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 Numéro 23, Avril 1998 
L'animation d'un site Web Version Imprimable  Version imprimable


Louis LAVOIE, Directeur des affaires publiques et corporatives  (Collège de Rosemont)

Pour l'édition 1998, le CCFD cède la parole à ses partenaires du réseau.

Dans le présent numéro, c'est le directeur des affaires publiques et corporatives du collège de Rosemont, Louis Lavoie, qui ajoute son grain de sel. Aux premiers signes du virage NTIC, Louis s'est passionné pour l'Internet. Il a rapidement décelé l'intérêt des applications du Web tant dans le cadre de ses fonctions que dans ses loisirs. Après avoir mis en place le site du collège de Rosemont, il a collaboré à celui du CCFD et il relève maintenant le défi du site de STÉFI. Louis agit également comme formateur pour la construction de sites auprès d'enseignants et d'enseignantes dans le cadre du programme Performa de l'Université de Sherbrooke. Et, comme vous le constaterez dans son article, il est également un golfeur émérite qu'Internet a comblé...

L'animation d'un site Web ! Bien voyons   donc, que viennent-ils d'inventer à nouveau ! S'agit-il d'insérer quelques images qui bougent ? Si c'est cela, pas de problème. Je demande à notre infographiste de créer quelques « gifs » animés, pas trop lourds, bien sûr, et le tour est joué. À moins que... tiens ! une bannière animée qu'on est en mesure de créer, soit en javascript ou en java. Un programmeur et le tour est joué en quelques minutes. Ou bien ... attendez. Mieux ! Un « shockwave » ! Oui, oui ! On achète le logiciel de Macromedia, quelques essais et on sera en mesure de créer, en quelques minutes, un « shockwave ». Ça devrait créer de l'animation ! Enfin... c'est bien cela de l'animation sur un site Web ???


La fin des mirages

Le Québec commence à afficher une feuille de route, jeune certes, mais suffisamment étoffée au chapitre des sites Web dans tous les secteurs, et en particulier en éducation, pour qu'on puisse jeter un regard et faire quelques constats. Depuis quelques années, les sites se sont multipliés à une vitesse remarquable. Nous avons d'abord connu l'ère de créer un site Web afin de démontrer le dynamisme et le leadership d'une organisation dans un secteur donné. C'était « l'ère des wizs ». Puis, ce fut l'ère de la création de site parce que « tout-le-monde-le-fait-et-on-risque-d'avoir-l'air-de-traîner-de-la-patte-si-on-ne-le-fait-pas ». Plus récemment, certains tentent d'accroître la rentabilité de leur organisation en enrichissant leur présence sur le Web d'un volet de commerce électronique.

L'attitude, à moyen terme, qu'une organisation adopte à l'égard de sa présence sur le Web dépend évidemment de ses intentions premières. Recherche-t-elle tout simplement à se doter d'une vitrine dans le cyberespace ? Alors, la création d'un site Web et le rajeunissement de temps à autre de son imagerie et de son contenu textuel devraient faire l'affaire. A-t-elle créé un site tout simplement parce que les concurrents en avaient un ? Les images et le contenu textuel vieilliront paisiblement, affichant une date de jour vieillotte qui projette une triste apparence d'immobilisme.

Dans un cas comme dans l'autre, on risque de voir un jour un(e) supérieur(e) immédiat lever le ton pour affirmer : « Je veux voir plus de trafic sur le site Web. On dirait que le compteur ne grimpe plus. FAUT QUE ÇA BOUGE ! » Dans la frénésie qui s'ensuivra, programmeurs, infographistes et webmestres proposeront gifs animés, shockwaves, révision de l'imagerie graphique, html dynamique (ouf !), javascript, java, vbscript, jscript, vrml... et quoi d'autre encore. Et pourtant... si l'essentiel était ailleurs ?


Revenez nous voir, on n'est pas sorteux !

Mais en fait, que signifie-t-on par l'animation d'un site Web ? Le Robert nous aide-t-il ? Oui... et non. L'animation, c'est « l'action de donner la vie, le mouvement ». Ciel, encore les fameux « gifs » animés ! Heureusement, le Robert décrit plus loin l'animation comme étant « les méthodes de conduite d'un groupe qui favorisent l'intégration et la participation de ses membres à la vie collective ». Nous brûlons, je le sens !

L'animation d'un site Web est donc un ensemble de moyens permettant aux internautes qui visitent ce site de s'investir, de partager, d'échanger, d'y laisser un peu d'eux, de laisser leur trace. L'animation permet aux internautes de s'associer au sujet ou au contenu que nous leur proposons puisqu'ils partagent notre intérêt pour celui-ci.

