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 Numéro 62, Octobre 2006 
L'épreuve uniforme de français à distance, fiction ou réalité? Version Imprimable  Version imprimable


Gilles Poulin et Daniel Vallières, enseignants en littérature  (Cégep de Sherbrooke)


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Gilles Poulin

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Daniel Vallières


Avec l’essor des nouvelles technologies et leur maîtrise par de plus en plus d’élèves, nous sommes appelés à modifier nos façons de faire. Les profs qui se sont familiarisés avec ces technologies savent à quel point ces changements sont importants. Par exemple, pour accroître l’efficacité de notre cours Littérature et imaginaire, nous avons construit un site Web que les élèves consultent pour mettre à jour les contenus de cours qu’ils reçoivent en classe, pour se procurer des informations de dernière minute ou pour se tenir au courant d’événements imprévus – modification à l’horaire, absence du professeur, travail à remettre, entre autres. Ainsi, l’élève est presque toujours en contact avec son milieu scolaire.

Bien sûr, nous n’en sommes qu’aux premiers balbutiements, mais nous pourrons bientôt apporter des amendements intéressants à nos approches pédagogiques pour aider les élèves à réussir de mieux en mieux. Dans notre cours Littérature et imaginaire, nous avons tenté une expérience passablement intéressante puisqu’elle jumelle l’utilisation de l’ordinateur comme outil de rédaction, et d’Internet comme moyen de communication. Mais avant de vous la raconter, voici un aperçu des conditions qui avaient cours avant l’utilisation des nouvelles technologies.


La proposition habituelle

L’expérience concerne l’examen de dissertation auquel nous soumettons nos élèves à la sixième semaine de cours. Dans le cadre de cet examen, l’élève est placé devant un problème à résoudre, ici une question de dissertation, à laquelle il doit répondre à l’intérieur de quatre heures consécutives. L’examen de dissertation est imposé par le programme du deuxième cours de français, dans lequel la compétence à atteindre est la maîtrise d’une dissertation de type explicatif. Le type de question posée relève également de cette contrainte qui nous oblige à utiliser une question demandant d’expliquer plutôt que de critiquer.

Comme nos cours se donnent sous la forme de périodes de deux heures, nous ne pouvons pas demander à nos élèves de réaliser un examen du type de celui que propose le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport au moment de l’épreuve uniforme de français, car l’élève doit disposer de suffisamment de temps pour lire, analyser, planifier, rédiger et réviser. En effet, cette épreuve comprend trois questions du type suivant : «Est-il juste de dire que dans cet extrait d’Antigone, Anouilh veut montrer qu’il est impossible d’être heureux?» L’élève répond à la question en analysant l’extrait donné. Dans la plupart des cas, les deux autres questions proposent à l’élève de comparer deux extraits, mais leurs formes correspondent à peu près toujours à celle de la question présentée plus haut. L’élève dispose de quatre heures trente minutes pour compléter l’épreuve uniforme de français.

Pour pallier le manque de temps en classe pour réaliser une épreuve de ce type, nous préparons chaque année un examen qui ressemble en tous points à cette épreuve uniforme de français et nous demandons à nos élèves de le passer le soir. Pendant une semaine, les deux périodes d’enseignement de deux heures pendant le jour sont remplacées par une période de quatre heures, en soirée, pour la passation de l’examen. Les élèves doivent se présenter à l’une des périodes prévues. Celles-ci s’échelonnent sur quatre soirs, du lundi au jeudi, et les élèves choisissent non seulement le soir, mais aussi l’heure à laquelle ils veulent commencer leur examen. Nous offrons deux possibilités : ils peuvent le commencer à 18 h 00 ou à 19 h 00.

À la différence de l’épreuve uniforme de français, notre examen comporte une seule question et un seul extrait. C’est pourquoi nous pouvons demander à nos élèves de réaliser l’examen en quatre heures puisque le temps pour choisir entre des questions et des extraits n’est plus requis.

