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 Numéro 61, Avril 2006 
Une histoire d'intégration des technologies par deux profs d'histoire Version Imprimable  Version imprimable


Propos recueillis par Serge Y. Roy
Conseiller pédagogique TIC au Collège Édouard-Montpetit

Une visite dans la section «Pratiques pédagogiques» de Profweb vous permettra de découvrir certains aspects de l'expérience de Louis Lafrenière et Lorne Huston, qui enseignent l’histoire au Collège Édouard-Montpetit.


En écoutant de courts extraits sonores directement du site ou sur votre lecteur mp3, vous pourrez connaître une partie de l’histoire de vie de ces deux enseignants d’expérience, notamment leur transition de la révolution audiovisuelle à l’intégration des TIC. Pour vous mettre en appétit, voici une brève description de chacune des séquences, qui durent entre 10 et 20 minutes.


Bloc 1 : Des cartes perforées à Chronos : une ligne de temps continue

Tout d’abord, il y a eu le tableau noir, vraiment noir, et des textes comme principaux instruments d’enseignement. Se sont ajoutés progressivement les diapositives, le rétroprojecteur, les films sur bobines et enfin la vidéo. Mais comment se sont-ils approprié le micro-ordinateur quand il a fait son apparition dans les années 80? Est-ce qu’il y a eu un moment charnière à partir duquel l’ordinateur s’est révélé, pour eux, un véritable outil pédagogique? Le traitement de texte est, sans doute, l’application par laquelle l’ordinateur entra dans la vie de la plupart des professeurs, alors que le «copier coller» à l’aide des ciseaux et de la colle devenait virtuel. Puis vint la possibilité d’inonder les étudiants d’images pour leur faciliter l’accès à des concepts plus abstraits.


Bloc 2 : L’utilité des technologies dans l’enseignement de l’histoire

Apparurent ensuite les bases de données, pour répertorier les faits historiques et les entrecroiser afin de faire émerger des structures conceptuelles.

Deux faits ressortent du travail avec les technologies :

  1. L’effet d’accumulation, qui permet d’améliorer le matériel pédagogique.
  2. Mais également la nécessité d’adaptation continue, puisque les technologies sont en mutation constante. Ceci alimente la courbe d’apprentissage et le travail invisible visant à offrir un contenu de plus en plus beau et sophistiqué aux étudiants.


Bloc 3 : De la qualité du produit fini à la qualité de la relation pédagogique

Enfin vint le courriel, qui permet aux professeurs une meilleure utilisation de leur temps de disponibilité. Il offre également aux étudiants la possibilité de poser des questions plus précises, qu’ils n’auraient pas posées en classe ou oralement. Il devient possible d’entrer dans leur sphère privée et de créer un rapport plus dynamique avec eux.

Mais comment sauvegarder la culture de l’argumentation, que l’étude, à partir des textes, permettait de développer? Dans ce nouvel univers de l’instantané et du «flash», où l’abondance et la diversité tiennent lieu de rigueur, comment ne pas perdre les avantages de la pensée discursive et linéaire, soit de suivre ou de construire un fil de pensée continu et complexe?

L’étudiant laissé à lui-même par l’approche de l’acteur actant, préconisée par le constructivisme, ne peut pas développer la sensibilité conceptuelle nécessaire pour appréhender, par exemple, le développement de l’Occident. Il a besoin que le professeur place un cadre plus général pour appréhender cette réalité. Et ce sont les obligations créées par ce cadre, qui appuient l’action de l’étudiant.


Bloc 4 : Travail collaboratif ou connivence?

Alors que le plupart des professeurs travaillent de façon individuelle, quels sont les avantages de travailler en tandem? Le support, l’échange nourrissent une relation humaine qui permet de faire face aux moments difficiles et à l’exigence d’être continuellement en représentation. Cette connivence permet aussi de concevoir et de réaliser une application pédagogique de l’envergure de Chronos. Cette expérience de production bouleverse complètement la pratique pédagogique et satisfait les exigences du constructivisme. Les étudiants peuvent prendre des informations et les manipuler pour construire la signification d’un évènement historique, par exemple.

La petite histoire des technologies au Collège Édouard-Montpetit est plutôt positive, mais il reste un pas à franchir pour que l’intégration des technologies se fasse de façon totale : il faut que les outils soient disponibles et qu’ils fassent partie intégrante du déroulement des cours. L’intégration des TIC est un processus itératif qui se déroule en écoutant les professeurs, en introduisant certaines facilités. Il faut soutenir les professeurs qui bougent, ceux qui essaient, et faire place à l’expérimentation et à la folie créative. Enfin, il faut reconnaître le travail qui se cache derrière la magie des nouvelles technologies et offrir des formes de soutien pour le faciliter.

Vous avez l’eau à la bouche? N’hésitez pas à prendre le temps d’écouter le dialogue entre ces deux enseignants d’expérience et, si votre temps est compté, vous n’avez qu’à télédécharger leur histoire sur votre lecteur mp3. La distance et les lieux n’auront alors plus d’importance...


Creative Commons License Cette création est mise à disposition sous un contrat Creative Commons. Dernières mises à jour : 10/04/2015