L'animation suppose également que nous sommes en mesure d'afficher une certaine humilité à l'égard de notre contenu ou de notre sujet. Nous souhaitons que l'apport des internautes vienne enrichir nos réflexions, nos contenus ; qu'ils puissent éprouver un certain plaisir à intervenir ; que cette intervention sera accueillie -- dans la mesure où elle respecte certaines règles de base -- de façon positive et constructive.

Je donne peut-être l'impression que l'animation d'un site Web ne réside qu'en une série de moyens technologiques permettant des communications synchrones ou asynchrones entre les usagers ou internautes. Voilà quelque chose qui m'apparaît un peu trop réducteur d'une dimension importante de l'animation -- comme le décrit le Robert en donnant l'exemple de « parler avec animation, c'est-à-dire avec chaleur, flamme, passion et vivacité ». L'animation est donc le contraire du syndrome « Revenez nous voir, on n'est pas sorteux ! ». L'animation d'un site exige que l'on s'extirpe d'une bulle corporative ou d'une vitrine pour faire les efforts nécessaires afin de rejoindre les gens.


Un contenu à jour et dynamique !

Avant même d'examiner certains moyens technologiques qui peuvent nous appuyer au chapitre de l'animation, je ne pourrai suffisamment insister sur la nécessité de renouveler fréquemment le contenu de certaines portions d'un site. Que celles-ci s'intitulent « Quoi de neuf », « Actualités » ou « Nouvelles brèves », les premiers pas vers une réussite dans le domaine résident dans les efforts consacrés à ce chapitre.

À cet égard, le site d'Infobourg a beaucoup de mérite. Le travail est apparent, le dévouement évident. Laissons-les d'ailleurs nous décrire la charge de travail qu'une telle animation nécessite :

    Convaincus qu'il faut être généreux pour être « récompensés », nous préparons tous les jours un texte pour la page d'accueil, nous diffusons également un bulletin hebdomadaire d'information, nous tenons à jour la base de données la plus complète au sujet des sites éducatifs francophones d'Amérique, nous répondons chaque semaine à des dizaines de demandes de renseignements et de conseils. Nous y trouvons, il faut le dire, beaucoup de plaisir ! N'empêche... (extrait du texte publié le 2 mars 1998 en page d'accueil).

Nous visitons et revisitons l'Infobourg, convaincus que les données qu'on y trouvera sont à jour ; convaincus qu'on y apprendra du neuf à chaque visite ; convaincus que quelqu'un s'intéresse autant au sujet que nous -- comme internautes -- pouvons le faire.

Reste que les gens d'Infobourg terminent ce paragraphe avec un « N'empêche... » qui en dit long, qui trahit un certain questionnement. Une approche de renouvellement continu de contenu est exigeante, essoufflante même. Elle exige des ressources appropriées qu'on doit peut-être renouveler de temps à autre afin de faire émerger de nouvelles énergies, de nouvelles idées, une nouvelle passion. La formule est exigeante mais les dividendes -- même s'ils se font parfois attendre -- seront éventuellement au rendez-vous.


Et pas de discussion ! ;-)

Vous voulez que les internautes s'investissent dans votre site ? Qu'ils apportent leur grain de sel ? Qu'ils reviennent vous visiter fréquemment ? La mise sur pied d'un de ou plusieurs groupes de discussion peut insuffler une bouffée de chaleur digne d'El Niño dans votre site, les catastrophes en moins.

En explorant un tout petit peu les possibilités du serveur Web de votre organisation, vous constaterez probablement que l'hébergement d'un ou de plusieurs groupes de discussion en mode html est probablement envisageable, qu'il s'agisse de programmer quelques paramètres sur votre serveur NT ou encore d'implanter un script CGI sur un serveur UNIX. Voilà une formule qui est adoptée par le Centre collégial de formation à distance (CCFD). Certains sites, comme celui de STÉFI (Société de téléformation interactive), une société de la région du Saguenay oeuvrant dans le domaine de la formation à distance, font plutôt appel à des logiciels spécialisés pour la gestion de groupes de discussion, tels que le logiciel Concerto produit par la firme Les logiciels de Marque.

Toutefois, il importe de déterminer certaines règles du jeu. Y a-t-il certains sujets précis qu'on doit aborder dans un groupe, ou le champ est-il libre à tous et chacun ? Quelles sont les règles à respecter ? Les messages incitant à la violence, au racisme ou de mauvais goût seront-ils tolérés ou acceptés ? Qui a l'autorité de retirer ces messages le cas échéant ? Les internautes sont-ils au courant de ces règles ? De plus, les fonctions pour inscrire et répondre à un message sont-elles rapidement maîtrisées par les internautes ? Doit-on concevoir un petit tutoriel pour les aider à faire leurs premiers pas ?

L'expérience démontre qu'un groupe prend une vie propre qui est la sienne. Le ton, les échanges, les sujets en font une créature qui souvent nous échappe, mais pas toujours pour le pire, bien au contraire. Il faut accepter ce cheminement qui est le sien... sans discussion !