En classe, nous présentons notre modèle d’analyse d’un extrait de pièce de théâtre en répondant à la question citée plus haut sur Antigone. Nous leur demandons ensuite de s’exercer en répondant à une question construite comme celle du modèle et qui porte sur un extrait équivalent d’une autre pièce de théâtre. Enfin, nous leur demandons de lire une œuvre – cette année, c’était Oublier de Marie Laberge – afin de se préparer à répondre à une question d’examen qui porte sur un extrait de cette œuvre.

Pour éviter le plagiat, nous élaborons quatre questions sur l’œuvre à partir de quatre extraits. Ces questions ont à peu près le même libellé. En voici un exemple avec un extrait d’une pièce de Gratien Gélinas : «Est-il juste de dire que Gratien Gélinas, dans cet extrait de Bousille et les justes, montre que dans la société québécoise de cette époque, la violence sait triompher de la justice?» Comme, dans la classe, les élèves doivent souvent partager une même table, nous présentons deux questions par soir. Le premier soir, nous distribuons les questions 1 et 2, et le deuxième soir, les questions 3 et 4; les autres soirs, nous mélangeons les quatre questions. Ainsi, les élèves ne peuvent ni copier sur leur voisin de table ni donner de l’information à ceux qui viennent un autre soir parce qu’ils savent qu’ils n’auront pas nécessairement la même question.

Cette façon de faire plaît beaucoup aux élèves parce qu’ils voient très bien ce qu’ils peuvent réaliser en quatre heures de travail.

Cette année, nous avons décidé d’offrir, à ceux qui le désiraient, de faire l’examen à la maison. C’est de cette expérience que nous voulons vous entretenir.


Notre proposition

Nous voulions par notre site Web mettre à la disposition de l’élève une question d’examen qui serait disponible à un moment précis de la semaine. Nous avions choisi le mercredi soir 8 mars 2006 de 18 h 00 à 22 h 00. Nous avons donc proposé aux élèves qui le désiraient de faire l’examen à distance. Pour utiliser cette forme d’examen, ils devaient respecter les consignes que nous leur avons présentées en classe et qui étaient affichées sur le site du cours.


Rappel des consignes pour les personnes qui ont choisi
de faire l’examen avec le traitement de texte

  1. L’examen se tiendra le mercredi 8 mars de 18 h 00 à 22 h 00.

  2. Vous devez absolument être inscrit pour pouvoir faire l’examen avec le traitement de texte Microsoft Word à partir de chez vous. Si vous n’avez pas ce logiciel, vous ne pouvez pas faire l’examen sous forme électronique.

    Vous aurez accès au texte de l’examen dès 17 h 55 afin de pouvoir vous en imprimer une copie de travail. Cependant, vous devez détruire cette copie dès que vous aurez complété l’examen. Cette demande vous est faite par respect pour les autres qui n’auront pas encore passé l’examen. C’est une question d’équité, nous ne voulons pas que des élèves aient accès à une question d’examen.

  3. Seules les copies des élèves inscrits, dont le nom figure dans la liste publiée sur le site, seront acceptées pour évaluation.

  4. Vous vous engagez à envoyer la copie de votre examen pour 22 h 00. Les copies seront acceptées jusqu’à 22 h 05. Les professeurs garderont les copies en retard uniquement pour montrer aux retardataires que leur texte est parvenu aux professeurs passé le temps alloué.

  5. Les élèves s’engagent à détruire le fichier de la question de l’examen immédiatement après l’examen. Cette demande vous est faite par respect pour les autres qui n’auront pas encore passé l’examen. C’est une question d’équité, nous ne voulons pas que des élèves aient accès à une question d’examen.

  6. Les élèves se rendent sur le site du cours, où ils trouveront leur nom immédiatement sous le babillard. En cliquant sur leur nom, ils auront accès à leur question d’examen.

