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 Numéro 41, Octobre 2001 
Le complexe d'Alexis Labranche Version Imprimable  Version imprimable


Réjean Jobin, Responsable du programme de l'informatique  (CCDMD)

« Bouleau noir! ». Non, il ne s’agit pas de lancer ce juron à toutes les deux phrases pour souffrir du complexe d’Alexis Labranche! En fait, c’est plutôt le syndrome de la conquête de l’Eldorado, ce pays où se trouverait la richesse, qui représente le fantasme des Québécois du début du siècle dernier.

À cette époque, les Québécois ne juraient que par « les États », le seul endroit où, pensaient-ils, on pouvait tout trouver. Notre milieu de l’éducation souffre-t-il du complexe d’Alexis Labranche? J’ai souvent l’impression, en discutant avec des conseillers pédagogiques ou des enseignants, qu’ils sont toujours à la recherche du produit pédagogique informatisé étranger, celui qui sera THE BEST, celui issu de l’Eldorado.

Depuis maintenant deux ans, le CCDMD offre la possibilité aux enseignants soit de faire acheter par leurs étudiants des cédéroms à 5 $, soit d’utiliser des sites Internet pour compléter leur enseignement. Ces logiciels et ces sites ont été conçus par des enseignants québécois qui cherchent à refléter les préoccupations pédagogiques de la plupart des gens d’ici. Or, nous constatons qu’encore aujourd’hui, trop peu de personnes utilisent ces produits dans leur enseignement.

Bien sûr, il serait faux de prétendre que tous les produits que nous offrons sont les meilleurs. Chose certaine, un certain nombre d’entre eux sont d’une grande qualité. Pourtant, ils sont malheu-reusement ignorés, parfois même au détriment de produits de l’Eldorado.


Voici quelques exemples concrets

Comparons Netquiz 2,0 et Hot Potatoes. Il serait peut-être exagéré d’affirmer que Netquiz est supérieur, mais disons que ce sont deux produits équivalents. Alors, pourquoi pluisieurs utilisateurs préfèrent-ils l’autre produit, ou même, pourquoi programment-ils en HTML leur propre outil? On pourra répondre, bien sûr, que l’on préfère l’autre produit pour des tas de raisons…

Prenons donc des exemples où le produit est unique et reconnu comme exceptionnel par le milieu!

  • Régulation classique et moderne permet de simuler des procédés industriels et des systèmes de com-mande et de régulation. Pourquoi tous les étudiants qui ont à comprendre de tels procédés industriels n’en possèdent-ils pas une copie indivuelle?

  • Le cédérom La recherche en sciences humaines a été acheté l’an dernier par environ 500 étudiants sur une population de 8000 qui suivent le cours qui porte ce nom.

  • SIDSI (Simulation de la démarche en soins infirmiers) s’adresse aux étudiants en soins infirmiers. C’est un produit unique pour cette discipline.

  • La chimie au collégial regroupe tous les logiciels touchant l’enseignement de la chimie produits par le CCDMD. Environ 1000 étudiants, cette session-ci, l’utilisent, sur une population de plus de 20 000 en sciences de la nature.

  • Des sites intranet comme Clique-moi permettent à tous de s’initier au nouvelles technologies de l’infor-mation et de la télécommunication.

  • Les sites Internet portant sur les diagrammes de Venn et enseignant à maîtriser la logique ou ceux sur les chiffres significatifs, et sont à la disposition de tous les étudiants.

Et je pourrais en nommer d’autres : Kepler II pour l’astronomie, SECRA pour la communication interper-sonnelle, LaRC (Epominondes et The Snob) pour l’enseignement des langues, Vendeur en administration…sans parler des nouveautés qui devraient paraître dès l’automne comme Architecture : formes et langage, @rtefact, Roches et minéraux, Poliscope, Chimie générale : la matière

Mais alors, pourquoi l’utilisation des produits informatisés est-elle peu populaire? On peut énumérer plusieurs raisons :

1- Accès à des ordinateurs faibles… Plus de 80% des étudiants ont accès à des ordinateurs personnels en dehors du milieu collégial.

2- Besoin de formation pour les nouveaux outils… C’est vrai que certains outils demandent de la formation, mais les produits éducatifs sont habituellement si simples que la formation est superflue.

3- «L’outil n’est pas assez semblable à mes notes de cours»… Jamais, même dans l’Eldorado, on ne réussira à bâtir un outil sur mesure pour chaque enseignant!

4- Manque de temps pour apprendre à s’en servir… Le CCDMD a réalisé un site qui offre des activités prêtes à utiliser, ce qui permet aux enseignants d’accéder à des scénarios pédagogiques qui font appel aux TIC.

Le Centre s’est donné comme objectif depuis plusieurs années de rendre ses logiciels (cédéroms et Internet) attrayants par leur contenu multimédia et leur convivialité d’utilisation. Nous avons aussi mis en place une meilleure accessibilité des produits grâce à des moyens tels les cédéroms à 5 $ ou les sites Internet éducatifs ouverts à tous. Nous participons à toutes les initiatives qui favorisent l’utilisation des TIC : sessions de formation, colloques, etc. Chaque nouveau produit reçoit une publicité permettant de le faire connaître dans le réseau collégial. Mais contre le complexe d’Alexis Labranche nous n’avons aucun remède… autre que de dire : «Souffrez-vous du syndrome de l’Eldorado, bouleau noir!»

Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015