Le bavardage...
ou le « chat » qui sort du sac

Qu'on se rassure, je ne vanterai pas ad nauseam les mérites du « chat ». Je ne suis pas le plus grand des adeptes de cette activité s'apparentant beaucoup plus à une ligne en fête, à une suite de « Quelle température fait-il chez vous ? », « Qu'est-ce que tu fais maintenant ? » et autres questions-pour-tuer-le-temps connexes.

Par contre, il a été démontré que le « chat » a un attrait puissant auprès d'une clientèle plus jeune. Pour STÉFI par exemple, dont le site s'adresse autant aux élèves du primaire, du secondaire qu'aux étudiants du collégial, de l'universitaire et à l'éducation des adultes, le « chat » est un puissant outil d'animation auprès des jeunes du secondaire et du collégial. Dotez-vous d'un petit script de « chat » que vous hébergez sur votre site ou encore d'un outil plus puissant et vous aurez de la visite.

Encore une fois, il importe de définir les règles du jeu entourant le « bavardage » que vous permettez à partir de votre site. Ces règles sont particulièrement importantes pour un site tel celui de STÉFI, lequel peut accueillir des jeunes de tout âge. Il faut alors exercer un certain « monitoring » des conversations.

Toutefois, l'animation du site autour du « chat » peut prendre des couleurs fort intéressantes si vous choisissez de tenir des événements de « chatting » organisés et structurés, axés sur une thématique particulière par exemple. Qu'est-ce qui empêche les cégeps, par exemple, d'offrir une présence en mode « chat » certains soirs de 16 h à 18 h pour les élèves du secondaire qui voudraient se renseigner sur certains programmes ? Une personne-ressource pourrait répondre directement à leurs questions. On précise quels canaux utiliser pour quels programmes et la dynamique est lancée. Voilà des événements synchrones qui sont possibles et qui animent drôlement un site.


« Push », mais « push » égal !

Jusqu'à récemment, la circulation des informations sur Internet était essentiellement en mode « pull », c'est-à-dire qu'un client (l'internaute) sollicite habituellement des informations de la part d'un serveur. Le serveur est essentiellement passif, attendant qu'on lui envoie la commande de fichiers à expédier.

PointCast bouleversait tout cela il y a quelques années en donnant naissance à ce qu'on appelle le phénomène du « push », c'est-à-dire qu'on dirige vers un client (internaute) des informations sans que celui-ci n'en donne nécessairement la commande. L'implantation des « channels » (canaux) dans les dernières versions des fureteurs ouvrent d'ailleurs la voie à la multiplication du phénomène du « push ».

N'allez pas croire que je suggère que tous et chacun se lancent à produire du contenu à caractère « push ». Ceux qui ont expérimenté l'application de PointCast ont constaté -- ou constatent toujours -- les conséquences suffocantes pour notre pauvre bande passante. Les informations qui arrivent, sans qu'elles soient sollicitées, engorgent le tuyau, ralentissent nos applications et contraignent les organisations à se doter d'une bande passante plus généreuse... et onéreuse.

On peut toutefois envisager un moyen bien simple -- semblable au « push » -- pour animer notre site et inciter les internautes à visiter ce dernier à plusieurs reprises. En se dotant d'un serveur de listes d'adresses de courriel, nous sommes en mesure d'informer régulièrement, par le truchement du courrier électronique, les abonnés de certaines nouveautés sur le site, de nouvelles courantes, d'informations pertinentes, etc. Voilà des interventions qui ne sont pas trop lourdes, qui sollicitent peu de bande passante et qui n'inondent pas les mémoires « cache » des internautes.

Encore une fois, ce type d'animation requiert une attention soutenue. D'une part, il faut déterminer quels types d'informations on veut acheminer aux abonnés de nos listes d'envoi. Quelle sera la fréquence de nos envois ? De plus, tous ne sont pas des usagers du service « HotMail ». Conséquemment, les internautes, en changeant de fournisseur d'accès Internet, voient leur adresse de courriel se modifier. À chaque envoi, vous aurez votre lot de modifications et de suppressions à faire dans vos listes.


Y a rien de magique

Nous avons examiné diverses possibilités qui s'offrent aux intervenants oeuvrant dans les sites Web de leur organisation afin d'animer ces derniers. Toutefois, à quelques exceptions près, chaque mécanisme d'animation requiert qu'on y consacre le temps et l'effort nécessaires à son bon fonctionnement. Pour la plupart d'entre nous, voilà de nouvelles responsabilités qui viennent s'ajouter. Les résultats ne sont pas toujours évidents immédiatement mais, avec le temps et l'énergie, votre site Web pourrait prendre des couleurs que vous ne soupçonniez guère lorsque le projet a été lancé.

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