  7. Les élèves qui n’auront pu produire le texte à temps ou qui auront changé d’idée pourront reprendre l’examen le jeudi 9 mars de 18 h 00 à 22 h 00 ou le mardi 14 mars de 18 h 00 à 22 h 00.

    Les élèves qui ne pourront se plier à ces contraintes obtiendront la note 0 pour cet examen, sans possibilité de reprise.

  8. Le nouvel examen portera sur un extrait d’une pièce que les élèves n’auront pas lue et qui n’est pas au programme du cours. La question d’examen sera semblable à la question étudiée en classe.

  9. Les élèves qui désirent utiliser le laboratoire informatique du pavillon 4 au local 31-117 peuvent le faire. Ils doivent se présenter au local à 17 h 45 ou avant pour préparer leur poste de travail. Une copie de l’examen leur sera distribuée au local. Ils n’auront pas à utiliser le site du cours.


Pour permettre aux élèves d’avoir accès à leur question d’examen, nous avons créé sur le site un tableau qui contenait la liste de tous les élèves inscrits. Parce que les noms étaient placés en ordre alphabétique, les élèves pouvaient repérer le leur facilement. Un hyperlien reliait le nom de chaque élève du tableau à un document Word qui contenait la forme de l’examen choisie. Pour donner aux élèves inexpérimentés la chance d’essayer une première fois le système de récupération de la forme de l’examen, nous avons créé un hyperlien trois jours avant la soirée de l’examen. Un message a été envoyé aux élèves inscrits, les invitant à se rendre sur la page d’accueil du site Web et à cliquer sur leur nom dans le tableau pour s’exercer à récupérer l’examen et ainsi s’assurer que tout fonctionne correctement. Nous avions placé un document Word dans cet hyperlien qui demandait aux élèves de nous envoyer un message nous démontrant qu’ils étaient bien en lien avec nous.

Message de pratique

Bonjour à toi, inconnu, inconnue, qui te prépares à rédiger une dissertation!

Sache que tu ne perds rien pour attendre, mais sache également que tu pourras sans crainte récupérer l’examen de dissertation sur Oublier de Marie LABERGE.

En attendant, tu peux tenter de me renvoyer le fichier en document attaché pour vérifier si tout va. Si ton prof est Gilles Poulin, tu envoies ton fichier à gilles.poulin@cegepsherbrooke.qc.ca, et si c’est Daniel Vallières, tu l’envoies à daniel.vallieres@cegepsherbrooke.qc.ca. Tu peux aussi utiliser l’hyperlien Pour me rejoindre sur le site du cours.

Ah, encore une toute petite chose… bonne préparation à l’examen!

L’équipe du tonnerre de Littérature et imaginaire, l’équipe qui donne le meilleur cours au cégep de Sherbrooke!


Une fois le test réalisé, un courriel a suivi pour annoncer que nous avions bien reçu leur fichier. Puis, à 17 h 55 le soir de l’examen, nous avons remplacé le document Word de la pratique par le document Word contenant la forme de l’examen.

Les élèves avaient appris lors de la présentation de l’examen qu’il y avait quatre questions. Naturellement, nous ne leur avons pas dit qu’ils auraient tous accès à une seule question. Pourquoi en avoir choisi une seule? Nous n’aurions eu aucune difficulté à attribuer une question différente à chaque élève, mais comme nous ne voulions pas que toutes les questions d’examen circulent sur le Web et que certains élèves prennent connaissance des formes avant la journée qui restait pour les autres élèves et pour les élèves qui abandonneraient en cours de route le mercredi, nous avons choisi de n’en utiliser qu’une seule. Dans une prochaine étape, nous pourrons faire plusieurs questions et les proposer pour éviter le plagiat, mais il est presque impossible que deux élèves s’entendent ensemble pour faire l’examen puisqu’ils se placeraient dans une situation d’échec. Tous les élèves nous ont dit qu’ils prenaient les quatre heures pour faire l’examen. Certains d’entre eux n’ont pas été capables de finir dans les quatre heures.

