Au moment d’aborder la révision du programme Design de présentation à l’automne 2006, la Direction du développement pédagogique et institutionnel du Cégep de Sainte-Foy nous proposa d’entreprendre une démarche de recherche et d’innovation pédagogique pour soutenir le développement du nouveau programme.


Nous implantons le programme révisé depuis septembre 2007. Notre projet d’innovation pédagogique, lancé en janvier 2008, est devenu pleinement opérationnel en septembre 2008; il porte le nom de «Carnets pédagogiques».


Point de départ

L’analyse de la situation de travail (AST) avait confirmé une tendance lourde que nous connaissions déjà, c’est-à-dire l’incidence importante de l’évolution des TIC sur les pratiques professionnelles et sur les compétences attendues à la sortie sur le marché du travail. La perspective donnée à nos recherches commandait une orientation pédagogique avant tout. Toutefois, il ne nous a pas fallu trop de temps pour établir que c’était par l’intermédiaire des technologies que le changement devrait s’opérer : 19 des 21 compétences du nouveau programme comportaient une dimension qui faisait référence à l’usage des médias numériques.

En plus de favoriser l’intégration des TIC, le projet devait soutenir l’autonomie de l’élève, éclairer son orientation professionnelle et, tant du point de vue des enseignants que du point de vue des étudiants, consolider l’approche programme.


Développement du projet

Avec l'idée que chacun construit ses connaissances et que les informations utilisées dans notre discipline sont très nombreuses et variables, nous nous sommes appliqués à créer un outil qui guiderait l’élève dans le traitement méthodique de ces informations pendant toute la durée du programme. Dans la taxonomie de Bloom, il s’agissait de consolider et de systématiser la base de connaissances qui soutiendrait l’apprentissage jusqu’à la capacité de créer (figure 1).

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Figure 1


Bien entendu, le développement technologique d’un tel outil ne peut se réaliser sans le soutien et la participation de ressources expertes. Nous avons eu la chance d’obtenir la collaboration de deux enseignantes du Département de multimédia : Marie-Andrée Gingras pour la conception de l’interface graphique et Audrey Morneau pour la programmation.

En nous appuyant sur un diagramme (figure 2) qui permet de catégoriser les informations essentielles dans notre domaine, nous avons créé une base de données sous forme de fiches à remplir par les étudiants.

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Figure 2


Chacune des quatre grandes catégories de fiche (une couleur par catégorie) correspond à un type d’information élémentaire, susceptible de se retrouver avec plus ou moins d’importance dans chacun des cours du programme
(figure 3).

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Figure 3


Fonctionnement de la base de données

Chaque étudiant entreprend le programme en s’appropriant un fichier2 initialement vide à remplir au fur et à mesure qu’il réalise des projets et qu’il suit des cours. Cet espace lui appartient exclusivement et est accessible sur Internet à partir de n’importe quel ordinateur. Les enseignants, de leur côté, ont un accès en «lecture seule» aux fiches que les étudiants ont rendues visibles par une case à cocher. Un outil de sélection et de tri permet des regroupements de fiches selon le besoin.Chaque enseignant du programme peut développer des stratégies pédagogiques faisant usage des fiches de tous les types, ou encore, prendre connaissance, par des requêtes ciblées, des activités qui ont pu se réaliser dans d’autres cours. Le caractère systématique et uniforme du support (les fiches et les catégories), en plus de ne demander aucune formation particulière, fait qu’un usage collectif et continu est relativement aisé.

Cette participation à l’élaboration de la base de données des étudiants par les enseignants ne doit pas être accaparante; au contraire, c’est plutôt l’usage modéré et continu, mais surtout réparti entre tous les enseignants, qui en assure l’efficacité.Après un peu plus d’une année de fonctionnement du projet, près de 3000 fiches ont été produites. Notre programme compte environ 60 étudiants répartis sur les trois niveaux, ce qui fait une moyenne de 50 fiches par étudiant. Cette donnée n’est pas encore très significative, puisque nous sommes encore à cheval entre les deux versions du programme et au début de notre expérimentation. Toutefois, la mise en pratique de ce système évolutif d’information, très utile dans un domaine en mouvement perpétuel, nous semble vouée à un avenir prometteur. Gregory Murphy, du Département des langues, a entrepris de développer un outil similaire pour son programme selon les mêmes principes (démarche programme, fiches typologiques).


Conclusion

Sans compromettre l’effort individuel de chaque étudiant, principe essentiel d’un apprentissage réussi, c’est dans les aspects interactifs, participatifs et collaboratifs que nous aimerions orienter la deuxième phase de ce projet. Comment permettre et faciliter la communication d’information et l’échange de fiches entre étudiants? Entre étudiants et enseignants? Entre enseignants? Comment préserver l’effort individuel de sélection et d’appropriation d’informations en contexte? Comment accorder l’accès à une base de données collective où se trouvent «toutes les réponses» tout en encourageant la participation et la recherche?

C’est probablement en cherchant la réponse à ces questions que nous nous adapterons nous-mêmes, en tant qu’enseignants, à cet environnement essentiellement changeant auquel nous devons préparer nos étudiants… Devons-nous nécessairement poursuivre le développement d’un outil «sur mesure»? En éducation, la pédagogie et la didactique doivent précéder la technologie. Après un survol des applications informatiques et pédagogiques disponibles au moment d’amorcer notre projet (wiki, blogue, e-portfolio), nous avions conclu qu’aucune ne pouvait satisfaire nos objectifs didactiques avec assez de précision. Peut-être en est-il autrement aujourd’hui… Qu’en pensez-vous?

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Martin Mainguy, entouré de Marie-Andrée Gingras et Audrey Morneau du Département de multimédia


1 RIEUNIER, Alain (2001). Préparer un cours. Tome 2 : Les stratégies pédagogiques efficaces, Paris, ESF Éditeur.

2 Pour faire l’expérience du fichier, l’accès est disponible aux fins de démonstration en inscrivant Profweb comme nom d’usager et comme mot de passe, et en cliquant sur l’adresse http://www.cegep-ste-foy.qc.ca/designdepresentation/carnets/

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