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 Numéro 23, Avril 1998 
Le cours de Babel Version Imprimable  Version imprimable
ou les malheurs du multimédia sur Internet

Pierre-Julien GUAY  (Vitrine APO)

    Deuxième d'une série de trois articles qui raconte une expérience de développement multimédia sur Internet dans le cadre d'un projet subventionné par le Fonds de l'autoroute de l'information du Québec. Alors que nous sommes tous convaincus que les NTIC peuvent révolutionner l'éducation, l'heure est venue de mettre en pratique ce que l'on prêche...


Macintosh, le début de la fin. Netscape et Microsoft semblent avoir utilisé l'approche Babel (inachevée) pour leur fureteur destiné au Macintosh. Dans la version 3.0 de Netscape pour Macintosh, l'interpréteur Java n'a jamais été complètement fignolé. Dans le meilleur des cas, les applications Java s'affichaient mal ou pas du tout. Dans le pire des cas, l'ordinateur gelait carrément et bêtement. Bien que la version 4.0 de Netscape ait été améliorée, le démarrage de Java est trois fois plus long que sur la version PC. Quant à Explorer 4.0, Microsoft semble avoir tout fait pour que Java soit inutilisable sur un Macintosh.
Pieter Bruegel de Oude, Tour de Babel, circa 1563, Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, Pays-Bas.

« Ils leur rendirent la vie amère par une dure servitude: préparation technique, travaux de toutes sortes imposés avec rigueur. »
(D'après Exode 1.14)

La phase d'expérimentation consistait à développer des activités synchrones et asynchrones de formation à distance en adaptant des pratiques et des documents traditionnels. Un module du cours « Informatique en logistique », offert à l'Institut maritime du Québec à Rimouski et de Montréal, a ainsi été développé. Il s'agissait d'enseigner l'utilisation d'un logiciel complexe pour résoudre des problèmes de transport multimodal.

Un premier test du système Intel ProShare est effectué entre deux classes de l'Institut à travers le réseau local. L'expérimentation a eu lieu le 30 mai 1997 entre l'Institut à Rimouski et son centre du collège André-Laurendeau. Un ordinateur Pentium 150 avec une carte Intel ProShare ainsi qu'un acétate électronique, auquel était ajoutée une ligne RNIS, permettaient aux participants de suivre les explications du professeur logé à Rimouski. Le Centre de Montréal mettait à la disposition des usagers douze ordinateurs Pentium.

Avant l'expérimentation, les intervenants pédagogiques avaient élaboré les notes préparatoires à l'activité, les consignes de fonctionnement et une grille d'évaluation pour les participants. L'installation des équipements et leur mise au point ont nécessité beaucoup d'efforts, ce qui permet de noter que la présence d'une équipe technique est essentielle pour assurer le succès de ce type d'activités. Trop souvent, les enseignants sont laissés à eux-mêmes pour résoudre les difficultés techniques lorsqu'ils désirent utiliser les NTIC.

L'expérimentation a démontré que le lien visuel est important pour maintenir la motivation des apprenants. Par ailleurs, l'apprentissage des procédures pour opérer avec la vidéoconférence et le partage d'applications ont réduit d'autant la durée de la séance d'enseignement. Des instructions claires et précises doivent donc être formulées quant aux aspects techniques. Heureusement, la distance et la technologie sont rapidement passées au second plan au profit de l'apprentissage.

Il est intéressant de noter que l'enseignant qui avait l'habitude de suivre les travaux de ses étudiants derrière leur épaule a été amené à créer des activités où les étudiants devenaient plus autonomes et pouvaient s'entraider dans la résolution collaborative de problèmes. L'alternance entre les sessions de travail collaboratif et les échanges sur les solutions trouvées s'est avérée très stimulante autant du point de vue des intervenants pédagogiques que du pointde vue des étudiants.

Nous avons ainsi pu acquérir un matériel important pour documenter et illustrer le contenu du cours interactif multimédia.


Le pouvoir des signes
« Mais ils ne me croiront pas et n'écouteront pas mon appel. » (Exode 4)

L'aspect visuel d'un site Internet est souvent un des éléments les plus négligés dans un site Internet. Qui a vraiment envie de s'engager dans la lecture de dizaines de pages plus ou moins bien présentées, avec des boutons qui clignotent et des messages qui défilent un peu partout ? Pour atteindre nos objectifs de communication visuelle, il aura fallu consacrer entre 25 et 33 % des investissements.

Le mot clé ici est : métaphore. Cela consiste à reproduire un environnement familier à l'apprenant afin que l'interface utilisateur devienne la plus intuitive possible. L'équipe de développement a choisi de créer un salon des enseignants où l'apprenant aura la possibilité d'entrer en contact avec des collègues s'intéressant à certains aspects des technologies : les outils de présentation, le multimédia, l'Internet et la formation sur mesure à distance.

Il fallait ensuite imaginer un guide, petite créature animée sympathique, qui pouvait être associée à quelqu'un de compétent qui aurait déjà suivi le cours. Quoi de plus indiqué qu'une tasse de café pour préciser certains concepts, indiquer des éléments clés de l'interface ou s'assurer de la compréhension de l'enseignant ?

Enfin, l'application tenait compte de deux modèles d'apprentissage :

     

  • l'accès séquentiel où l'utilisateur est limité à faire des choix alors qu'il ne connaît pas le contenu. L'information se présente page par page et la navigation se fait par l'accès systématique aux hyperliens ;
  • l'accès personnalisé où l'utilisateur fait des choix par le biais d'un menu. Un premier niveau de menu est celui du module en cours apparaissant sous forme de tableau noir. Un second niveau est un tableau plus grand comprenant la liste de tous les sujets traités dans l'application.

Les modèles d'apprentissage proposés sont parallèles, c'est-à-dire qu'à tout moment les usagers peuvent passer de l'accès séquentiel à un accès personnalisé et vice versa.


Dans le prochain numéro : à la recherche d'un scénariste et de compatibilité logicielle.

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