Environ 30% de nos élèves ont choisi de faire l’examen à distance. En chiffres réels, parmi les six groupes d’une trentaine d’élèves avec deux profs, donc 180 élèves, 54 ont choisi cette façon de faire.


Une proposition des élèves

À notre grande surprise, les élèves ont trouvé intéressant qu’on leur offre cette possibilité de réaliser leur examen à la maison ou dans un lieu où ils se sentiraient le plus à l’aise de le réussir. Toutefois, un groupe d’élèves plus inquiets nous a demandé s’il pouvait le faire dans le laboratoire informatique du pavillon. Nous nous sommes empressés d’accepter à la condition qu’ils se plient aux mêmes exigences que les élèves qui le réalisaient à distance. Ils ont accepté. Ainsi, le mercredi 8 mars, nous aurions à gérer, en plus du groupe d’élèves qui travaillerait à distance, un groupe qui ferait l’examen au laboratoire informatique. Un autre 15% d’élèves s’est alors ajouté à l’examen à distance ou par ordinateur. Pour ce groupe, nous avons décidé de procéder comme pour les élèves qui se présentaient en classe. Ils arrivaient au moins 15 minutes avant l’examen et préparaient leur poste de travail. Cinq minutes avant l’examen, un des profs leur distribuait une question d’examen. Nous avons refusé de mettre à leur disposition sur le site du cours toutes les questions d’examen pour les mêmes raisons que celles expliquées précédemment. Ainsi, les élèves avaient tous des questions différentes.

La gestion de la soirée

Les élèves en classe
Les élèves ont reçu leur examen en arrivant en classe. Les consignes étaient très claires au départ, ils savaient que nous n’allions répondre à aucune de leurs questions en ce qui avait trait à la question d’examen ou à l’extrait. De plus, ils connaissaient très bien la façon de faire cet examen. Nous n’avons eu aucune question dans la première heure et très peu par la suite, ce qui nous a donné tout le temps pour gérer les deux autres groupes.

Les élèves au laboratoire d’informatique
Les examens ont été distribués comme prévu. Cette forme d’examen est plutôt stressante pour les élèves. Ils n’ont donc pas le temps de parler avec le voisin pour lui demander conseil. Ils étaient seuls dans le laboratoire d’informatique, puisque les deux profs étaient en classe, mais un des deux profs se rendait régulièrement au laboratoire pour vérifier que tout se déroulait convenablement.

Un seul problème important est survenu. Après une heure trente d’examen, un élève a tenté de sauvegarder son texte dans le répertoire auquel il a accès au cégep. Son ordinateur est alors tombé en panne. Comme un des profs était sur place, il a pu intervenir. Il a demandé à l’élève de fermer son ordinateur et de le redémarrer. En ouvrant le logiciel de traitement de texte, le système d’exploitation a averti l’élève que l’ordinateur avait rencontré un problème et qu’il avait fait une copie de sauvegarde de son travail. L’élève a accédé au traitement de texte, a récupéré son texte et a fait une deuxième tentative. Cette fois, la sauvegarde a réussi. Le prof a alors demandé à tous les élèves de sauvegarder leur document : 80% des ordinateurs sont tombés en panne. Les élèves ont engagé la même procédure que le premier et ont pu ainsi récupérer leur texte. Les autres ont pu le sauvegarder la première fois. Nous n’avons pas fait de suivi sur les raisons qui auraient pu causer une telle panne. Nous savons toutefois qu’il faudra faire des tests au début de l’examen la prochaine fois.

Dans le laboratoire informatique, les élèves n’avaient pas accès au fichier de l’examen. Ils devaient donc transcrire toutes les citations. Malgré cet inconvénient, les élèves ont beaucoup aimé cette expérience et étaient prêts à la recommencer.

