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 Numéro 22, Mars 1998 
Le cours de Babel Version Imprimable  Version imprimable
ou les malheurs du multimédia sur Internet

Pierre-Julien GUAY  (Vitrine APO)

    Cette série de trois articles raconte une expérience de développement multimédia sur Internet dans le cadre d'un projet subventionné par le Fonds de l'autoroute de l'information du Québec. L'accord sur un langage commun est la première étape dans tout projet impliquant de multiples partenaires.


Pieter Bruegel de Oude, Tour de Babel, circa 1563, Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, Pays-Bas.

« Tous les éducateurs avaient les mêmes mots. Ils se dirent l'un à l'autre : Allons ! faisons des applications multimédias et diffusons-les sur Internet. Et le HTML leur servit de pierre, et le Java de ciment. Mais Microsoft descendit pour voir le site et le cours que bâtissaient les éducateurs. Et Microsoft dit : Allons ! confondons leur langage, afin qu'ils n'interprètent plus la langue, les uns des autres. Et Explorer les dispersa loin de là et ils cessèrent de bâtir leur site. C'est pourquoi on l'appela du nom de Babel, car c'est là que se confondit le langage des machines. » (d'après Genèse 11)


Au commencement

En 1994, la Vitrine APO déposait au Fonds de l'autoroute de l'information une demande de subvention afin de développer collectivement avec des partenaires une approche de formation interactive à distance. Les partenaires souhaitaient aller au-delà de la simple vidéoconférence et développer des approches pédagogiques axées sur l'interactivité et le travail collaboratif.

Mais le projet finalement approuvé par le Fonds ressemblait peu à la demande originale de recherche pré-compétitive. La participation des partenaires privés de l'éducation n'avait pas été retenue et l'objectif du projet était devenu la création d'un cours sur cédérom portant sur la formation des enseignants en NTIC !

Ce texte soulève quelques-uns des problèmes rencontrés dans la création et la production d'une application éducative multimédia interactive sur Internet. En particulier, nous abordons les limites des solutions techniques, les carences de ressources de scénarisation, les difficultés de conceptualisation quant à l'interactivité et l'immaturité des plates-formes de développement et de visionnement.


Et le verbe s'est fait clair

Entre l'acceptation du projet et le début des travaux à l'automne 1996, les partenaires 1 ont tenté de faire valoir au Fonds l'importance d'expérimenter malgré tout la formation interactive à distance. Il s'agissait de coupler la vidéoconférence au partage d'applications logicielles. Ainsi, de part et d'autre, les intervenants pouvaient tour à tour agir sur un exemplaire unique d'un logiciel. À tout le moins, croyions-nous, il convenait d'appliquer et de valider les principes pédagogiques que nous allions proposer dans le cours à l'aide d'une expérimentation.

Nous pensions également qu'avec son accès croissant dans les établissements d'enseignement, l'Internet devenait un support plus intéressant que le cédérom, en particulier quant aux possibilités de liens hypertextes vers d'autres ressources.

À l'approbation du devis, nous étions prêts à mettre en chantier un projet de 150 000 $, financé à 60 % par le Fonds de l'autoroute. Entre-temps, la tenue de la conférence socioéconomique sur l'éducation au Québec avait fait ressortir l'importance clé de la formation des enseignants pour la réussite de l'intégration des nouvelles technologies en éducation. L'existence de quelque 16 campus externes dans le réseau collégial justifiait également la pertinence d'expérimenter et de développer ce cours puisque l'enseignement à distance devient de plus en plus répandu.

Il ne restait plus qu'à s'entendre sur une définition d'un cours interactif multimédia, autant entre partenaires qu'avec le Fonds :


un cours Un des éléments clés des nouveaux médias d'apprentissage est qu'une heure d'interaction multimédia correspond à trois ou quatre heures d'enseignement traditionnel. Cependant, la durée d'apprentissage varie selon les connaissances préalables de l'apprenant. Si une douzaine d'heures peuvent être nécessaires à un novice pour maîtriser l'ensemble des objectifs, deux ou trois heures suffiront à un autre qui a plus d'expérience. Par opposition, dans une approche traditionnelle et linéaire, chaque apprenant doit se taper les douze heures prévues. Comment définir cette application ? S'agit-il d'un cours, d'une activité de formation, de sensibilisation, d'introduction, de mise à niveau ou tout cela à la fois ?
interactif Les conseillers du Fonds connaissaient bien les logiciels éducatifs et s'attendaient à retrouver sur Internet la même qualité d'interaction. Nous devions concevoir des activités d'exploration et d'évaluation qui paraissaient bien rudimentaires par rapport aux possibilités offertes par les logiciels. Le langage Java était-il la solution ?
multimédia S'il est impressionnant d'entendre des conversations et de voir de petits clips vidéo sur Internet par un lien local à 10 Mb/s, le temps d'attente avec un modem 14 kb/s est tout simplement désastreux. Nous devions trouver le moyen d'introduire sons et images en quantité et qualité raisonnables.


Dans le prochain numéro : l'heure est venue de pratiquer ce que l'on prêche.

 


Note

     

  1. Vitrine APO, Centre collégial de formation à distance, Novasys, Québec-Téléphone, Institut maritime du Québec. Retour

 

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015