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 Numéro 27, Février 1999 
Antidote 98 et le Visuel : un mariage intelligent ! Version Imprimable  Version imprimable


Marcel FORTIN


Les lecteurs de Clic savent l'estime que je porte au travail de l'équipe Druide qui a créé et développé Antidote. Me voici devant la version 2.0 de cette trousse d'outils linguistiques remarquables et il me faut examiner en quoi Antidote 98 a été enrichi pour notre bien linguistique.

Rassurez-vous tout de suite, Antidote 2.0 est le digne héritier de son ancêtre : même interface, même souplesse dans les choix, même clarté des écrans de dialogue, et sur mon « vieux » Mac 7100, même rapidité. À première vue, rien ne semble avoir changé mais on sent une solidité accrue, une perspicacité plus grande surtout quand je lui fais corriger les mêmes échantillons de difficultés utilisés pour mettre à l'épreuve son prédécesseur.

Une fois l'installation complétée, je constate l'apparition d'un nouveau bouton sur la bordure de l'écran Word. Il s'agit de celui qui appelle le Visuel. Il nous faudra en reparler plus loin. Tout d'abord examinons un peu le module dictionnaire.

Après avoir navigué longuement dans les articles du dictionnaire, je constate que les coquilles sont incroyablement rares. L'équipe a tenu compte des informations fournies par les utilisateurs ; elle a aussi admis des mots nouveaux, des noms propres... (plus de 8 000 en tout d'après le dépliant publicitaire). Et tout cela sans aucune lourdeur dans la navigation hypertexte ! Tout est aussi fluide ! Le dictionnaire qui s'ouvre ainsi au fureteur infatigable que je suis devient vivant... Et je me dis que je me fierai davantage à lui, car rarement mes demandes sont refusées...

Un nouvel outil vient enrichir ( ?) la navigation lexicale : la liste analogique. Sous la rubrique MOTS PROCHES vous trouverez ANALOGIES où un mot de recherche appelle la liste de toutes les occurrences du mot cherché dans le dictionnaire. Une rapidité encore étonnante car souvent la liste peut être très longue... trop même à mon goût. J'ai été habitué à des liens analogiques plus serrés, plus pertinents où les rapports analogiques stimulent par leur transparence. Aussi, même si je suis étonné par la souplesse et la rapidité de ce moteur d'analogies, j'ai de fortes réserves sur son utilité pratique : des listes trop longues nuisent à la stimulation de la pensée et peuvent conduire dans des égarements sémantiques. Jugez par vous-même. Au mot refuser je trouve 158 analogies ; mais au mot REFUSÉ 17 ! ! ! ? ? ? La liste fournie pour REFUSER me conduit à :

    v. boquer, inf. prés. Québec Familier
    Intrans.
    Refuser d'obéir, d'avancer. Un cheval, un enfant qui boque.

et cela me plaît. Mais il me mène aussi à mautadit. ? ? ? ? Là je ne comprends pas !

    adj. mautadit au masc. sing.
    Québec Familier Qui est mauvais, désagréable, qui est source de désagrément ; qui met en colère. Sa mautadite musique me casse les oreilles. Cette mautadite voiture refuse de démarrer. Ton mautadit frère m'a encore joué un mauvais tour.

Depuis Peter Mark Roget qui a inspiré probablement les Français Boissière, Marquet et leurs suivants, on a su créer des catalogues de mots groupés autour de mots-centres (chez Larousse : environ 2 000 pour Ch. Marquet, 2 500 pour Niobey) pour reprendre l'expression de Paul Robert. Et ces mots-centres assuraient les liens analogiques de sens, de forme... Avec eux, on se perdait évidemment moins dans le développement des idées, car c'est à cela finalement que servent les dictionnaires analogiques. Mais devant ce nouvel outil analogies, je devine que je suis devant un moteur en version préliminaire ; on lui a donné une bonne cylindrée, de la souplesse, il reste à présent à lui fournir les codes nécessaires (dans l'immédiat on pourrait limiter la recherche aux sens et sous-sens marqués par un losange ou un point noir et regrouper les mots autour d'idées centrales, comme on fait d'ailleurs dans les dictionnaires en papier. Ce ne sera pas très original, mais on économiserait tellement l'attention du rédacteur à la recherche d'idées ; et l'agilité foudroyante du moteur donnera des ailes à sa consultation analogique... ). Druide est sûrement conscient des pièges actuels des listes « occurrencielles »... J'ai bien hâte d'en voir la version suivante.

Les réserves précédentes ne diminuent en rien mon enthousiasme devant le dictionnaire d'Antidote 98 qui habilement et à la manière des lexicographes sait consulter ses usagers. Et c'est très bien. Il évolue avec ses utilisateurs, d'une manière pragmatique, en privilégiant les renseignements pratiques pour les rédacteurs, petits ou grands.

Il faut parler de cet oeil qui clôt la série de boutons dans l'écran de Word. Il s'agit de l'icone du Dictionnaire Visuel multimédia de Québec/Amérique que tout le monde connaît déjà (600 sujets, 25 000 mots, 3 500 illustrations).

La greffe du Visuel dans l'environnement Antidote est une pure merveille de simplicité. On ne peut concevoir une greffe plus discrète, plus naturelle. Le nouveau venu est bien intégré et jouit aussi de la voltige hypertexte à laquelle nous sommes habitués avec Antidote. Lorsque le dictionnaire est ouvert, vous retrouvez cet OEIL et si vous pointez un mot que le Visuel connaît, alors cet oeil s'anime, et si le mot y est absent alors l'oeil ne réagit plus et devient pâle. Alors pas de consultations inutiles, infructueuses.

Ces outils sont donc bien couplés, et on passe de l'un à l'autre avec assurance. Mais j'avoue que sur mon 7100/66 avec lecteur 2x le Visuel monte un peu trop lentement à mon goût. Va pour le côté de la mécanique des outils !

Il est permis de se demander quel est l'intérêt pédagogique d'enrichir ainsi le dictionnaire d'Antidote d'un dictionnaire visuel (trilingue de surcroît). Il est évident que pour illustrer les idées abstraites, le Visuel ne peut pas servir beaucoup. S'il s'agit de sciences naturelles, de techniques, de sport, alors tout change : on obtient des images superbes illustrant clairement le sens des mots ... et si vous passez de la définition d'un mot donnée par Antidote à l'image correspondante du Visuel, vous ne pourrez que découvrir la complémentarité des définitions : l'image éclaire les mots de la définition écrite. C'est cette complémentarité qu'il faut observer, car c'est ainsi que l'étudiant s'initiera à la recherche du mot précis et en comprendra la puissance pour la clarté des idées. La définition écrite qu'il ne comprend pas peut s'expliquer bien souvent par une image du Visuel. L'utilité du Visuel variera selon les besoins des individus, selon l'étendue de leur vocabulaire actif, bien sûr. Et aussi selon les besoins d'utiliser les images du Visuel pour illustrer un travail.

Il me faudra dans un autre article regarder de plus près les acquis nouveaux des modules grammaire et correcteur. Mais déjà je pense que la nouvelle version d'Antidote mérite plus qu'une simple consultation de la part des rédacteurs que nous sommes... Nous avons en lui un allié puissant et fidèle qui travaille à mieux nous assister dans nos tâches de rédaction.

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015