La remise de l’examen s’est faite par courriel. Les élèves avaient jusqu’à 22 h 00 pour envoyer leur fichier. Ils envoyaient un courriel à leur prof avec un fichier attaché, se rendaient au local de classe où se trouvait leur prof et vérifiaient avec lui si leur fichier était bien rendu. Le prof ouvrait le fichier et s’assurait que le fichier était complet. Nous avons connu quelques moments d’angoisse vers 22 h 00 parce que plusieurs élèves qui passaient l’examen à distance envoyaient aussi leur courriel en même temps.

Les élèves à distance
Les deux profs étaient munis d’un portable. À 17 h 55, un des profs a activé l’hyperlien qui permettait aux élèves d’avoir accès à leur examen. Quelques problèmes sont apparus au tout début de l’examen parce que nous n’avions pas prévu d’avoir un contact direct avec chaque élève. Heureusement, nous avons décidé d’ouvrir notre boîte de courriels et de vérifier si des élèves pouvaient connaître des problèmes. Ceci dit, les élèves ne le savaient pas et ceux qui l’ont fait, l’ont fait à tout hasard. La seule consigne qu’ils avaient, c’est qu’ils devaient envoyer leur texte avant 22 h 00. Nous ne leur avons même pas dit d’attendre de recevoir une confirmation de la réception de leur fichier avant de détruire la question d’examen et leur fichier de dissertation. Ainsi, un élève qui n’avait pas fait le test a tenté de rejoindre le prof par téléphone. Comme il ne recevait pas d’aide, il a envoyé un courriel. Son message disait qu’il n’avait pas été capable de se relier au site du cours et qu’un de ses amis, connaisseur en informatique à qui il avait demandé de l’aide, lui avait dit que le site du cours était «planté». Sur le coup, nous avons été inquiets, mais après vérification, nous avons constaté que le site fonctionnait très bien. L’élève avait tout simplement tapé une mauvaise adresse. Le prof a tenté d’entrer en contact avec lui, mais il avait fermé sa boîte de courriel et décidé de renoncer à passer l’examen à distance.

Une élève a eu beaucoup de difficultés à se connecter à Internet et au site Web, et, dans son énervement, elle n’arrivait pas à récupérer sa question d’examen. Elle a alors envoyé un courriel au professeur en dernier recours en n’espérant pas grand-chose de sa tentative. Comme nous étions en ligne, son prof a reçu le message de détresse et il a envoyé dans un courriel un hyperlien qui a mené directement la candidate à sa question d’examen. Dans ce cas particulier, une consigne dans le courriel précisait que le délai de remise de l’examen était de 4 heures à partir de l’heure d’envoi de l’hyperlien à la candidate, ce qui lui permettait de bénéficier d’un délai équivalent aux autres qui n’avaient pas eu ce problème. Afin de s’assurer de l’heure d’envoi du courriel, le professeur s’est envoyé une copie conforme du courriel. Ainsi, l’élève a pu répondre à l’examen dans les délais prescrits.

À partir de 21 h 30, les courriels ont commencé à arriver. Heureusement, plusieurs élèves nous demandaient de confirmer la réception de leur examen. Certains qui demeuraient près du cégep sont même venus vérifier sur place si nous avions reçu leur examen. Ces courriels étaient assez faciles à gérer puisque nous avions le temps d’ouvrir les fichiers, de nous assurer qu’ils étaient corrects et de retourner un mot à l’expéditeur pour lui signifier qu’il pouvait aller dormir… ou fêter!


Les résultats

Le taux de satisfaction
Tous les élèves, sauf un, qui ont fait l’examen à l’ordinateur étaient très satisfaits de leur expérience. Ils ont dit vouloir la répéter.

Les élèves au laboratoire informatique
Les élèves au laboratoire informatique ont trouvé difficile de devoir recopier les citations qu’ils utilisaient pour preuves de leurs arguments. Ils ont demandé que l’extrait soit sur le site du cours pour qu’ils puissent aller chercher les citations. Ils ont insisté sur le fait qu’ils auraient ainsi eu plus de temps pour l’analyse de l’extrait choisi, la rédaction et la correction de leur texte.Les élèves qui travaillaient à la maisonLes élèves qui ont travaillé à la maison ont beaucoup aimé cette expérience et ont jugé qu’ils avaient suffisamment de temps pour faire l’examen. Ils n’ont pas émis d’autres commentaires.


Nos constatations

Nous avons été étonnés de constater qu’il y avait peu de différences dans la rédaction entre les élèves qui travaillaient à la maison et ceux qui faisaient l’examen en classe de façon traditionnelle. Nous avions prévu modifier la pondération sur le plan des fautes de tous genres, mais nous avons constaté que les élèves faisaient autant de fautes en utilisant un traitement de texte.

Voici un exemple d’une partie de texte (document Word, 24 ko) d’un bon élève, une personne qui travaille bien et qui réussit aussi très bien. Le surlignement indique les fautes de tous ordres.

Les fautes que nous trouvons dans ce texte sont tout à fait comparables avec les fautes d’un élève qui a passé son examen en classe. Les élèves ont fait en moyenne 25 fautes. Ces fautes, sauf quelques-unes, ne sont pas indiquées par le correcteur du traitement de texte Word.

Pour ce qui est du contenu, les élèves ont suivi une méthode d’analyse rigoureuse et les erreurs dans l’application de la méthode sont du même type. Dans le texte ci-dessus, l’élève ne répond pas directement à la question. Nous avions insisté pour que l’argument soit formulé de façon à répondre en tous points à la question de l’examen. Le commentaire en caractères gras indique ce que nous voulions comme énonciation d’un argument.


Nos remarques


Dans une prochaine étape, nous allons nous assurer d’être en ligne avec tous les élèves qui vont choisir ce type d’examen. Nous pourrons ainsi leur apporter une aide ponctuelle si un problème survient. Nous prévoyons utiliser MSN Messenger puisque plusieurs élèves ont déjà un compte Hotmail et qu’ils sont familiers avec ce type de messagerie. Comme les élèves savent que nous ne répondons à aucune question qui touche l’examen, nous pourrons intervenir pour les cas d’élèves qui ont de la difficulté à gérer la prise en charge de leur examen. Nous allons aussi offrir la possibilité de faire l’examen dans le laboratoire informatique. Cette fois, nous placerons ce type d’examen la dernière journée. Ainsi, les élèves auront accès à une forme d’examen à l’ordinateur.

Près de la moitié de nos élèves ont décidé d’utiliser ce mode de fonctionnement et nous avons apprécié la façon dont ils ont coopéré. Cette façon de faire nous a permis d’accélérer notre correction puisque les textes étaient plus faciles à lire. Nous avons utilisé plusieurs formes de commentaires. Dans l’exemple ci-dessus, nous avons employé les parenthèses et les caractères gras, mais dans d’autres cas nous avons utilisé les commentaires du traitement de texte Word.

Nous allons maintenant proposer cette forme d’examen à distance parce que nous croyons que les élèves seront de plus en plus habiles à travailler avec un traitement de texte et surtout avec de bons correcteurs orthographiques pour remettre des textes sans fautes. Enfin, plusieurs des collègues que nous avions consultés s’inquiétaient du fait que les élèves pouvaient tricher. Et bien, selon nous, les élèves qui passent ce type d’examen sont tellement stressés qu’ils n’ont pas le temps de s’organiser pour tricher! Ils ne veulent surtout pas se trouver dans l’obligation de refaire l’examen parce que quelque chose n’a pas marché ou parce qu’ils ont manqué de temps.

Pour toute question, communiquer avec Lyse Favreau.

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